Fespaco 21ème !!!
Publié le : samedi 28 février 2009

Après Carthage en novembre 2008, Michelle Solle, notre chroniqueuse arrive avec toute l’équipe de Clap Noir à Ouagadougou pour le Fespaco. Elle nous raconte, avec sa verve habituelle, ses premiers jours à Ouaga, capitale du cinéma africain.

Il est des rendez-vous à ne pas man­quer, même s’il en coûte. Tous les deux ans des années impai­res, vers la fin février, Le FESPACO (fes­ti­val pana­fri­cain de cinéma et de télé­vi­sion de Ouagadougou) rameute une foule cos­mo­po­lite com­po­sée de tous ceux qui tour­nent de près ou de loin autour du cinéma. Longtemps à l’avance, on a com­paré les prix des billets d’avion, et, cette année, c’est avec Afriqiyah, la com­pa­gnie lybienne, déci­dé­ment la moins chère, qui a rem­porté les suf­fra­ges. Malgré les plai­san­te­ries des copains, pas avares de pré­dic­tions cala­mi­teu­ses. Ils avaient tort ! Beaux avions très confor­ta­bles avec, mais c’était prévu, 4 heures d’escale à Tripoli. Ah Tripoli ! Son bar sans alcool, sa bou­ti­que free taxe, ses ran­gées de sièges, et, heu­reu­se­ment un temps pour les ren­contres. Maïder, qui arrive de Bayonne avec son docu­men­taire tourné en 2003, l’équipe de foot de Bobo–Dioulasso, de retour d’Italie, sage et stu­dieuse autour de son coach. Arrivée noc­turne à Ouaga où l’odeur de la terre rouge vous retrouve jusqu’au milieu de la queue des for­ma­li­tés.

Le len­de­main (ven­dredi 27, veille de l’inau­gu­ra­tion), à pied d’œuvre malgré la cha­leur, qu’on avait un peu oubliée, pre­mière visite pour le siège du Fespaco, objec­tif : récu­pé­rer la sacro-sainte accré­di­ta­tion. Que faire sans elle ? Déjà que des bruits alar­mis­tes pro­met­tent aux jour­na­lis­tes des pro­jec­tions presse exclu­si­ves à 8h du matin et rien ensuite !!! Ce qui nous permet de voir seu­le­ment 7 films sur les 374 ins­crits toutes caté­go­ries. Ne pas se lais­ser attein­dre, chaque chose en son temps ! Justement le temps semble s’être arrêté sous la rotonde où se déli­vrent les lais­ser passer. Une foule se presse contre un gui­chet arrondi der­rière lequel offi­cient 4 ou 5 per­son­nes. Ne pas cher­cher le sens de la queue, se rap­pro­cher, écou­ter. Festivaliers, pro­fes­sion­nels, jour­na­lis­tes se mélan­gent. Une jolie fille bien en chair hurle des noms, elle sort des paquets de cartes de der­rière sa talan­quère, en prend un autre, un autre, recom­mence… Le futur fes­ti­va­lier pas très bien remis de son voyage essaie de trou­ver une expli­ca­tion, par éclair, un sem­blant d’ordre alpha­bé­ti­que lui redonne un peu d’espoir, vite perdu car noms et pré­noms sont mélan­gés. Se lais­ser aller, écou­ter les voi­sins qui ont une lon­gueur d’avance : « Rien à faire, subir, espé­rer ! » Un repor­ter radio, pas fou, tend son micro. Pendant que je me crispe sur l’énoncé des noms, j’entends ceux des copains, des connais­san­ces, dom­mage, ils ne sont pas là ! Derrière moi Soro Solo, la « Voix » de l’Afrique Enchantée phi­lo­so­phe, lui aussi attend depuis long­temps, il finit par aban­don­ner, moi aussi. Deux heures plus tard, je jette l’éponge, reve­nir plus tard, ou demain ou après demain… Et le pro­gramme ? On l’aura le samedi, dis­tri­bué avec par­ci­mo­nie et fera la richesse des bou­ti­ques avec pho­to­co­pieurs.

Envolée l’exci­ta­tion des débuts de fes­ti­val ! Quant on reçoit le kit (cata­lo­gue, accré­di­ta­tion, docu­men­ta­tion etc.) qu’on com­mence à sélec­tion­ner, à repé­rer les salles, les horai­res, com­ment faire son boulot sinon ? Les jour­na­lis­tes seraient-ils des impor­tuns ? Du coup, on se dit qu’il fait très chaud, qu’un bon petit fes­ti­val afri­cain sous des cieux plus pro­pi­ces ferait bien l’affaire et on n’a plus la force d’aller au stade pour la céré­mo­nie d’ouver­ture. On est aussi bien devant la télé !

A suivre donc...

Michèle Solle

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