Fespaco pêle-mêle
Publié le : dimanche 16 décembre 2007
Fespaco 2007




« Run Baby Run » en exclu­si­vité mon­diale »

Le réa­li­sa­teur gha­néen Emmanuel Apéa a pré­senté à Ouagadougou, le mardi 26 février 2007, son pre­mier long métrage inti­tulé Run Baby Run d’une durée de 90 minu­tes. La céré­mo­nie a eu lieu au centre cultu­rel fran­çais (CCF) Georges méliès. Celui qui passe pour être a son pre­mier essaie dans le long métrage, sans être pour autant novice dans l’aven­ture ciné­ma­to­gra­phi­que, s’atta­que sans détour au drame mon­dial du trafic de la drogue. Il stig­ma­tise une des pra­ti­ques du « salle deale » qui consiste à avaler d’impor­tan­tes quan­tité de drogue pour pou­voir fran­chir sans grand frais les cor­dons doua­niers au péril de la santé et de vie. Apéa, dont l’œuvre a été réa­li­sée entre Londres, Paris et Accra, a déjà dans son pal­ma­rès plu­sieurs séries télé. Son détour à la bien­nale du cinéma afri­cain, il dit le mettre sous le signe d’une quête de béné­dic­tion par les mânes de la terre du cinéma afri­cain, pour sa nou­velle œuvre qui est en même temps une autre aven­ture, un autre défi dans sa car­rière de réa­li­sa­teur. Run Baby Run œuvre pour­tant de très bonne fac­ture aux dires des cri­ti­ques avisés de cinéma et qui fut bien accueillit par les jour­na­lis­tes ne devrait pour­tant resté à Ouagadougou que le temps de l’unique séance de pro­jec­tion de presse. Calendrier oblige. Emmanuel Apéa ainsi qu’il la dit devrait repren­dre le chemin le len­de­main même, mais cette fois-ci pour les Etats Unis d’Amérique ou la pro­mo­tion du film devrait com­men­cer véri­ta­ble­ment.

D. Kollo Kambou inau­gure l’ère du film d’ani­ma­tion

Si l’on a cou­tume de dire que le Fespaco à cha­cune des éditions, apporte quel­que chose de nou­veau, a cette édition 2007, Drissa Kollo Kambou, peut être consi­déré comme celui par qui l’inno­va­tion est arri­vée. En effet, le docu­men­taire de 7,45 minute du jeune réa­li­sa­teur, au dread­locks, inti­tulé Na Ga Al Dikhan, est venu com­bler le vide dans le genre ani­ma­tion comme jamais vu par le passé au Fespaco. Son œuvre traite de la pro­blé­ma­ti­que de l’éducation des enfants avec l’ani­ma­tion comme sup­port péda­go­gi­que et de sen­si­bi­li­sa­tion au profit de la cause. L’essai de Kollo reconnu cou­ra­geux lui permet ainsi de réus­sir un exploit d’une grande portée là ou d’aucun avaient encore des doutes et de la réti­cence à s’aven­tu­rer. Chose que Kollo Drissa lui même reconnaît qu’en il laisse enten­dre que beau­coup de gens ne croyaient pas que le film d’ani­ma­tion pou­vait avoir sa place dans ce fes­ti­val…. Mais voici que main­te­nant c’est fait ». Des propos opti­mis­tes et un visage radieux de l’homme par qui l’ani­ma­tion est rentré dans l’his­toire du Fespaco, der­riè­res les­quels se cachent cepen­dant une cer­taine réa­lité devant laquelle il reste impuis­sant. En effet, la presse ne semble pas accor­der suf­fi­sam­ment de place à ce jeune réa­li­sa­teur qui a osé, bien qu’elle lui reconnaît l’impor­tance du tra­vail accom­pli. Peut-être que d’ici là Kollo sera t-il sous les pro­jec­teurs des médias ? L’œuvre étant unique et de bonne qua­lité, elle pour­rait glaner avec un peu de chance quel­ques lau­riers. Pour l’ins­tant, tout porte à croire que la place du film d’ani­ma­tion se trouve prise au Fespaco. Il ne res­te­rait plus qu’à l’impo­ser.

Le Fespaco est là, la vie chère aussi

Depuis l’ouver­ture du fes­ti­val, on ne peut pas dire que les affai­res ne mar­chent pas dans la capi­tale du pays des hommes intè­gres. Tous les sec­teurs économiques tour­nent en plein régime. En tout cas, les dif­fé­rents pro­mo­teurs que se soit dans le petit com­merce, la res­tau­ra­tion ou qu’il s’agisse des ser­vi­ces ne chô­ment pas et peu­vent pas en dire autre­ment. Les hôtels, les agen­ces de loca­tion de voi­ture, les cyber­ca­fés, les taxis et les res­tau­rants pour ne pren­dre que ceux-là, sont, on peut le dire, débor­dés par la clien­tèle com­po­sée de quel­ques 3000 fes­ti­va­liers arri­vés à Ouagadougou. Pour cela, la demande est deve­nue très forte. Si pour la plus part du temps, l’afflux de l’offre n’a pas occa­sionné un ren­ché­ris­se­ment des prix dans les sec­teurs maî­tri­sa­bles cités plus haut, c’est tout du contraire dans cer­tains cas rele­vant du sec­teur infor­mel. Ce sont par exem­ples les cas de la bois­son et du par­king pour les engins moto­ri­sés toute caté­go­rie confon­due. Ainsi, la bou­teille de bière habi­tuel­le­ment vendue entre 400 et 500fcfa selon les lieux, est passée à 600fcfa à l’espace des maquis situé à la maison du peuple qui accueil les fes­ti­va­liers et grand monde. Pareil cons­tat pour les par­kings qui en géné­ral pour un engin à deux roues est de 50 FCFA et pour ceux des quatre roues pas plus de 100 fcfa. Mais pour ce Fespaco, les motos sont gar­dées à 200 f cfa et 300f res­pec­ti­ve­ment à la maison du peuple et au siège du Fespaco où se tient une rue mar­chande ainsi qu’à plu­sieurs autres endroits où sont délo­ca­li­sés les acti­vi­tés du fes­ti­val comme les abords des salles de pro­jec­tion. Renseignement prit, les ven­deurs et autres tenan­ciers de maquis jus­ti­fient cette aug­men­ta­tion par la cherté des stands à eux loués par les orga­ni­sa­teurs. Vrai ou faux, l’on ne sau­rait en dire plus. Il reste que les Ouagavillois qui ne sont pas habi­tués à ces prix exor­bi­tants, ne com­pren­nent pas cette atti­tude pour le moins véreuse si fait qu’ils s’en plai­gnent. Pour un pays comme le Burkina ou la quasi tota­lité des citoyens cir­cu­lent à moto et quant on sait également qu’il est parmi les plus rares au monde à avoir sa fête de la bière après l’Allemagne, il y a de quoi mettre l’accent sur la fluc­tua­tion des prix quel­que soit les moments comme ça l’est pour les autres pro­duits de pre­mière néces­sité comme le car­bu­rant, le sucre, l’électricité.

Lookmann Sawadogo
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