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En attendant le bonheur
Publié le : vendredi 27 février 2015
Fespaco 2015

Douze ans après Heremakono, « En atten­dant le bon­heur » le film qui lui valut l’Etalon du Yenenga, en 2003, Abderrahmane Sissako revient, les bras char­gés de tro­phées gagnés ailleurs avec son der­nier film Timbuktu, en sélec­tion offi­cielle. Tous, impa­tients de se faire leur opi­nion sur le film aux 7 Césars. Discussions pas­sion­nées et bous­cu­la­des en pers­pec­tive à l’entrée du Neerwaya, plutôt qu’à l’Institut Français, sécu­rité oblige…
Malheureusement, au moment où nous publions cet arti­cle, nous appre­nons la pos­si­ble dépro­gram­ma­tion du film en com­pé­ti­tion offi­cielle. « C’est céder à la peur, c’est dom­mage », a insisté le réa­li­sa­teur sur le pla­teau du « Grand Journal » de Canal+ mer­credi 25 février. À suivre …

A quel­ques jours de la céré­mo­nie d’ouver­ture du 24ème FESPACO le samedi 28 au Palais des Sports de Ouaga 2000, les décla­ra­tions offi­ciel­les cèdent le pas à une ava­lan­che de scoops, bruits de cou­loir, ragots, légen­des urbai­nes. Etc… Le FESPACO revient de loin, long­temps menacé par l’avan­cée de l’épi­dé­mie EBOLA . La grande ren­contre des ciné­mas d’Afrique a frôlé l’annu­la­tion pure et simple. Quant à la situa­tion poli­ti­que, consé­quence de l’insur­rec­tion popu­laire du 30 octo­bre 2014, si elle en enthou­siasme beau­coup, peut refroi­dir les plus crain­tifs. Pour ceux là, d’ailleurs, il y a aussi Boko Haram qui se rap­pro­che…
Au cha­pi­tre des bonnes nou­vel­les : le numé­ri­que fait son entrée triom­phale, pro­messe (tenue) du der­nier Fespaco, les salles sont équi­pées et plus aucun réa­li­sa­teur ne res­tera à la porte ; les films de la Diaspora sont inté­grés dans la sélec­tion offi­cielle et non pas relé­gués comme aupa­ra­vant dans une caté­go­rie spé­ciale.

Du coup, (est-ce un hasard ?), c’est un pré­si­dent du jury anglo­phone, le réa­li­sa­teur gha­néen Kwaw Ansah, lau­réat de l’Etalon en 1989 pour son film « Héritage Africa », qui mènera les débats. Comme chaque année au FESPACO un pays est à l’hon­neur : cette année ce sera l’Egypte. C’est un film bur­ki­nabè au titre non encore révélé, qui fera l’ouver­ture le samedi 28 à 21h au ciné Burkina.

Alors que radio trot­toir don­nait le siège du FESPACO privé de toutes soi­rées, un démenti offi­ciel réins­talle les soi­rées musi­ca­les avec la pro­fu­sion habi­tuelle de maquis où boire et manger toute la nuit, Ouf ! Par contre, la rue mar­chande qui atti­rait foule de mar­chands et de cha­lands est bien annu­lée. Pareil pour les céré­mo­nies d’ouver­ture et de clô­ture, émi­nem­ment popu­lai­res dans l’immense stade du 4 Août, entrée gra­tuite, énorme fête où le cinéma n’était qu’un pré­texte d’ailleurs, sont délo­ca­li­sées à Ouaga 2000, (le virus EBOLA ne connais­sant pas la route sans doute ! ) dans un stade cou­vert de 5000 places , Ismaël Lo, chan­teurs et dan­seurs pour ambian­cer et un immense écran géant à l’exté­rieur pour ceux qui trou­ve­ront l’argent pour aller si loin ….
D’où des hoche­ments de tête dubi­ta­tifs notés au hasard de la rue, taxis, mar­chan­des, qui ne voient pas les espoirs de chan­ge­ment se concré­ti­ser. « Rien ne change, si ça conti­nue on va devoir encore aller mar­cher ! »

A tout sei­gneur tout hon­neur, grande place sera donnée à la mémoire de Thomas Sankara, anté­pénul­tième pré­si­dent trop peu resté, trop tôt parti, figure mythi­que et créa­teur du Pays des Hommes Intègres. Le réa­li­sa­teur Balufu Bakupa Kanyinda, lui-même auteur du film Thomas Sankara (1991), a créé le prix Thomas Sankara, décerné par la Guilde des réa­li­sa­teurs, qui récom­pense un court métrage, prix financé par Canal+.

Le jeudi 26 février, au Credo Media, à 10h, en avant-pre­mière, pro­jec­tion presse de "Capitaine Sankara" du docu­men­taire du réa­li­sa­teur suisse Christophe Cupelin , 2012, por­trait du pré­si­dent basé sur le archi­ves de la révo­lu­tion. .

Du côté du centre Norbert Zongo, Abdoulaye Diallo y orga­nise deux soi­rées qui feront date : le 3 mars en l’hon­neur de Thierry Michel , le réa­li­sa­teur belge qui gratte là où ça fait mal et le 4 mars un soirée Insurrection avec pro­jec­tion de films tour­nés, la plu­part du temps avec les télé­pho­nes por­ta­bles , lors des jour­nées d’octo­bre 2014 où le peuple s’est sou­levé contre celui qui ne vou­lait plus des­cen­dre de son trône, Blaise Compaoré. Ambiance assu­rée dans ce haut lieu de résis­tance !
Encore une date bien chaude : le 5 mars, le célè­bre rap­peur oua­ga­lais Smockey, leader du balai Citoyen annon­cera le lan­ce­ment de son der­nier disque .

Autre détail : les pro­fes­sion­nels du cinéma et les noc­tam­bu­les asso­ciés devront trou­ver une autre « place to be ». L’Hotel Azalay, ancien­ne­ment Indépendance et lieu de mémoire du FESPACO depuis sa créa­tion, déjà bana­lisé par les der­niers pro­prié­tai­res, n’est actuel­le­ment « plus fonc­tion­nel » selon la ver­sion offi­cielle. Les pro­prié­tai­res sont en train de res­tau­rer à fond l’hôtel mais pas au point de le réou­vrir à temps. C’est qu’il a souf­fert de sa proxi­mité avec l’Assemblée Nationale et des manœu­vres de cer­tains dépu­tés, les mani­fes­tants révol­tés ont pro­cédé à un grand net­toyage de la struc­ture, ne lais­sant que les murs. Ainsi main­tes mai­sons de Ouaga doi­vent pos­sé­der des élé­ments de déco­ra­tion char­gés d’his­toire.

Faites bon accueil aux jeunes de l’ISIS et du Ciné Club qui, parés de leur tee-shirt du Cine Guimbi, vous feront voter pour dési­gner parmi les 21 Etalons depuis 1972, celui qui aura l’hon­neur d’être pro­jeté lors de la séance d’inau­gu­ra­tion du futur Ciné Gimbi à Bobo-Dioulasso, qui actuel­le­ment n’a plus aucun cinéma. Pendant tout le fes­ti­val, 22 urnes atten­dent votre bul­le­tin ! Au final, un tirage au sort et un fau­teuil à son nom dans cette nou­velle salle.
En atten­dant le bon­heur d’être assis devant un écran qui s’éclaire et vous livre sou­dain un autre uni­vers !
Vive le cinéma ! Vivement le FESPACO !

Michèle Solle

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