MOOLAADE
Sembene Ousmane
Publié le : 2002

Un film de Sembene Ousmane. Sénégal, 2002, 1h40mn.






SYNOPSIS

Il y a sept ans, Collé Ardo, mère exci­sée, a sous­trait son unique fille de la Purification (l’exci­sion). Ayant entendu parler de cet acte de résis­tance, lors du nou­veau sep­ten­nat, quatre fillet­tes se réfu­gient chez elle et lui deman­dent le Moolaadé, qui signi­fie "droit d’asile" en langue Peul. Le vil­lage est en ébullition, deux valeurs s’affron­tent : la Salinde (anti­que tra­di­tion de l’exci­sion) et le Moolaadé.

A PROPOS DU FILM

" L’exci­sion est pra­ti­quée dans 38 des 54 états mem­bres de l’Union Africaine.
Quelle que soit la méthode employée (clas­si­que ou moderne), exci­ser est une atteinte à la dignité et à l’inté­grité de la femme.
Je dédie Moolaadé aux mères, femmes qui lut­tent pour abolir cet héri­tage d’une époque révo­lue. "
L’Aîné des anciens, Sembene Ousmane

LE REALISATEUR

Sembene, Ousmane de son prénom est né en 1923, à Ziguinchor, au Sénégal. Mobilisé par l’armée colo­niale fran­çaise dans les Tirailleurs séné­ga­lais en 1942, il s’embar­que clan­des­ti­ne­ment en 1946 pour la France. Il y exerce des petits bou­lots et en 1956, se met à écrire son pre­mier roman "Le docker noir ". En 1960, il publiera son plus beau livre : " Les Bouts de bois de Dieu ".
Sembene com­mence à s’inté­res­ser au cinéma. Il réflé­chit à une démar­che plus grand-public, comme il dit " poli­ti­que, polé­mi­que et popu­laire ". A 38 ans, il entre­prend des études de cinéma au studio Gorki à Moscou et c’est avec Donskoi et Serguei Guerassimov qu’il apprend à tenir une caméra.

En 1962, il réa­lise son pre­mier film, un court métrage " Borom Sarret ", le bon­homme char­rette. En 1964, il signe son 2ème court métrage " Niaye ", primé au Festival de Locarno.
Sembene Ousmane comme il se fera désor­mais appe­ler, se lance en 1966 dans son 1er long-métrage : " La Noire de… " et offre à cette occa­sion à son pays le 1er long métrage " négro-afri­cain " du conti­nent.

Suivent de nom­breux films qui cons­ti­tuent des témoi­gna­ges de la société afri­caine contem­po­raine parmi les­quels les longs métra­ges " Le mandat " 1968, " Xala " 1974, " Ceedo " 1976, " Camp de Thiaroye " 1988 et " Guelwaar " 1992 qui reçu­rent de nom­breux prix.

En 1999, il rend hom­mage à la femme avec Faat Kiné, 1er film de son trip­ty­que " Héroïsme au quo­ti­dien " ; " Moolaade " en est le second et le troi­sième volet, " La confré­rie des rats " est en cours d’écriture.

CRITIQUES DE PRESSE

A tra­vers une œuvre de fic­tion, Sembene Ousmane réus­sit à nous faire vivre la lutte de femmes afri­cai­nes face à l’exci­sion.

A 81 ans, Ousmane pos­sède tou­jours ce regard acéré. Il ose dénon­cer un rituel consi­déré comme un acte de puri­fi­ca­tion pour cer­tain et de bar­ba­rie pour d’autres. Parfaitement maî­trisé, son film nous plonge dans le quo­ti­dien d’un vil­lage afri­cain. Mieux qu’un eth­no­lo­gue, Ousmane nous fait com­pren­dre la dif­fi­culté à abolir une tra­di­tion enra­ci­née depuis la nuit des temps. La " Salindé " exis­tait bien avant les trois livres saints révé­lés : Talmud, Bible et Coran. La femme exci­sée est l’hon­neur de son mari, à l’inverse des Bilakoros, impu­res pour le mariage.

Collé Ardo est la pre­mière femme du vil­lage à refu­ser cette tra­di­tion. Elle accueille chez elle des fillet­tes qui ont fuit la céré­mo­nie, et défit le vil­lage en leur accor­dant le " Moolaadé ", le droit d’asile. Un acte magi­que qui pro­tège sa maison et inter­dit toute entrée d’intrus. Face aux pou­voirs des sages, elle uti­li­sent les mêmes armes.

Mais c’est aussi la liberté des femmes que défend le maître. Les hommes du vil­lage menés par les Anciens pro­tè­gent leurs pré­ro­ga­ti­ves. Par peur de perdre leur auto­rité sur leurs épouses, ils déci­dent de sup­pri­mer toutes les radios du vil­lage, seuls liens avec l’exté­rieur. Toute la résis­tance des afri­cai­nes est sym­bo­li­sée dans une magni­fi­que scène où les radios sont entas­sées devant la mos­quée, brû­lent mais conti­nuent à émettre.

Que ce film soit réa­lisé par un homme lui confère une légi­ti­mité com­plé­men­taire. " Moolaadé" est un bel acte contes­ta­taire à l’image du cinéma de Sembene Ousmane.

Isabelle Audin
Clap Noir

FICHE TECHNIQUE

Scénario et réa­li­sa­tion : Sembene Ousmane
Avec : avec Fatoumata Coulibaly, Maïmouna Hélène Diarra, Salimata Traore, Aminata Dao, Dominique T. Zeida, Mah Compaore.
Images :Dominique Gentil
Son :Denis Guilhem
Montage : Abdellatif Raiss
Mixage :Jean-Guy Veran
Décors : Joseph Kpobly
Co-Production : Filmi Doomireew (Sénégal), Direction de la Cinématographie Nationale (Burkina Faso), Centre Cinématographique Marocain (CCM), Cinétéléfilms (Tunisie), Les Films de la Terre Africaine (Cameroun) et Ciné-Sud Promotion (France).
Contacts pro­duc­tion : Filmi Doomireew Galle Ceddo - BP 8087 Yoff Dakar - Sénégal
Tel/Fax : + 221 823 51 66
Contacts presse : Ciné-Sud Promotion Tél. +33 1 44 54 54 77 Fax. +33 1 44 54 05 02
E-mail : clai­re­ci­ne­sud@­noos.fr

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