Le jour où la Guinée a dit non
Publié le : samedi 4 décembre 2010
FAFD - Niamey 2010

Le 25 août 1958 au matin, un militaire français se pose à Conakry, Guinée. C’est le Président du Conseil et il s’appelle De Gaulle. Toute la population est venue l’acclamer. Mais l’accueil n’est pas seulement chaleureux, il est bien organisé… Au centre du dispositif, un homme : Sékou Touré ; un Parti : le Rassemblement Démocratique Africain et une opération politique qui va précipiter en quelques heures un territoire colonisé hors de l’empire français. Ce jour-là, la Guinée a dit non à De Gaulle. Elle en paiera le prix.



"Le jour où la Guinée a dit non" est un docu­men­taire qui retrace en détail la jour­née du 25 Août à Conakry. De l’enthou­siasme sus­cité par la visite de De Gaulle, à la lutte pour l’indé­pen­dance. Le réa­li­sa­teur Valéry Gaillard pointe les incom­pré­hen­sions, les zones d’ombre et les inci­dents qui émaillant cette jour­née his­to­ri­que. C’est un film qui est très riche en archi­ves pour appuyer les experts (Guinéens et Français) qui essayent de témoi­gner de la manière où les choses se sont pas­sées avant que De Gaulle soit sur le sol Guinéen et pen­dant qu’il le suit. La pré­sence des images d’archi­ves, des sons (dis­cours de Sékou Touré et de De Gaulle), les photos et des jour­naux d’archi­ves ont donné une vie au film car ils sont des preu­ves réel­les des évé­ne­ments vécus. Ces der­niers nous imprè­gnent d’avan­tage de la manière dont les Africains se sont orga­ni­sés en syn­di­cat pour une lutte com­mune. Si cette étape marque une étape déci­sive dans la marche vers l’indé­pen­dance, le dis­cours de Sékou Touré n’est pas véri­ta­ble­ment une sur­prise. Il est un homme popu­laire qui s’impose et qui lutte pour obte­nir ces droits.

Sékou Touré est un com­mu­niste qui a fédéré tout un peuple der­rière lui. D’abord en rap­pe­lant le tru­quage des élec­tions légis­la­ti­ves de 1954 des­tiné à l’écar­ter du siège de député à l’Assemblée Nationale Française. Le réa­li­sa­teur fait res­sor­tir le niveau de déter­mi­na­tion de Sékou Touré qui dénonce l’hégé­mo­nie du peuple Français et en ren­for­çant ainsi le sen­ti­ment d’injus­tice des Guinéens. Valéry retrace tou­jours sa popu­la­rité et son cha­risme qui entraine un vaste mou­ve­ment contre la domi­na­tion des colons. Soutenu par son peuple qui a voté mas­si­ve­ment non, la Guinée obtient son indé­pen­dance.

Ce docu­men­taire donne la mesure de la vio­lence des années de syn­di­ca­liste Guinéen, des mili­tants de RDA (Rassemblement Démocratique Africain).

Des images aux sons en pas­sant par le mon­tage, on peut dire que le réa­li­sa­teur a réus­sit dans la réa­li­sa­tion de son film. Le réa­li­sa­teur est pré­sent tout au long du film à tra­vers la voix off qui com­mente les faits et qui annonce très sou­vent les inter­ve­nants.

Dans la dyna­mi­que des cin­quan­te­nai­res des indé­pen­dan­ces en Afrique, ce docu­men­taire va per­met­tre à la jeu­nesse de mieux saisir un pan de l’his­toire du conti­nent. Une his­toire faite de per­son­na­ges qui ont lutté pour une Afrique libre, une Afrique qui doit appren­dre à se pren­dre en charge, en tenant compte de son passé. N’est-ce pas là l’une des qua­li­tés de ce docu­men­taire ?

Boureima Soumaila

Fiche tech­ni­que
Titre : le jour où la Guinée a dit non
Réalisateur : Valéry Gaillard en 1998
Production : Les films d’Ici
Durée : 52mns

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