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Le cinéaste mauritanien Med Hondo tire sa révérence
Publié le : dimanche 3 mars 2019

Au moment où les rideaux tombent sur la 26ème édition du FESPACO, un baobab du cinéma africain dépose sa caméra. Med Hondo, Etalon d’Or de Yennenga du Fespaco 1987 avec son film « Sarraounia » dont l’absence a été remarquée au cours de ce cinquantenaire de la biénale du cinéma africain s’éteint à Paris des suites d’un cancer. Il avait 83 ans.

Med Hondo peut être consi­déré comme un artiste accom­pli qui trans­forme tout ce qu’il touche en or.

Acteur, il est actif dans le dou­blage, notam­ment connu pour être, entre autres, la voix fran­çaise régu­lière d’Eddie Murphy, ou pour avoir prêté sa voix au per­son­nage de Rafiki dans la série de films « Le Roi lion », de L’Âne dans la série de films « Shrek ».

Metteur en scène, on le retrouve en 1969 dans « L’Oracle » de Guy Menga, au Studio des Champs-Elysées et en 2003 dans « La Guerre de 2000 ans » de Kateb Yacine au Théâtre Gérard Philipe.

Très pro­li­fi­que, en tant que réa­li­sa­teur, Med Hondo a légué au monde du Cinéma de nom­breu­ses œuvres à com­men­cer par « Soleil Ô » (1967), sélec­tionné à la Semaine de la Critique à Cannes, puis Léopard d’Or à Locarno. Med Hondo signe un véri­ta­ble réqui­si­toire contre le colo­nia­lisme fran­çais en Afrique, l’exploi­ta­tion et la situa­tion des tra­vailleurs noirs en France et la cor­rup­tion des élites. Ce film sera cen­suré dans de nom­breux pays. Il réa­li­sera un court métrage « Balade aux sour­ces » la même année.
En 1969 ce fut le tour de « Roi de Cordes » (court métrage) et « Partout ailleurs peut-être nulle part » (court métrage). 1973 verra la sortie « Les Bicots-nègres, vos voi­sins » et « Mes Voisins » (court-métrage).

En 1975, Med Hondo réa­lise « Sahel la faim pour­quoi ? », un film docu­men­taire. Puis sui­vront en 1976, « Nous aurons toute la mort pour dormir » ; 1978, « Polisario, un peuple en arme » ; 1979, « West Indies ou les nègres mar­rons de la liberté »

En 1986, il réa­lise « Sarraounia » du nom de la légen­daire Reine des Aznas. Le film évoque, à fin du XIXe siècle, la résis­tance de Sarraounia face à une troupe d’offi­ciers fran­çais et de mer­ce­nai­res sou­da­nais conduits par les capi­tai­nes Voulet et Chanoine venus conqué­rir le Niger. Il rem­por­tera l’Étalon d’Or de Yennenga au Fespaco 87.
En 1994, il signe « Lumière noire » ; 1998, « Watani, un monde sans mal » et 2004, « Fatima, l’Algérienne de Dakar ».

Abandé Moctar

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