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Docs en Scott
Publié le : lundi 7 novembre 2011
Africa in Motion 2011

Deux programmations, 4 films documentaires. En partenariat avec le Scottish Documentary Institute et l’Edinburgh College of Art, les programmes « Documentaires sociaux africains » et « Documentaires sur l’enfance » ont donné une importante résonance au traitement cinématographique que les réalisateurs mènent sur le continent africain.



Body and Soul

La séance inti­tu­lée « Documentaires sociaux afri­cains » réu­nis­sait au sein de l’école supé­rieure d’Art d’Edimbourg, une ving­taine d’étudiants pro­ve­nant de tout le Royaume-Uni. Universités de Stirling, Manchester, Londres ou Glasgow, nom­breux étaient les étudiants à s’être dépla­cés pour le fes­ti­val Africa in Motion. Noe Mendelle, pro­fes­seur fran­çaise à l’Institut du Documentaire écossais depuis dix ans, jus­ti­fie cet engoue­ment par le fait que « cela fait quatre ans que nous sommes par­te­nai­res du fes­ti­val. L’infor­ma­tion cir­cule dans les uni­ver­si­tés ».

Paroles de corps

Au pro­gramme, deux films docu­men­tai­res tour­nés en Zambie et au Mozambique : Hidden Truth de Penelope Machipi [2011, 21min] et Body and Soul de Matthieu Bron [2011, 56min].

L’un, réa­lisé par des femmes vic­ti­mes de vio­len­ces conju­ga­les, a été tourné grâce au sup­port d’une ONG locale, Samfya. L’autre, réa­lisé par un fran­çais ins­tallé au Mozambique depuis 1998, raconte le combat quo­ti­dien de trois per­son­nes han­di­ca­pées.

Bien qu’abor­dant des sujets non com­pa­ra­bles, la force de Body and Soul (primé à Zanzibar, Bahia, Monaco) prend le dessus sur le témoi­gnage, dis­tant et res­pec­tueux, des femmes de Hidden Truth. En effet, l’empa­thie pour Victória, Mariana et Vasco, jeunes mozam­bi­cains amo­chés par la vie et le regard des autres ne cesse d’évoluer tant leur déter­mi­na­tion est per­cu­tante.

En se pla­çant à hau­teur de ses per­son­na­ges (qui mar­chent à quatre pattes, qui sont en fau­teuil), Matthieu Bron ne porte aucun juge­ment sur ce qu’il nous donne à voir et laisse même la place au juge­ment des amis qui expli­quent com­ment, à une époque, ils avaient peur de fré­quen­ter une per­sonne han­di­ca­pée. La prouesse de son film abouti sur un cours de danse pour han­di­ca­pés. Là, les uns et les autres, estro­piés par la vie mais portés par la musi­que, s’élancent avec grâce dans un espace où l’âme prend le dessus sur leurs corps.

Naissance et éducation

Le pro­gramme « Documentaires sur l’enfance » abor­dait davan­tage les thèmes de la mater­nité, de l’éducation et de l’adop­tion.

Poétique témoi­gnage de son amour pour les femmes, sa femme et sa fille en par­ti­cu­lier, Le col­lier et la perle de Mamadou Seidou Diallo [Sénégal, 2009, 52min] accom­pa­gnait un autre film de la col­lec­tion Lumière D’Afrique du pro­gramme AfricaDoc : Waliden, enfant d’autrui [Mali, 2009, 15min].
Par une cou­ra­geuse intros­pec­tion per­son­nelle, Awa Traoré expli­que com­ment, en Afrique, les enfants sont adop­tés par des parents pro­ches ou éloignés. A tra­vers son expé­rience et celle d’un petit garçon, la réa­li­sa­trice dénonce la mal­trai­tance et reven­di­que l’amour dont a besoin tout enfant.


Waited for

Cet amour, on ne peut que le voir trans­pa­raî­tre dans le brillant Waited for de la sud-afri­caine Nerina Penzhorn. A tra­vers le par­cours de trois cou­ples de femmes les­bien­nes, la réa­li­sa­trice inter­roge l’adop­tion dans un pays post-apar­theid ou l’orien­ta­tion sexuelle et la dif­fé­rence raciale est tou­jours un pro­blème.

Le film trace avec brio et sub­ti­lité les espoirs et dif­fi­cultés de trois cou­ples confron­tés à dif­fé­ren­tes situa­tions : rece­voir un enfant, accep­ter le regard des autres et l’élever comme on l’entend.

Claire Diao
7 novem­bre 2011

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