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Ouverture des 6e Rencontres du Film Court de Madagascar
Publié le : dimanche 10 avril 2011






C’est devant la gare Soarano d’Antananarivo que la sixième édition du fes­ti­val dédié au court-métrage s’est ouverte ven­dredi 8 avril 2011. Sur un écran gon­fla­ble défile le logo des Rencontres du Film Court : un zébu et une caméra. Sous les pro­jec­teurs, deux orga­ni­sa­teurs du fes­ti­val : Stéphanie Launay, coor­di­na­trice et Laza, direc­teur. Face à eux, une cin­quan­taine de spec­ta­teurs assis sur le par­king de la gare. Tout autant de per­son­nes sui­vent l’évènement debout, à l’arrière, comme si les sièges étaient réser­vés à de quel­conques som­mi­tés. Une situa­tion que l’on retrouve sou­vent lorsqu’un événement revêt un carac­tère offi­ciel.

Pourtant, la démar­che des RFC est à l’opposé de ce concept. L’ouver­ture publi­que devant la gare Soarano se cou­plait d’un événement sur invi­ta­tion dans l’amphi­théâ­tre de l’Institut Français de Madagascar (ex-CCAC) per­met­tant ainsi à tous de pro­fi­ter de l’évènement. De chaque côté, des repré­sen­tants du fes­ti­val et des par­te­nai­res ont pu pren­dre la parole devant le public. Et sur les écrans plein air et cou­vert, de nom­breux courts-métra­ges ont été pré­sen­tés dont The Pianoman d’Andry Ranarisoa, réa­lisé dans le cadre de la for­ma­tion en réa­li­sa­tion et en pro­duc­tion ciné­ma­to­gra­phi­que de la 3e édition du fes­ti­val et sélec­tionné au Fespaco 2011 dans la caté­go­rie TV-Vidéo.

Pour Laza, cette 6e édition est l’occa­sion de mettre l’accent sur le Jeune Public en invi­tant tous les matins pas moins de 300 enfants. Le fes­ti­val se place aussi sous le signe de la trans­mis­sion des savoirs avec 8 ate­liers animés par des pro­fes­sion­nels venus du monde entier comme ceux sur la réa­li­sa­tion avec Gaston Kaboré (Burkina Faso), le scé­na­rio avec Abdelkrim Bahloul (Algérie), les stra­té­gies de mar­ke­ting et de dis­tri­bu­tion avec Alex Moussa Sawadogo (Allemagne) ou l’ate­lier pour enfant de Laurent Pantaléon (La Réunion).

Pour D’albia Randriamanasimbolonirina, Secrétaire Général du Ministère de la Culture et du Patrimoine, l’émergence de jeunes talents et la valo­ri­sa­tion de leur tra­vail à l’inter­na­tio­nal pourra mener un jour les futurs James Cameron et Steven Spielberg mala­gasy à faire de Madagascar un nou­veau « Madawood ». Une volonté qui se tra­duit par la déci­sion d’ouvrir un Institut de for­ma­tion supé­rieure de l’Océan Indien à la ren­trée 2011 ainsi qu’à la ges­tion d’un fonds de sou­tien à la pro­duc­tion ciné­ma­to­gra­phi­que.

L’Ambassadeur de France à Madagascar, Jean-Marc Chataigner, est quant à lui revenu sur l’aug­men­ta­tion cons­tante de la fré­quen­ta­tion du fes­ti­val. De 1500 spec­ta­teurs en 2007, les RFC ont res­pec­ti­ve­ment mobi­lisé 4500 puis 5600 ciné­phi­les entre 2008 et 2010. Un engoue­ment qui se tra­duit, entre autres, par l’impli­ca­tion de l’Ambassade dans le finan­ce­ment de bour­ses d’études pour 5 étudiants mal­ga­ches en for­ma­tion à l’École Supérieur des Arts Visuels de Marrakech (ESAV).

Outre les dis­cours, la soirée d’ouver­ture a sur­tout permis d’admi­rer des pro­duc­tions mal­ga­ches telles que le film d’ani­ma­tion ManjaLoatra (La belle vie) d’Andry Rarivonandrasana, prix du public 2010, ainsi que 16 très courts-métra­ges d’une minute réa­li­sés dans le cadre du « One Minute Jr Project » piloté par l’Unicef en par­te­na­riat avec la Fondation Européenne de la Culture et la Fondation « One minute junior ». Reflétant les défis, les espoirs et les rêves de jeunes mala­gasy de 12 à 20 ans, ces films ont sus­cité un vif inté­rêt de la part du public, dont, à l’una­ni­mité, Red card on the red island d’Andrianomenjanahary Hajasoa qui dépeint en 60 secondes tous les mau­vais com­por­te­ments des mal­ga­ches (uriner sur les murs, voler les tou­ris­tes, se battre dans la rue, fumer, lais­ser traî­ner des détri­tus) et leur attri­bue des car­tons rouges.

Les ciné­phi­les, venus de Tananarive comme d’ailleurs – à l’image de ce jeune homme de 20 ans qui a fait 600 km pour assis­ter au fes­ti­val – ont été conforté dans leur soif de cinéma : durant dix jours, ce ne sont pas moins de 280 courts-métra­ges qui seront pro­je­tés gra­tui­te­ment à tra­vers une ville qui ne pos­sède plus de cinéma, à l’excep­tion de celle de l’Institut Français.

Claire Diao

OneMinutesJr work­shop - Videos : http://www.unicef.org/mada­gas­car/5564_7929.html

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