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Le ciné Rialé victime de l’urbanisation
Publié le : mercredi 4 mars 2009
Des années après…

Le Fespaco est maintenant lancé. Après les désagréments inhérents à la non maîtrise de certains paramètres de l’organisation, place maintenant aux salles obscures. Chacun se bouscule pour trouver la salle juste pour visionner le film souhaité. Dans ce tour d’horizon des salles, ceux qui participent depuis quelques éditions à la fête du cinéma africain ont dû remarquer que le « Ciné Rialé » ne figure nullement dans les salles retenues pour les projections.

Ci contre la cabine de projection


Autrefois fleu­ron, avec le Ciné Oubri, du cinéma popu­laire à Ouagadougou, le « Ciné Rialé » n’est plus que l’ombre de lui-même. Si la façade, avec l’écriteau « Ciné Rialé » en moins, existe tou­jours, la salle de pro­jec­tion a tout sim­ple­ment été rasée. Elle a fait place à des touf­fes d’herbes qui pous­sent de façon dis­pa­ra­tes. Des ter­mi­tiè­res ont pris pied sur le ter­rain. Et désor­mais l’accès au lieu est inter­dit au public. L’ex-salle de pro­jec­tion est en ruine et le maté­riel n’existe plus. De toutes les façons, il était déjà désuet au moment de la fer­me­ture.

Comme du temps de sa splen­deur, la devan­ture de ce qui était le « Ciné Rialé » grouille tou­jours de monde. Sauf que ce sont main­te­nant des com­mer­çants de chaus­su­res qui ont pris pied sur les lieux pro­po­sant à qui le vou­drait des chaus­su­res de la der­nière mode. Et la nuit tombée, cet endroit qui ne s’ani­mait vrai­ment qu’à ce moment de la jour­née rede­vient calme et triste.

Victime de la crise du cinéma afri­cain, le « Ciné Rialé » à l’instar d’autres salles de cinéma appar­te­nant à l’Etat Burkinabè est fermé en 2003 avec la liqui­da­tion de la Société natio­nale d’exploi­ta­tion ciné­ma­to­gra­phi­que du Burkina (SONACIB) qui en assu­rait la ges­tion. Il faut dire qu’en dehors de la situa­tion d’ensem­ble, des fac­teurs pro­pres ont conduit à la faillite de la salle.

Longtemps consi­déré, avec sa sœur « jumelle » du « Ciné Oubri » comme une salle pros­père, le Ciné Rialé a été une vic­time col­la­té­rale du grand projet d’urba­ni­sa­tion du centre de Ouagadougou et de l’incen­die du grand marché de la ville. Des situa­tions qui ont entraî­nées un déguer­pis­se­ment du centre ville par des popu­la­tions qui cons­ti­tuaient le gros des assi­dus de la salle. Un manque à gagner qu’on n’a jamais tenté de récu­pé­rer.

Et contrai­re­ment aux autres salles de cinéma, le « Ciné Rialé » n’a jamais béné­fi­cié d’un plan de redres­se­ment. Bien au contraire, avec les dif­fi­cultés, les auto­ri­tés l’ont cédé à un riche opé­ra­teur économique bur­ki­nabè contre, affirme-t-on, la ron­de­lette somme de 200 mil­lions de Francs Cfa. L’opé­ra­teur déjà pro­prié­taire de plu­sieurs immeu­bles entend y bâtir un hôtel-rési­dence.

C’est ce der­nier qui pour son projet a pro­cédé au rasage de la salle don­nant cette impres­sion de déso­la­tion qui s’élève de ce qui était autre­fois le « Ciné Rialé ». Mais les plus opti­mis­tes veu­lent croire que dans le cahier de charge imposé à l’opé­ra­teur économique, il est fait obli­ga­tion d’érection d’une salle de cinéma sous l’immeu­ble qui sera bâti.

En enten­dant, notre opé­ra­teur économique prend son temps. les bobi­nes de films n’y tour­nent plus et le cinéma afri­cain a une salle de pro­jec­tion en moins.

Souleymane Mao

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