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Hommage du professeur Alfa à Jean Rouch
Publié le : mercredi 2 avril 2008

A Niamey, le 17 février au Centre d’Etudes Linguistiques et Historique par la Tradition Orale (CELHTO-UA) et le 20 février 2005 au Centre Culturel Franco Nigérien, hommage a été rendu respectivement à deux amis, Alfa Ibrahim Sow, linguiste et écrivain guinéen et Jean Rouch, anthropologue et cinéaste français. Le Centre Culturel Franco Nigérien portera le nom de Jean Rouch, la salle de conférence du CELTHO a été baptisée Alfa Ibrahim Sow.

Jean Rouch est décédé le 20 février 2004 à quel­ques cen­tai­nes de km de Niamey au Niger, Alfa Ibrahim Sow le 21 jan­vier 2005 à Conakry en Guinée alors qu’il était attendu à la célé­bra­tion du soixan­tième anni­ver­saire de la créa­tion de l’Institut de Recherches en Sciences Humaines de Niamey pour animer une série de confé­ren­ces en com­pa­gnie de col­lè­ges et amis dont Cheikh Hamidou Kane, Joseph Ki-Zerbo, Diouldé Laya, Djibril Tamsir Niane.

Grâce à l’ama­bi­lité de son des­ti­na­taire, Mangone Niang, direc­teur du CELHTO-UA, Clap Noir publie cette cor­res­pon­dance du pro­fes­seur Alfa I. Sow datée de jour même de la dis­pa­ri­tion de son « frère ». Les deux péda­go­gues avaient en par­tage bien de lieux, d’affi­ni­tés et des amis.


Original Message -----
From :
To : "Mangone NIANG"
Sent : Friday, February 20, 2004 4:52 PM
Subject : Mon frère Jean, hélas !

Jean Rouch n’est pas un aven­tu­rier. C’est un homme de science. Jean Rouch n’est ni un colo­nia­liste ni un pater­na­liste...C’est un résis­tant. Il fait partie de ceux qu’on croit tou­jours en vie quel­que part vers Karma, Boubon ou Bandiagara. En com­pa­gnie de Boubou Hama, Hampaté Ba, Germaine ou Marcel, parmi les vieux du Komablon, ... ou devi­sant en piro­gue avec Idrissa, ou avec Jane "en cage avec Lumumba", ou dinant de bro­chet­tes et de frites à l’Ermitage. Cinémateur infa­ti­ga­ble, il forme des jeunes, dis­cute avec des pro­fes­sion­nels, fait flot­ter une deux che­vaux sur le Niger en com­pa­gnie de Lam et Damouré, que sais-je encore ? Jean, c’est l’éter­nel sou­rire nigé­rien, cha­leu­reux ou nar­quois qui nous donne le ton de la jour­née com­men­cée par le matin au café de la Croix Rouge, avec le pain de chez Pauline !

A défaut d’obsè­ques, il faut que nous lui fas­sions une céré­mo­nie d’hom­mage, au pied du Baobab de l’amitié, à l’espla­nade des deux Centres qui lui doi­vent tant. Une céré­mo­nie simple, cultu­relle, sur­tout et avant tout son­ghay, dogon, enfin afri­caine et uni­ver­selle. A laquelle nous asso­cie­rons quel­ques chers dis­pa­rus. C’est Jean qui nous a fait cons­truire le Crdto-Celhto dédié à Boubou Hama et à sa pas­sion pour l’his­toire et la tra­di­tion orale. C’est heu­reux que l’UA ait élargi la mis­sion du Centre de Niamey en le ren­dant encore plus ouvert aux essais cultu­rels de la moder­nité afri­caine. Institue un Comité pré­pa­ra­toire d’une céré­mo­nie d’hom­mage, avec Diouf,Agnès, Thérèse, Boubé, Jean-Pierre, Idrissa, Djingarey, Bébé Chocolat, Safy Faye, etc., etc. Que ce soit une ren­contre inter­na­tio­nale d’intel­los, d’artis­tes, de chas­seurs, de sorko, etc. Autour du Centre et pour son rayon­ne­ment, avec l’apport par­ti­cu­lier de AOK et d’amis d’Afrique, de France, d’Europe, des Amériques, et d’Asie.
Nous nous inves­ti­rons plei­ne­ment pour sa réus­site, car nous pren­drons bien la récréa­tion que néces­si­tera cette recréa­tion. N’hésite pas, Grand-bi.
C’est ce qu’il faut faire pour nous redon­ner vie et lancer le Centre dans sa nou­velle mis­sion. Tu as toute ma confiance. Avec mes ami­tiés et tout mon dévoue­ment à cette oeuvre colos­sale dont tu vou­dras bien te char­ger pour nous tous. ALFA

Jean Baptiste Dossou-Yovo
Clap Noir Février 2005

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