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Entretien avec Alex Ogou, acteur principal de Il va pleuvoir sur Conakry
Publié le : samedi 15 décembre 2007
Fespaco 2007

"Pour moi dans ce film, la voie de la sagesse est mon­trée par les jeunes" : Alex Ogou

A la suite de la pro­jec­tion du film de Cheick Fantamady Camara, il va pleu­voir sur Conakry, nous avons ren­contré l’acteur prin­ci­pal, Alex Ogou.

Clap Noir : Avais-tu cons­cience que tu adres­sais un mes­sage à tous les jeunes qui regar­de­ront ce film ?

Alex : Totalement. J’avais cons­cience que j’adres­sais un mes­sage mais pas seu­le­ment aux jeunes d’Afrique. Je pense que ce mes­sage s’adresse aussi à nos parents. C’est la parole des jeunes face à une cer­taine irres­pon­sa­bi­lité de leurs parents. Pour moi dans ce film, la voie de la sagesse est mon­trée par les jeunes. Le rôle que je joue dans le film, celui de Bengali cor­res­pond à cela. Bengali est un jeune qui refuse de deve­nir Imam, pas parce qu’il est contre la reli­gion, mais sim­ple­ment parce qu’il ne veut pas qu’on lui dicte tou­jours ce qu’il doit faire de sa vie. Il est impor­tant que nos parents et nous-mêmes jeunes sachions qu’aujourd’hui, nous devons pren­dre en main notre vie mais tout en res­pec­tant nos aînées. Le per­son­nage de Bibi le montre. En aucun moment il ne man­quera de res­pect à son père même s’il va l’affron­ter idéo­lo­gi­que­ment.

Il faut donc tuer le père pour arri­ver à trou­ver sa voie ?

Après ce qui s’est passé dans le film, Bengali a de la rage. Il en veut à son père. Mais ce n’est pas pour autant qu’il va le tuer. Pour moi ce qui est impor­tant, ce n’est pas de tuer phy­si­que­ment. Cela ne se fait pas. Il faut tuer le père idéo­lo­gi­que­ment. Malgré tout le mal que son père lui a fait, Bibi n’a pas le cou­rage de tuer son père. Pour moi, c’est fort. C’est plus fort que de tuer phy­si­que­ment.

Est-ce que l’on peut consi­dé­rer que l’acte de tuer idéo­lo­gi­que­ment le père est une remise en cause des tra­di­tions ? Faut-il dans cette logi­que reje­ter tout ce qui vient de la tra­di­tion ? Alors là pas du tout. Je crois que sans repère cultu­rel, on ne peut rien réus­sir. Et cela est encore plus vrai en Afrique. Sans base, on ne peut pas avan­cer et la tra­di­tion est notre base. On ne peut pas la renier, mais pour moi, elle doit servir de socle, de guide pour avan­cer. Il nous faut en faire une lec­ture vraie, une lec­ture de notre temps et se repo­ser sur des prin­ci­pes de res­pect, de famille, de société pour cons­truire un monde ou tous, jeunes et vieux seront épanouis. Le mes­sage de ce film est de dire que la tra­di­tion il ne faut pas la reje­ter mais il ne faut pas qu’elle nous écrase.

Achille Kouawo et Souleymane Soudre.

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