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Le collier du Makoko - Cannes 2011
Publié le : vendredi 27 mai 2011
Première mondiale au marché du film

Henri Joseph Koumba Bididi, Gabon, 109’

Dans une réjouis­sante comé­die franco-gabo­naise où l’on décou­vre un enfant gavro­che supé­rieu­re­ment malin qui élève un lion devant être rapa­trié en brousse… (super Yonas Pérou, vu dans L’enfant lion, on mise sur lui ! ), un cher­cheur en bio­lo­gie gabo­nais qui se prend pas peu au sérieux (Eric Ebouaney, bon aussi dans l’auto­dé­ri­sion) et une jour­na­liste fran­çaise jolie et écervelée aux che­veux blonds tres­sés à l’afri­caine qui n’a pas encore d’enfant ni de mari… (sur­pre­nante et char­mante Hélène de Fougerolles d’avoir plongé tête baissé dans cet inbro­glio fran­ça­fri­cain qui n’est pas sans rap­pe­ler une paro­die sym­pa­thi­que des aven­tu­res d’Indiana Jones), il est ques­tion d’un col­lier d’or appar­te­nant à la reine d’une tribu gabo­naise et pos­sédé par un haut digni­taire fran­çais dont il orne la col­lec­tion de tré­sors dans un châ­teau de la région pari­sienne… !
Jouant à fond le jeu des codes de la comé­die d’aven­ture – à l’amé­ri­caine -, mani­pu­lant le désir avec légè­reté et doigté, enchaî­nant gags, rocam­bo­les et caram­bo­la­ges entre Paris, Libreville et la jungle des pyg­mées, avec funny happy ending « famille recom­po­sée métis­sée », le réa­li­sa­teur du remar­qué Les couilles de l’éléphant pro­pose ici une comé­die fami­liale bien fice­lée, du pur diver­tis­se­ment. L’intel­li­gence poli­ti­que est là aussi, à chacun d’y décryp­ter ce qu’il veut y trou­ver.

Rencontre avec un réa­li­sa­teur qui a choisi la comé­die :

Comment est né le projet de ce film dont le scé­na­riste est fran­çais et le réa­li­sa­teur gabo­nais ?

Après Les couilles de l’éléphant, j’ai tra­vaillé sur des séries. On m’a pro­posé ce scé­na­rio de Robert Darene, un cinéaste fran­çais ayant tra­vaillé avec Jean Marais, tous les grands, qui a aujourd’hui 97 ans. Il a écrit le scé­na­rio il y a vingt ans et a tenté de le réa­li­ser en 1995. Il est même venu au Gabon faire des repé­ra­ges et fina­le­ment, le film ne s’est pas fait. Quand il a vu Les couilles de l’éléphant, il m’a contacté. J’ai passé trois jours avec lui à Rambouillet, j’ai décou­vert qu’il avait une grande culture de notre pays, des sou­ve­nirs extra­or­di­nai­res. J’ai trouvé le scé­na­rio for­mi­da­ble. De l’aven­ture, un fond cultu­rel, c’est ce que j’aime. On a écrit pen­dant quatre ans.

Pourquoi une comé­die ?

On pense à un public fami­lial, jeune. Le dis­cours du film est tourné vers les jeunes. Nous ne pou­vons pas nous déve­lop­per si nous ne nous appuyons pas sur notre culture. Je traite sou­vent de sujets graves sur un ton léger. Je suis d’une tra­di­tion orale où l’on raconte beau­coup d’his­toi­res. J’ai sou­vent com­pris des choses à tra­vers une his­toire que l’on me racontait de façon agréa­ble. C’est pour­quoi je cultive le goût de la comé­die et de la déri­sion. Dans Les couilles de l’éléphant, je par­lais de poli­ti­que. Mais dans le film, on s’inté­resse à l’his­toire et la poli­ti­que reste en arrière-plan. Mes auteurs de chevet sont Woody Allen, ou des films comme Certains l’aiment chaud de Billy Wilder.
Dans un film comme celui-là, je suis un peu dans l’esprit du Mystère du sor­ti­lège de jade… J’ai été ins­piré aussi par La flèche brisée, un wes­tern qui mon­trait que les Indiens ont une âme, ce ne sont pas que des ban­dits, ce sont des hommes avec qui on dis­cute. Je me suis dit en fai­sant ce film que je ten­te­rai de donner ce même plai­sir de vie. La vérité est la diver­sité. Quand on prête oreille à l’autre, on finit par décou­vrir une facette de la vérité. C’est un peu moins La pour­suite du dia­mant vert, mais à partir du moment où il y a l’aven­ture, la forêt, cette pêche-là, pour­quoi pas, c’est un film que j’aime aussi.

Crédit photo : Roland Duboze

On pense aussi à Un indien dans la ville, avec Thierry Lhermitte, pour la rela­tion entre adulte et enfant.

C’est vrai. Nous avons trouvé pour l’enfant un acteur for­mi­da­ble, Yonas Perou. Il incarne bien le per­son­nage avec sa vita­lité, sa tur­bu­lence et en même temps, sa ten­dresse. Il jouait le rôle de Simba dans la comé­die musi­cale Le roi lion. C’est un garçon super, je pense qu’il a beau­coup d’avenir. Le cas­ting a été long mais j’avais vu Hélène de Fougerolles dans Mortel trans­fert de Jean-Jacques Beinex, elle jouait le rôle de la mar­quise de Pompadour avec Vincent Perez et je me suis tou­jours dit qu’elle repré­sen­tait un éternel fémi­nin. Elle a foncé… après beau­coup de dis­cus­sions. Elle vou­lait sentir le per­son­nage et puis, elle a dit « je viens avec vous ». Eric Ebouaney, sur l’Europe et la France, est cer­tai­ne­ment le comé­dien afri­cain qui com­mence à se déta­cher du lot. Il y a aussi des comé­diens qui jouent en tandem, Jean-Claude M’packa et Prince de Capistran, ce sont les comé­diens les plus pré­sents au Gabon. Nous avons fait un cas­ting sur tous ces rôles, il y a tou­jours une magie qui se mani­feste en cas­ting.

Chacun en prend pour son grade, on n’est pas côté noir, côté blanc. Le film est tous publics.

Disons que le monde n’est pas blanc et noir. Le monde est en cou­leurs.

Propos recueillis par Caroline Pochon

La fiche du film

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