2 - Chroniques tunisiennes !
Publié le : mercredi 27 octobre 2010
Soirée d’ouverture des JCC 2010










On le sait depuis la ses­sion des JCC 2008, la salle du beau Théâtre Municipal est deve­nue trop petite pour conte­nir tout ce que Tunis compte de pro­fes­sion­nels du cinéma, invi­tés, nota­bles et per­son­na­ges incontour­na­bles. Certes la céré­mo­nie est retrans­mise, mais avouez que l’effet est dif­fé­rent ! Casse tête garanti pour le staff. Dehors, le tapis rouge sur les mar­ches et au tra­vers de l’avenue, les camé­ras, les sta­tues vivan­tes, et les heu­reux conviés sur leur 31.

Le jury jeune

Décalage horaire ou pas, la céré­mo­nie annon­cée à 19H30 com­mence à 20H30, soit une heure de retard pétante. Retard qu’on va s’employer à rat­tra­per par la suite. Les dis­cours sont suc­cincts : merci au Ministre de la Culture qui donne le ton. Cette année est l’année de la jeu­nesse et du cinéma en Tunisie. Présentation des jurys. Celui des jeunes : 8 enfants entre 11 et 14 ans sélec­tion­nés par leur école, ils ver­ront les treize longs métra­ges de la com­pé­ti­tion. Seuls les mem­bres du jury des longs métra­ges, son pré­si­dent Raoul Peck en tête, sont habi­li­tés à monter sur la scène, les autres se lèvent de leur place et font un petit bon­jour…Dora Bouchacha reçoit son monde, la belle jeune pré­sen­ta­trice en robe rouge n’est autre que sa fille, bon sang ne sau­rait mentir. Quelques images pour allé­cher et vien­nent alors deux chan­teurs, une tuni­sienne et un gui­néen, qui finis­sent par unir leur voix splen­di­des. Heureux sym­bole.

Mahamat Saleh Haroun ému, monte sur scène, son film, "Un Homme qui crie", a été choisi pour ouvrir les débats. Et pen­dant que la lumière dimi­nue, on assiste alors à une furieuse ruée vers la sortie, de ceux qui sans ver­go­gne, on suc­combé à d’autres appels. L’obs­cu­rité sur­vient sur des rangs clair­se­més, mais vous n’en avez pas fini avec les mou­ve­ments de foule. C’est main­te­nant au tour des ciné­phi­les, blo­qués devant les portes d’inté­grer les places libres…Les pre­miè­res images de la pis­cine d’Adam vous sont encore cachées par les der­niers arri­vés, qui en saluent d’autres, plus celles qui revien­nent après avoir oublié qui, son sac, qui, son fou­lard, qui, son por­ta­ble…Qu’on va cher­cher à retrou­ver en fai­sant le numéro…Car, à Tunis aussi, la célè­bre et hypo­crite for­mule : « merci de ral­lu­mer vos télé­pho­nes à la fin de la séance » est un vœu pieux, qu’on se le dise. Merci tou­te­fois à ceux qui bran­chent leur vibreur, c’est un moin­dre mal.
Les spec­ta­teurs finis­sent par gagner, et on tra­verse le film d’Haroun, pris par le drame qui se joue. A la deuxième lec­ture, l’œil décou­vre du dif­fé­rent : quelle étrange scène où Adam annonce à la fian­cée de son fils la déci­sion qu’il a prise…. ! Quel étrange corps à corps ! Tout ce jaune sur la toile, on se croi­rait chez Van Gogh, et cette lutte char­gée d’ambigüité entre deux êtres, en prin­cipe, éloi­gnés, on ne l’avait pas vue de la même façon la pre­mière fois…

Mais que seraient les JCC sans la fête ? Justement la pre­mière est annon­cée non loin. Le grand hall de la BIAT bour­donne, on cher­che les buf­fets, les bars, les connais­san­ces, les copains, les rendez-vous se pren­nent entre deux assiet­tes, posées, per­dues, deux verres vidés, rem­plis, deux cartes échan­gées…. Le grand musi­cien gui­néen a élec­tri­fié sa kora, dehors le temps est en train de se gâter mais on s’en moque….

Michèle Solle

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