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Fespaco 2009 : le nouveau Cannes africain ?
Publié le : mardi 17 février 2009
Conférence de presse, Paris 28 janvier 2009





Le plus grand fes­ti­val afri­cain fête ses 20 ans d’exis­tence. A sa tête, un nou­veau délé­gué géné­ral Michel Ouédraogo, sou­hai­tant insuf­fler un nouvel élan par des inno­va­tions et un pro­gramme ambi­tieux nommé Vision 21. « Je veux que les étoiles brillent », « il faut que le Fespaco soit un fes­ti­val véri­ta­ble­ment afri­cain … » a-t-il déclaré lors de la confé­rence de presse donnée à Paris le 28 jan­vier der­nier.

Le ton est donné ; le Fespaco doit être une ins­ti­tu­tion forte, mili­tant quo­ti­dien­ne­ment pour la visi­bi­lité des ciné­mas sur le conti­nent. Vaste pro­gramme quand on voit que même les œuvres pri­mées au Fespaco ne cir­cu­lent pas dans les salles afri­cai­nes. L’idée d’un Fespaco au quo­ti­dien est bonne mais de quels moyens dis­pose t-on ? Aides finan­ciè­res en berne, dis­pa­ri­tion du Plan Image d’Afrique, désen­ga­ge­ment de l’Etat, la solu­tion est locale et poli­ti­que.
Pour cette 21eme édition, 2 mil­lions d’euros sont néces­sai­res pour réus­sir ce nou­veau départ et faire de ce fes­ti­val un évènement pro­fes­sion­nel à dimen­sion inter­na­tio­nale, gage de qua­lité. Souhaitons que nous tous, rédac­teurs et pro­fes­sion­nels de la com­mu­ni­ca­tion puis­sent enfin avoir les moyens de tra­vailler et rem­plir notre mis­sion d’infor­ma­tion sur la toile !

G. à D. Ardiouma Soma, Michel Ouédraogo, Mahamoudou Ouédraogo, Apollinaire Baghnyan

Questions salle à Ouédraogo Morceaux choi­sis

A propos des pro­blè­mes de dif­fu­sion des films sur le conti­nent face à la fer­me­ture des salles de cinéma ?

Nous afri­cains, nous sommes les 1er res­pon­sa­bles de la fer­me­ture des salles en Afrique. On a voulu se cacher comme on sait si bien le faire, der­rière la télé, la vidéo, les cas­set­tes, les dvd pira­tés. Ils n’en cir­cu­lent pas plus en Afrique qu’en Europe ! Je ne vois pas la salle de cinéma comme un lieu unique de pro­jec­tion d’un film. C’est aussi une salle où on éduque. Fermer une salle de cinéma c’est comme assas­si­ner sa propre culture, c’est assas­si­ner le cinéma afri­cain. Les états doi­vent cons­truire des salles de cinéma. Jusqu’à pré­sent, je pense que la poli­ti­que des états n’était pas à la hau­teur. Il faut que l’état s’engage aux cotés d’ins­ti­tu­tions loca­les et trouve des par­te­na­riats privés.

Que faut il faire pour que les films primés soient visi­bles en Afrique ?

Nous vou­drions orga­ni­ser des tour­nées pour les étalons, en Afrique, en Europe et aux USA. Si nous devons faire la pro­mo­tion de notre cinéma dans le monde, de quels moyens dis­po­sons nous ? Il faut que nous pre­nions nos res­pon­sa­bi­li­tés. Il faut le faire nous-mêmes. Nous n’avons pas de sou­tien de l’Union Africaine mais nous en avons de l’Union Européenne. Il y a quel­que chose qui ne va pas. C’est une réflexion glo­bale qu’il faut mener.

Alain Sembene

A propos des autres Festivals sur le conti­nent afri­cain, notam­ment celui de Dakar. Peuvent-ils faire de l’ombre au Fespaco ?

Une sagesse dit que le chas­seur d’éléphants ne perd pas son temps sur son chemin à tirer sur les oiseaux ; le Fespaco a une vision natio­nale et conti­nen­tale.

Les prin­ci­pa­les inno­va­tions ?

Nous avons voulu asso­cier pour ce Fespaco le cinéma, la musi­que le théâ­tre et la danse. Nous avons voulu créer une place forte, pour que les gens puis­sent se retrou­ver que l’on a bap­tisé les nuits musi­ca­les du Fespaco. Tous les soirs, il y aura toutes formes de cultu­res et des guest stars de minuit à 3h00 du matin. Sur le plan pro­fes­sion­nel, il y aura le prix de la meilleure affi­che de film. Il y aura 2 céré­mo­nies d’ouver­ture ; la 1ere se dérou­lant au stade du 4 août qui est la céré­mo­nie offi­cielle pour tout le monde, c’est la visi­bi­lité de l’évènement. La seconde céré­mo­nie pour les pro­fes­sion­nels sera la céré­mo­nie de lan­ce­ment offi­ciel de la com­pé­ti­tion, Elle aura lieu au ciné Burkina avec tapis rouge, nous allons faire briller les étoiles afri­cai­nes qui seront les réa­li­sa­teurs afri­cains en com­pé­ti­tion. Pour la céré­mo­nie de clô­ture même scé­na­rio, il y aura une céré­mo­nie offi­cielle au stade du 4 août et une céré­mo­nie pour les pro­fes­sion­nels en célé­brant les prix, le diman­che.

Comment le Fespaco intè­gre t’il la nou­velle ciné­ma­to­gra­phie incar­née par la jeu­nesse afri­caine sortie des écoles ?

En ce qui concerne la for­ma­tion, nous inno­ve­rons en 2011 en créant le prix des écoles. Ce prix sera décerné parmi les pro­duc­tions des écoles en Afrique. Le cinéma afri­cain a besoin de for­ma­tion mais sur­tout de pro­mo­tion dans la pro­duc­tion. Aujourd’hui, se lancer dans le cinéma est sui­ci­daire. Les gens qui sor­tent des écoles n’ont pas les moyens de pro­duire des films même après de brillan­tes études. Donc c’est bien de faire de la for­ma­tion mais il faut sou­te­nir d’avan­tage la pro­duc­tion. Et pour nous, il faut sou­te­nir les réa­li­sa­teurs afri­cains qui sont là, main­te­nant, plutôt que d’atten­dre les jeunes réa­li­sa­teurs qui vont sortir. Il faut com­men­cer par les anciens.

Est-ce que vous avez des nou­vel­les de la FEPACI, de la Guilde ?

La FEPACI est avant tout l’affaire des cinéas­tes afri­cains. C’est dom­mage qu’ils se soient mani­fes­tés à un mois du Festival ; mais chacun ses res­pon­sa­bi­li­tés. A eux de donner vie au quo­ti­dien à leur struc­ture. Si ils ont besoin de nous, nous le ferons. Nous allons les assis­ter au Fespaco comme on a l’habi­tude de le faire mais nous n’allons pas pren­dre de déci­sions à leur place. Pour la Guilde, nous sommes dans le même cas de figure.

Propos recueillis par B. Tiprez

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