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En attendant le Bonheur
Abderrahmane Sissako
Publié le : 2006

un film d’Abderrahmane Sissako, Mauritanie France, 2003, 95’










SYNOPSIS

Nouadhibou est une petite ville arri­mée à une presqu’île de la côte mau­ri­ta­nienne. Abdallah y retrouve sa mère en atten­dant son départ vers l’Europe. Dans ce lieu d’exil et de fra­gi­les espoirs, le jeune homme, qui ne com­prends pas la langue, essaie de déchif­frer l’uni­vers qui l’entoure : Nana, une sen­suelle jeune femme qui cher­che à le séduire, Makan qui comme lui, rêve de l’Europe, Maata, un ancien pêcheur reconverti en électricien et son apprenti dis­ci­ple, Khatra. C’est lui, l’enfant espiè­gle, qui ensei­gne à Abdallah la langue locale pour que ce der­nier puisse rompre le silence auquel il est condamné. Ces com­mu­nau­tés se croi­sent et se décroi­sent sous nos yeux, le regard rivé vers l’hori­zon, en atten­dant un hypo­thé­ti­que bon­heur.

CRITIQUE

" En atten­dant le bon­heur " est un film contem­pla­tif. Peu de dia­lo­gue, mais des scènes de la vie quo­ti­dienne à Nouadhibou, petite ville plan­tée entre désert et océan. Le temps semble s’y être arrêté. Abdallah, le per­son­nage prin­ci­pal est à l’image de cette ville. Tiraillé entre deux hori­zons infi­nis : le désert et la mer. La quête d’ailleurs ne peut être que la quin­tes­sence de ses rêves. A tra­vers la sub­jec­ti­vité de son regard, on décou­vre les autres per­son­na­ges tous aussi égarés. On ne sait pas d’où vient Abdallah, ni où il part. Il est en tran­sit dans la ville de sa mère. Le film reflète cette tran­si­tion. Le temps semble sus­pendu. Chacun attend un hypo­thé­ti­que bon­heur.

Très vite on s’atta­che à Maata, le vieux pêcheur, reconverti en électricien, et le petit Khartra qui l’accom­pa­gne par­tout. L’enfant est peut-être le seul à ne pas atten­dre le bon­heur ailleurs. Il rêve de deve­nir électricien lui aussi et de porter une salo­pette bleue comme eux. C’est encore lui qui ensei­gnera à Abdallah le dia­lecte du vil­lage. Khartra a trouvé sa place ici. Il est au sens propre et figuré la lumière du film. La scène où il tra­verse le désert avec Maata la nuit avec une lampe allu­mée, le fil qui se déroule à l’infini, est la plus belle allé­go­rie du film.

La sobriété de la réa­li­sa­tion d’A. Sissako tient pour beau­coup dans la réus­site de ce film. Il nous immerge dans une atmo­sphère où le silence n’est jamais pesant. Où le temps passe tout sim­ple­ment, fait de peti­tes choses, de drames et de bon­heur. De la poésie à l’état pur.

Isabelle Audin, Clap Noir

FICHE TECHNIQUE

Scénario et réa­li­sa­tion : Abderrahmane Sissako
Avec : Khatra Ould Abdel Kader, Maata Ould Mohamed Abeid, Mohamed Mahmoud Ould Mohamed, Nana Diakité, Fatimetou Mint Ahmeda, Makanfing Dabo, Nèma Mint Choueikh
Image : Jacques Besse
Montage : Nadia Ben Rachid
Son : Antoine Ouvrier, Alioune Mbow
Mixage : Laurent Dreyer
Décors : Joseph Kpobly, Laurent Cavero
Direction de Production : Nicolas Royer et Maji-da Abdi
Produit par : Duo Films
Production exé­cu­tive : Guillaume de Seille
Distribution : Trigon Film Klosterstrasse 42 Postfach 5430 Wettingen 1
Tel : 056 430 12 30 Fax : 056 430 12 31
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