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Mort de Moustapha Alassane
Publié le : samedi 28 mars 2015

Moustapha Alassane est mort le 17 mars 2015 à Ouagadougou. Hommage à l’un des cinéastes nigériens les plus titrés à l’international mais mal connu par le public nigérien.

À 73 ans, le cinéaste acteur, des­si­na­teur et créa­teur vient de nous quit­ter. Né en 1943 à N’dougou une loca­lité du Niger, aux par­cours mul­ti­for­mes avant d’embras­ser la car­rière ciné­ma­to­gra­phi­que par pas­sion, Moustapha Alassane a repré­senté par­tout le Niger brillam­ment, car ayant rem­porté plu­sieurs prix à l’inter­na­tio­nal dont le plus célè­bre : le grand prix du court-métrage et l’anti­lope d’argent au pre­mier fes­ti­val des Arts Nègres à Dakar en 1966 avec son film La Mort de Gandji, le pre­mier film d’ani­ma­tion en Afrique de l’Ouest sorti en 1965.
Des prix pas les moin­dres ont été au pal­ma­rès de ce pion­nier du cinéma en terre Africaine. On peut citer Bon voyage Sim, réa­lisé en 1966, reçoit un prix au fes­ti­val d’ani­ma­tion d’Annecy et dif­fusé par la chaîne de télé­vi­sion Canal Plus.

Auteur de tous les genres fil­mi­ques (fic­tions, docu­men­tai­res, ani­ma­tions) tels que Aouré en 1962, un court métrage ethno primé au fes­ti­val Saint-Cast en 1963 qui porte sur le mariage dans une famille djerma , La Bague du Roi Koda avec sa Mention Spéciale à Florence Festival des Peuples 64 et Femme Villa Voiture Argent (FVVA) sorti en 1972 avec le prix OCAM du Fespaco 1972, autant de prix pour un homme qui n’a pas reçu l’aide qu’il faut pour les efforts faits pour le Niger. D’ailleurs, pour parler de son renon, lors de mes ren­contres sur le cinéma avec les étrangers, le pre­mier cinéaste nigé­rien dont ils par­lent est Moustapha Alassane avec ses des­sins animés. Une ten­dance qui revient chez les réa­li­sa­teurs Africains, la preuve avec plus 5 des­sins animés pro­je­tés à cette 24 ème Fespaco.
On dira juste merci Tonton Moustapha Alassane. Pourquoi pas un prix au non de sa per­sonne au Fespaco, comme le prix Oumarou Ganda du Niger ? ou même un monu­ment au Ministère des Arts et de la Culture du Niger.
Moustapha Alassane n’est pas seu­le­ment cinéaste, il est aussi, l’homme du savoir, car il est for­ma­teur dans les écoles euro­péen­nes dont l’Ecole Internationale de Bordeaux, ani­ma­teur dans les cinés clubs et donne des for­ma­tions aux jeunes Africains du métier du cinéma dans son studio Ader Film de Tahoua.

Un Homme sage et res­pec­tueux au ser­vice du cinéma. Une anec­docte au plus pro­fond de sa mala­die. Un ami me disait tout récem­ment lors de la 24 éme édition du Fespaco à Ouaga, quand il ren­dait visite à Moustapha Alassane dans un quar­tier de Ouagadougou malgré sa souf­france au lit, dès qu’on lui a parlé de cinéma, il s’est redressé pour en parler, c’est pour dire que Moustapha est un homme incontes­ta­ble­ment fait pour le cinéma et décédé dans le pays Africain où le cinéma fait partie inté­grante de la culture.
Moustapha Alassane au delà du Niger a incontes­ta­ble­ment marqué l’his­toire du cinéma mon­dial.
Reposes en paix Tonton Moustapha Alassane.

Youssoufa Halidou Harouna

Crédit photo : Loïc Quentin

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