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	<title>CLAP NOIR : cin&#233;mas et audiovisuels Africains</title>
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	<description>&lt;p&gt;Clap Noir, le site des cin&#233;mas d'Afrique&lt;/p&gt;</description>
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		<title>Le palmar&#232;s de la r&#233;daction</title>
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		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://clapnoir.org/-fespaco-ouagadougou-2007-">FESPACO - Ouagadougou, 2007</category>


		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;quipe de Clap Noir &#224; Ouaga Ind&#233;niablement &#171; Ezra &#187; de Newton Aduaka remporte l'&#233;talon d'or. Un film bouleversant qui traite un sujet d&#233;licat : les enfants soldats et la r&#233;demption. La justesse du ton, la qualit&#233; narrative et des images en font le meilleur film de la s&#233;lection. Le jury ne pouvait pas ne pas r&#233;compenser ce film qui a fait l'unanimit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'attribuerais pour ma part l'&#233;talon d'argent au film tunisien &#171; Making off &#187; de Nouri Bouzi. Un vrai sujet d'actualit&#233; : la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clapnoir.org/-fespaco-ouagadougou-2007-" rel="directory"&gt;FESPACO - Ouagadougou, 2007&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt;
L'&#233;quipe de Clap Noir &#224; Ouaga&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;BR&gt;
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Ind&#233;niablement &#171; Ezra &#187; de Newton Aduaka remporte l'&#233;talon d'or. Un film bouleversant qui traite un sujet d&#233;licat : les enfants soldats et la r&#233;demption. La justesse du ton, la qualit&#233; narrative et des images en font le meilleur film de la s&#233;lection. Le jury ne pouvait pas ne pas r&#233;compenser ce film qui a fait l'unanimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'attribuerais pour ma part l'&#233;talon d'argent au film tunisien &#171; Making off &#187; de Nouri Bouzi. Un vrai sujet d'actualit&#233; : la tentation du refuge des jeunes laiss&#233;s pour compte dans l'islamisme. Ce film vous fait l'effet d'une bombe. Le com&#233;dien (qui a obtenu le prix tr&#232;s m&#233;rit&#233; d'interpr&#233;tation) nous entra&#238;ne dans sa descente aux enfers avec tellement de conviction, que l'on sort de ce film totalement abasourdi. Un vrai ph&#233;nom&#232;ne de soci&#233;t&#233; en Tunisie o&#249; le film est devenu culte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Daratt &#187; de Mahamat Saleh Haroun sera mon troisi&#232;me choix. Avec cette sensibilit&#233; qui lui est propre, M S Haroun r&#233;ussit &#224; nous &#233;mouvoir avec une tr&#232;s belle histoire o&#249; le sentiment de vengeance s'&#233;tiole face &#224; l'attachement de son ennemi. Le doute est ici superbement mis en images. Une des grandes qualit&#233;s de M.S. Haroun, c'est de savoir filmer les silences. De longs plans s&#233;quences o&#249; il laisse l'&#233;motion vous prendre au d&#233;pourvu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Audin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; &#233;tonn&#233; par la tr&#232;s bonne qualit&#233; cin&#233;matographique de certaines &#339;uvres. Manifestement, le num&#233;rique permet l'&#233;criture de th&#233;matiques fortes et diverses, ancr&#233;es en Afrique. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, l'&#233;dition 2007 nous a offert de bons films et quelques OVNI. Mes pr&#233;f&#233;rences commencent par &#171; Ezra &#187; qui raconte la r&#233;demption d'un enfant soldat, efficacement r&#233;alis&#233; par Newton Aduaka. Un &#233;talon d'or largement m&#233;rit&#233;. Suit &#171; Making off &#187; qui, par son sujet et son interpr&#233;tation grandiose, m'a compl&#232;tement emball&#233;. En troisi&#232;me position &#171; Il va pleuvoir sur Conakry &#187;, &#233;crit par Cheik Fantamady Camara, o&#249; les dialogues finement cisel&#233;s portent un regard d&#233;capant sur l'amour, la religion et la politique. Un premier film original qui aurait m&#233;rit&#233; encore mieux que le prix du public, prix offrant cependant une tr&#232;s belle r&#233;compense. Quant au prix d'interpr&#233;tation f&#233;minine, je n'aurais jamais pens&#233; aux com&#233;diennes des &#171; Saignantes &#187; (comme pour l'&#233;talon d'argent &#224; ce film) tellement leur prestation fait pale figure. Et bravo &#224; Lotfi Abd&#233;li prim&#233; pour son r&#244;le, qui cr&#234;ve l'&#233;cran dans le film &#171; Making Off &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. Tiprez&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comp&#233;tition officielle Long M&#233;trage du Fespaco s'est r&#233;v&#233;l&#233;e pleine de surprises&#8230; C&#233;l&#233;brant la diversit&#233; culturelle africaine, la s&#233;lection en &#233;tait un floril&#232;ge cin&#233;matographique ! On y a vu des films tr&#232;s classiques aux accents de d&#233;j&#224; vu et des essais cin&#233;matographiques r&#233;els. Mon affection s'est port&#233;e sur trois d&#233;couvertes, en dehors des films Tsotsi et Darrat, d&#233;j&#224; sortis en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, l'Etalon d'Or &#171; Ezra &#187; fait le r&#233;cit bouleversant de l'histoire d'un enfant soldat enr&#244;l&#233; contre son gr&#233; dans une arm&#233;e sans cause. La narration classique, sur le mode du proc&#232;s, avec de nombreux et longs flash-backs est servie par une r&#233;alisation, une photographie et un jeu d'acteurs &#224; couper le souffle. S'il n'est pas le film le plus surprenant de cette comp&#233;tition, il en reste un r&#233;cit engag&#233; et men&#233; de main de ma&#238;tre par le jeune r&#233;alisateur nig&#233;rian Newton Aduaka, qui signe un magnifique premier film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prix du Public RFI a tr&#232;s justement r&#233;compens&#233; &#171; Il va pleuvoir sur Conakry &#187;, premier long-m&#233;trage &#233;galement, du Guin&#233;en Cheick Fantamady Camara. La force de ce film r&#233;side avant tout dans son sc&#233;nario &#224; la fois dr&#244;le, grave et juste, et c'est la qualit&#233; de ses dialogues qui m'a tout particuli&#232;rement s&#233;duite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin mon coup de c&#339;ur va &#224; un film Tunisien de Nouri Bouzid, &#171; Making off &#187;. Portrait taill&#233; au ciselet d'un jeune Tunisien &#224; la d&#233;rive qui sombre accidentellement dans l'int&#233;grisme, le film est port&#233; par le personnage de Bahta &#224; qui Nouri Bouzid a su donner une r&#233;elle existence, &#224; l'interpr&#233;tation magistrale de Lotfi Abdelli. La proposition de l'auteur d'int&#233;grer &#224; la narration les digressions du making off en font pour moi une v&#233;ritable exp&#233;rience de cin&#233;ma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;talon d'argent d&#233;cern&#233; &#224; Jean Pierre Bekolo n'a pas manqu&#233; de susciter une grande surprise. Il signifie en tous cas que le cin&#233;ma africain tient &#224; encourager ses cr&#233;ateurs dans la voie de l'exp&#233;rimentation, d'un certain sens de l'avant-garde. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, toutefois, et comme cela a &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233; lors de la c&#233;r&#233;monie de cl&#244;ture du Festival, le nombre de films en comp&#233;tition gagnerait &#224; &#234;tre diminu&#233; ; des films de qualit&#233;s tr&#232;s in&#233;gales ont en effet &#233;t&#233; projet&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S. Perrin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indiscutablement, le Fespaco laisse beaucoup d'images en souvenir. Tout d'abord celles des ouagalais particuli&#232;rement accueillants et si fiers que ce festival international du film africain existe dans leur ville. Et puis celles de tous les films que j'ai pu visionner. Ouagadougou, pendant le festival, est l'endroit parfait pour voir un maximum de films africains dans d'assez bonnes conditions et surtout dans une ambiance africaine tr&#232;s chaude. Pendant ce Fespaco, j'ai surtout suivi la comp&#233;tition court m&#233;trage et je dois avouer que j'ai &#233;t&#233; surpris par l'excellente sant&#233; du cin&#233;ma maghr&#233;bin. Incontestablement, quasiment tous les courts m&#233;trages qui sortaient du lot provenaient du Maghreb : &#171; Kif Lokhrim &#187; de Tunisie, R'Da du Maroc et &#171; La pelote de laine &#187; d'Alg&#233;rie. Seul &#171; Menged &#187; d'Ethiopie contrecarre ce floril&#232;ge de bons courts m&#233;trages maghr&#233;bin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je retiendrai aussi de ce Fespaco 2007 deux films.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Ezra &#187; dont le sujet sur la r&#233;demption et les enfants guerriers a marqu&#233; les esprits. C'est un film &#224; voir absolument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Islam et les femmes s&#233;n&#233;galaises &#187; documentaire intelligent projet&#233; hors comp&#233;tition qui propose une r&#233;flexion sur la foi, la place de la femme dans la religion, et la tol&#233;rance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que fran&#231;ais, le Fespaco est une opportunit&#233; formidable de voir des films dont la narration, le style et le rythme appartiennent &#224; une autre culture. C'est tr&#232;s rafra&#238;chissant et &#231;a am&#232;ne &#224; se poser des questions sur ce qui conditionne notre lecture d'un film. Tr&#232;s enrichissant de vivre un fespaco, en plus si vous aimez la bi&#232;re vous ne serez pas d&#233;&#231;u par le voyage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Bergeron&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.clapnoir.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.clapnoir.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#169; Clap Noir / 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<item>
		<title>Impressions &#224; chaud des laur&#233;ats</title>
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		<dc:date>2007-12-16T02:31:00Z</dc:date>
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<category domain="https://clapnoir.org/-fespaco-ouagadougou-2007-">FESPACO - Ouagadougou, 2007</category>


		<description>
&lt;p&gt;A l'issue de la remise des prix officiels du Fespaco, nous avons recueillis &#224; chaud les impressions des laur&#233;ats, s'adressant &#224; la foule des cin&#233;philes dans le stade 04 ao&#251;t de Ouagadougou. &lt;br class='autobr' /&gt; Meilleur documentaire Rhalib Jawad du Maroc Je remercie le Fespaco pour avoir s&#233;lectionn&#233; ce film bien qu'il n'y ait pas eu assez de communication autours pour que le public puisse aller le voir nombreux. Je tiens aussi &#224; remercier mes partenaires car un documentaire est tr&#232;s difficile &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clapnoir.org/-fespaco-ouagadougou-2007-" rel="directory"&gt;FESPACO - Ouagadougou, 2007&lt;/a&gt;


		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt; &lt;BR&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue de la remise des prix officiels du Fespaco, nous avons recueillis &#224; chaud les impressions des laur&#233;ats, s'adressant &#224; la foule des cin&#233;philes dans le stade 04 ao&#251;t de Ouagadougou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR&gt; &lt;BR&gt; &lt;BR&gt; &lt;BR&gt; &lt;BR&gt; &lt;BR&gt; &lt;strong&gt;Meilleur documentaire&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Rhalib Jawad du Maroc&lt;br class='autobr' /&gt;
Je remercie le Fespaco pour avoir s&#233;lectionn&#233; ce film bien qu'il n'y ait pas eu assez de communication autours pour que le public puisse aller le voir nombreux. Je tiens aussi &#224; remercier mes partenaires car un documentaire est tr&#232;s difficile &#224; r&#233;aliser et celui-ci je l'ai fait en 4 ans. Merci au peuple du Burkina Faso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Poulain de bronze Yennenga&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mohamed Bensouda du Maroc&lt;br class='autobr' /&gt;
Je d&#233;die ce troph&#233;e &#224; ma m&#232;re que joue dans le film, &#224; ma fille et au peuple burkinab&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Poulain d'argent de Yennenga&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La repr&#233;sentante de Mohamed Ben Attia de la Tunisie&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous remercie de la part de Mohamed et de la part de toute l'Afrique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Poulain d'or de yennenga&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Daniel Taye Workou de l'Ethiopie&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis &#233;tonn&#233; que le jury m'ai choisi. Je suis &#233;tonn&#233; que cette petite histoire ait travers&#233; le continent et qu'il a &#233;t&#233; accept&#233; ici &#224; Ouagadougou avec une chaleur. Merci beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prix Paul Robenson&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Arnold Antonin d'Ha&#239;ti&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour moi c'est une grosse surprise. Je ne m'y attendais pas du tout. J'&#233;tais tr&#232;s heureux de venir &#224; Ouagadougou avec un film. J'y &#233;tais il y a quinze ans comme membre de jury et c'est un ha&#239;tien, Raoul Peck qui a gagn&#233; ce prix avec son film Lumumba. Je suis tr&#232;s content que ce soit un autre ha&#239;tien qui gagne ce prix. Je vais le ramener et tous ceux qui ont travaill&#233; sur le film, tout le peuple de Ha&#239;ti sera heureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pr&#233;sident du Jury Long m&#233;trage&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Bassek Ba Khobio&lt;br class='autobr' /&gt;
Puisqu'il s'agit de comp&#233;tition et donc d'excellence, le jury propose qu'&#224; l'avenir, la comp&#233;tition soit r&#233;serv&#233; &#224; une douzaine de film parmi les meilleurs. Cela permettra de visionner sereinement les films s&#233;lectionn&#233;s. Compte tenu de la ma&#238;trise de plus en plus av&#233;r&#233; des techniques cin&#233;matographiques, le jury souhaite que Ouagadougou soit dot&#233; d'une salle de projection de r&#233;f&#233;rence que nous souhaitions tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etalon d'argent de Yennenga&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean Pierre Bekolo du Cameroun&lt;br class='autobr' /&gt;
Je voudrai remercier le jury d'avoir prim&#233; ce film un peu particulier. J'ai une pens&#233;e pour beaucoup de personnes qui ont travaill&#233; sur ce film et qui ne sont plus avec nous. Je remercie toute l'&#233;quipe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etalon d'or de Yennenga&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Newton Aduaka du Nig&#233;ria&lt;br class='autobr' /&gt;
J'esp&#232;re que le film parle pou moi dans un langage universel. C'est un film triste qui raconte une histoire que je voulais raconter. Je veux remercier tous ceux qui ont r&#233;compens&#233; ce film. J'aimerai dire que je souhaite voir un jour Africa Paradis devenir r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Achille Kouawo&lt;br class='autobr' /&gt;
Souleymane Soudre Mao&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.clapnoir.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.clapnoir.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Palmar&#232;s du jury officiel</title>
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		<dc:date>2007-12-16T02:19:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

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		<description>
&lt;p&gt;Le Jury officiel du Fespaco, pr&#233;sid&#233; par Bassek Ba Kobhio, a d&#233;cern&#233; l'Etalon d'or de Yennenga &#224; Ezra du nig&#233;rian Newton Aduaka. &lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;l&#233;charger le palmar&#232;s officiel&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clapnoir.org/-fespaco-ouagadougou-2007-" rel="directory"&gt;FESPACO - Ouagadougou, 2007&lt;/a&gt;


		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt;
Le Jury officiel du Fespaco, pr&#233;sid&#233; par Bassek Ba Kobhio, a d&#233;cern&#233; &lt;strong&gt;l'Etalon d'or de Yennenga &#224; Ezra du nig&#233;rian Newton Aduaka&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;l&#233;charger le palmar&#232;s officiel&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_729 spip_documents spip_documents_center' style='width:120px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href='https://clapnoir.org/IMG/doc/PALMARES_OFFICIEL_FESPACO_2007.doc' title='Word - 57.5&#160;kio' type=&#034;application/msword&#034;&gt;&lt;img src='https://clapnoir.org/plugins-dist/medias/prive/vignettes/doc.svg?1773139014' width='64' height='64' alt='Word - 57.5&#160;kio' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Cot&#233; doc : troisi&#232;me ann&#233;e</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

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		<description>
&lt;p&gt;Jean-Marie Teno Rencontre avec l'&#233;quipe de C&#244;t&#233; Doc : Jean-Marie Teno et Bakary Sanon et St&#233;phane Planchat de l'association Ecrans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment est n&#233; le Cot&#233; Doc ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'association Ecrans, &#224; Ouagadougou, organisait les &#034;nuits d'&#233;crans&#034;, l'une consacr&#233;e au court, l'autre au documentaire en 2002. J'ai &#233;t&#233; le premier invit&#233; de C&#244;t&#233; doc. Je me bats depuis vingt ans pour le documentaire et j'ai trouv&#233; cette initiative fascinante. Ensemble, nous avons eu l'id&#233;e de donner davantage de visibilit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clapnoir.org/-fespaco-ouagadougou-2007-" rel="directory"&gt;FESPACO - Ouagadougou, 2007&lt;/a&gt;


		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt;
Jean-Marie Teno&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt;
Rencontre avec l'&#233;quipe de C&#244;t&#233; Doc : Jean-Marie Teno et Bakary Sanon et St&#233;phane Planchat de l'association Ecrans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment est n&#233; le Cot&#233; Doc ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association Ecrans, &#224; Ouagadougou, organisait les &#034;nuits d'&#233;crans&#034;, l'une consacr&#233;e au court, l'autre au documentaire en 2002. J'ai &#233;t&#233; le premier invit&#233; de C&#244;t&#233; doc. Je me bats depuis vingt ans pour le documentaire et j'ai trouv&#233; cette initiative fascinante. Ensemble, nous avons eu l'id&#233;e de donner davantage de visibilit&#233; au documentaire, genre encore marginalis&#233;, en nous adressant au Fespaco. J'&#233;tais alors pr&#233;sident de La Guilde des R&#233;alisateurs. Le CCF (Centre Culturel Fran&#231;ais) a rejoint l'initiative en 2003. C 'est donc la troisi&#232;me &#233;dition de Cot&#233; Doc. C'est donc une &#233;quipe de 10 personnes, 20 pendant le festival, qui se consacrent &#224; la promotion du documentaire de cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Catalogue, projections, d&#233;bats et prix du documentaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re ann&#233;e, nous avons mis l'accent sur le catalogue : c'&#233;tait l'enjeu de la visibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le documentaire a besoin d'&#234;tre accompagn&#233;, il suscite des discussions : nous avons aussi pr&#233;vu une tranche horaire pour les d&#233;bats (le matin). En 2005, nous avons publi&#233; une synth&#232;se des d&#233;bats. Pour 2009, nous essaierons de publier une brochure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les projections se passent au M&#233;lies. La salle ne d&#233;semplit pas. Nous essayons pour la prochaine &#233;dition de d&#233;velopper des espaces de projection alternatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un de nos succ&#232;s est la cr&#233;ation du prix documentaire, cette ann&#233;e. Il a &#233;t&#233; d&#233;cern&#233; au r&#233;alisateur marocain Khalib Jawad pour El ejido, la loi du profit . La procha&#238;ne lutte sera de cr&#233;er un &#233;talon du documentaire, pour prouver que le documentaire n'est pas le parent pauvre du cin&#233;ma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions qui soutiennent C&#244;t&#233; Doc sont le Bureau de Liaison du Cin&#233;ma de l'Espace Francophone, avec Karine Leclerc, un soutien pr&#233;cieux depuis le d&#233;but, pour les d&#233;bats et pour le catalogue. Arte occupe une s&#233;ance tous les soirs &#224; 20H. Pour nous, seul le film de Khadi Sylla, Une fen&#234;tre ouverte , &#233;tait un v&#233;ritable documentaire parmi ceux qu'Arte a propos&#233; cette ann&#233;e. Il ouvrait une vraie r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choix &#233;ditoriaux de C&#244;t&#233; Doc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;lection des documentaires passe d'abord par le Fespaco. 56 documentaires ont &#233;t&#233; pr&#233;s&#233;lectionn&#233;s, parmi lesquels Cot&#233; Doc en a retenu 9, pour le cr&#233;neau horaire qui nous est imparti : 13-18H. Nous nous battons pour que l'association Ecrans prenne une part importante &#224; la s&#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crit&#232;res sont bien s&#251;r la qualit&#233; des films : les documentaires de cr&#233;ation sont prioritaires. En outre, on aide les premiers films. Cette ann&#233;e, il y en avait tr&#232;s peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de C&#244;t&#233; Doc est d'attirer les jeunes vers le documentaire, un souci de transmission pr&#233;side &#224; toute la d&#233;marche. Le Fespaco a &#233;t&#233; en son temps une r&#233;ponse &#224; des repr&#233;sentations venues de l'Europe qui n'&#233;taient pas positives. Notre souhait est de d&#233;velopper un volet formation. Car beaucoup de formations d&#233;forment, ne prennent pas le temps de donner aux jeunes les cl&#233;s de l'histoire dans laquelle ils s'inscrivent. C'est par exemple ce que nous reprochons &#224; Africadoc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; Doc se propose donc de donner la priorit&#233; aux r&#233;alisateurs africains pour qui c'est le seul espace de repr&#233;sentation. Essayer que ce soit pour eux un tremplin, notamment en conviant les diffuseurs, qui ont &#233;t&#233; trop absents cette ann&#233;e. Un axe majeur pour l'&#233;dition 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline Pochon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Conf&#233;rence d&#233;bat sur l'&#233;criture documentaire</title>
		<link>https://clapnoir.org/conference-debat-sur-l-ecriture-documentaire</link>
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		<dc:date>2007-12-16T02:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://clapnoir.org/-fespaco-ouagadougou-2007-">FESPACO - Ouagadougou, 2007</category>


		<description>
&lt;p&gt;Le centre Culturel Fran&#231;ais, lieu de rencontre du c&#244;t&#233; doc &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;criture documentaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Marie Teno (r&#233;alisateur : Le malentendu colonial, le mariage d'Alex , Afrique je te plumerai responsable de C&#244;t&#233; Doc ) - Le documentaire est une qu&#234;te de la v&#233;rit&#233;. Il n'y a pas de v&#233;rit&#233; absolue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jihan El Tahir (r&#233;alisatrice de Requiem pour la r&#233;volution, 2006) - Il y a quinze histoires &#224; raconter. Je dois accepter que ce n'est pas moi qui vais raconter toute la v&#233;rit&#233;, mais seulement une part de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://clapnoir.org/-fespaco-ouagadougou-2007-" rel="directory"&gt;FESPACO - Ouagadougou, 2007&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt;
Le centre Culturel Fran&#231;ais, lieu de rencontre du c&#244;t&#233; doc&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;criture documentaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marie Teno (r&#233;alisateur : Le malentendu colonial, le mariage d'Alex , Afrique je te plumerai responsable de C&#244;t&#233; Doc ) - Le documentaire est une qu&#234;te de la v&#233;rit&#233;. Il n'y a pas de v&#233;rit&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jihan El Tahir (r&#233;alisatrice de Requiem pour la r&#233;volution, 2006) - Il y a quinze histoires &#224; raconter. Je dois accepter que ce n'est pas moi qui vais raconter toute la v&#233;rit&#233;, mais seulement une part de la v&#233;rit&#233;, sous un angle pr&#233;cis. Dans mon premier film &#034;L'Afrique en morceaux&#034;, il y avait trop de pays &#224; aborder. Il a fallu d&#233;cider d'exclure certains pays, certains th&#232;mes. D'autres prendront la rel&#232;ve. Le documentariste est un maillon dans une construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arnold Antonin (r&#233;alisateur de Le pr&#233;sident a-t-il le Sida , 2006) - Le documentaire diff&#232;re du reportage, qui est limit&#233; dans le temps, qui ne met pas en oeuvre une recherche personnelle. Pour mes portraits d'artistes, je passe deux ans avec chacun et au d&#233;but, je ne connais m&#234;me pas mon angle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chantal Richard (r&#233;alisatrice de Lili et le Baobab , 2005)- C'est l'&#233;criture qui fait la diff&#233;rence entre documentaire et reportage. Elle instaure un rapport intime au sujet. Des choix se font dans cette phase qui se retrouveront au tournage. On &#233;crit ce qu'on recherche : m&#234;me s'il y a des inconnues, qu'on ne sait pas ce qui va se passer. Quand on est en tournage, on trouve r&#233;ponse &#224; ce que l'on a &#233;crit qu'on cherchait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_727 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://clapnoir.org/IMG/jpg/Jihan_el_tahir.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;109&#034; alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Jihan El Tahir - Le documentaire permet aussi de d&#233;couvrir ce qui n'a pas &#233;t&#233; &#233;crit ! Il est plus simple, quand on &#233;crit un documentaire, de rester dans l'existant, mais il faut aussi laisser la place de se retrouver compl&#232;tement chamboul&#233;e. Par exemple, dans &#034;les maux de la faim&#034;, une &#233;tude du circuit de l'aide alimentaire, je me suis retrouv&#233;e face &#224; un fermier qui cultivait des tomates alors que l'on &#233;tait dans une zone de famine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marie Teno - Justement, l'&#233;criture est aussi une arme pour mieux appr&#233;hender l'impr&#233;vu. Je sp&#233;cifie ma place et mon point de vue, d'o&#249; je me place pour raconter mon histoire. Le spectateur, c'est une invitation &#224; avoir une autre place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chantal Richard - Un documentaire, c'est sign&#233;. Les films prennent en charge leurs conditions de fabrication. On suit la pens&#233;e de quelqu'un. La signature n'est pas qu'une question d'ego.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jihan El Tahir - Si votre film vous tourmente assez pour y passer deux-trois ans de votre vie, allez-y !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_728 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://clapnoir.org/IMG/jpg/s_f_ndiaye.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;109&#034; alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samba Felix Ndiaye (r&#233;alisateur de Questions au pays natal , 2006) - Chris Marker ne se posait pas la question de l'&#233;criture. Vous avez un projet qui vous tient &#224; coeur. On &#233;crit pour soi. On sait qui vous &#234;tes, on vous voit &#224; travers vos films : ce que vous pensez et pourquoi vous pensez comme &#231;a !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les personnages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chantal Richard - Un documentaire, ce sont des personnages. Le bon personnage, c'est celui qui a besoin de faire le film, &#224; exp&#233;rience &#233;gale. Ce sont des gens dont on va se souvenir ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jihan El Tahir - Une interview est un accord entre deux adultes consentants. Chacun ne voudrait voir que sa v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marie Teno - Chacun se pr&#233;sente sous son meilleur jour. Chacun utilise chacun et cherche &#224; &#233;chapper au contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jihan El Tahir - Si on d&#233;barque dans une maison pauvre, on prend leur &#233;lectricit&#233; : le minimum est de les d&#233;frayer. Mais on sous-estime l'envie de chacun d'avoir sa place &#224; l'&#233;cran. Les soldats que j'ai rencontr&#233;s au Congo pour mon dernier film &#034;Requiem pour la r&#233;volution&#034;, parce qu'ils ont &#233;t&#233; avec Le Che : personne ne s'&#233;tait int&#233;ress&#233; &#224; leur histoire. Le film leur a donn&#233; une place, il a donn&#233; une l&#233;gitimit&#233; historique &#224; ce qui n'&#233;tait qu'un souvenir personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samba Felix Ndiaye - Dans le documentaire, il importe de souligner l'importance de la singularit&#233; d'un regard, d'un imaginaire. Cela signifie un travail en amont, en profondeur. C'est un processus long, tiss&#233;, fait d'&#233;change. Si vous n'amener rien, vous n'obtenez rien. Dans &#034;Questions au pays natal&#034;, je me suis dit qu'on avait jet&#233; beaucoup de pierres aux a&#238;n&#233;s, &#224; Senghor, sur l'&#233;poque des ann&#233;es soixantes, des ind&#233;pendances. J'ai voulu faire un bilan, trente ans apr&#232;s. Comment se fait-il que nous soyions gouvern&#233;s par des m&#233;diocres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline Pochon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Apr&#232;s les prix sp&#233;ciaux, les &#233;talons</title>
		<link>https://clapnoir.org/apres-les-prix-speciaux-les-etalons</link>
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		<dc:date>2007-12-16T02:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://clapnoir.org/-fespaco-ouagadougou-2007-">FESPACO - Ouagadougou, 2007</category>


		<description>
&lt;p&gt;A qui ira le grand prix du Fespaco 2007, l'&#233;talon d'or ? Durant ce festival, plusieurs films ont &#233;t&#233; projet&#233;s. Il y avait des bons mais aussi des mauvais. Dans les discussions, les rencontres, chacun y va son pronostic. Qui sera l'heureux gagnant cette ann&#233;e ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Tentons notre pronostic. Dans la course pour les &#233;talons (Or, argent, bronze), nous pensons qu'il y aura des films tels que Ezra de Newton Aduaka, Il va pleuvoir sur Conakry de Cheik Fantamady Camara, Making off de Nouri Bouzid, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clapnoir.org/-fespaco-ouagadougou-2007-" rel="directory"&gt;FESPACO - Ouagadougou, 2007&lt;/a&gt;


		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A qui ira le grand prix du Fespaco 2007, l'&#233;talon d'or ? Durant ce festival, plusieurs films ont &#233;t&#233; projet&#233;s. Il y avait des bons mais aussi des mauvais. Dans les discussions, les rencontres, chacun y va son pronostic. Qui sera l'heureux gagnant cette ann&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tentons notre pronostic. Dans la course pour les &#233;talons (Or, argent, bronze), nous pensons qu'il y aura des films tels que Ezra de Newton Aduaka, Il va pleuvoir sur Conakry de Cheik Fantamady Camara, Making off de Nouri Bouzid, Daratt de Mahamat Saleh Haroun et Djanta de Tahirou Tassere Ou&#233;draogo. Dommage que Bamako ne soit pas en comp&#233;tition. Le film a s&#233;duit des milliers de spectateurs &#224; Ouagadougou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un avant go&#251;t nous a &#233;t&#233; servi le vendredi lors de la remise des prix sp&#233;ciaux. Plusieurs films ont re&#231;u plus d'une distinction. Citons Ezra de Newton Aduaka qui a re&#231;u 3 prix. Africa paradis de Sylvestre Amoussou fut distingu&#233; deux fois.&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re distinction &#233;tait le prix Semb&#232;ne Ousmane, prix initi&#233; par la Fondation Ecobank et le second est le prix de la CEDEAO, prix de l'int&#233;gration. Humanitaire, le film du r&#233;alisateur burkinab&#233; Adama Rouamba a re&#231;u deux prix. Celui des droits humains et celui de la s&#233;curit&#233; au travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la cat&#233;gorie de ceux qui ont re&#231;u deux distinctions, citons aussi un matin bonheur de Gahit&#233; Fofana de la Guin&#233;e, D&#233;n&#233;w&#233;ti de la s&#233;n&#233;galaise Dyana Gaye, la pelote de laine de l'alg&#233;rienne Fatma Zohra, Djanta du burkinab&#233; Tahirou Tassere Ou&#233;draogo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Achille Kouawo&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Palmares des Prix Sp&#233;ciaux</title>
		<link>https://clapnoir.org/palmares-des-prix-speciaux-635</link>
		<guid isPermaLink="true">https://clapnoir.org/palmares-des-prix-speciaux-635</guid>
		<dc:date>2007-12-16T01:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://clapnoir.org/-fespaco-ouagadougou-2007-">FESPACO - Ouagadougou, 2007</category>


		<description>
&lt;p&gt;T&#233;l&#233;charger le palmar&#232;s des prix sp&#233;ciaux&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clapnoir.org/-fespaco-ouagadougou-2007-" rel="directory"&gt;FESPACO - Ouagadougou, 2007&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt;
T&#233;l&#233;charger le palmar&#232;s des prix sp&#233;ciaux&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_726 spip_documents spip_documents_center' style='width:120px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href='https://clapnoir.org/IMG/doc/PALMARES_DES_PRIX_SPECIAUX_FESPACO2007.doc' title='Word - 78&#160;kio' type=&#034;application/msword&#034;&gt;&lt;img src='https://clapnoir.org/plugins-dist/medias/prive/vignettes/doc.svg?1773139014' width='64' height='64' alt='Word - 78&#160;kio' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Sissako Abderrahmane : &#034;Si l'avant-gardisme c'est de construire quelque chose, je suis forc&#233;ment avant-gardiste&#034;</title>
		<link>https://clapnoir.org/sissako-abderrahmane-si-l-avant-gardisme-c-est-de-construire-quelque-chose-je</link>
		<guid isPermaLink="true">https://clapnoir.org/sissako-abderrahmane-si-l-avant-gardisme-c-est-de-construire-quelque-chose-je</guid>
		<dc:date>2007-12-16T01:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://clapnoir.org/-fespaco-ouagadougou-2007-">FESPACO - Ouagadougou, 2007</category>


		<description>
&lt;p&gt;Abderrahmane Sissako &lt;br class='autobr' /&gt;
Clap Noir : Vous &#234;tes venu pr&#233;senter ici votre film Bamako. Comment se fait-il que ce film ne soit pas dans la comp&#233;tition officielle cat&#233;gorie long m&#233;trage ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Fespaco avait s&#233;lectionn&#233; le film et estim&#233; qu'il devait &#234;tre en comp&#233;tition. J'ai eu cette information, mais avant m&#234;me de l'avoir je m'&#233;tais fait une id&#233;e quant &#224; la place du film dans cette &#233;dition. Je m'&#233;tais d&#233;j&#224; dit qu'en cas de s&#233;lection, je refuserai d'&#234;tre en comp&#233;tition. La comp&#233;tition dans un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clapnoir.org/-fespaco-ouagadougou-2007-" rel="directory"&gt;FESPACO - Ouagadougou, 2007&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Abderrahmane Sissako&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Clap Noir : Vous &#234;tes venu pr&#233;senter ici votre film Bamako. Comment se fait-il que ce film ne soit pas dans la comp&#233;tition officielle cat&#233;gorie long m&#233;trage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fespaco avait s&#233;lectionn&#233; le film et estim&#233; qu'il devait &#234;tre en comp&#233;tition. J'ai eu cette information, mais avant m&#234;me de l'avoir je m'&#233;tais fait une id&#233;e quant &#224; la place du film dans cette &#233;dition. Je m'&#233;tais d&#233;j&#224; dit qu'en cas de s&#233;lection, je refuserai d'&#234;tre en comp&#233;tition. La comp&#233;tition dans un festival tel que le Fespaco, et dans tout festival d'ailleurs, donne une grande visibilit&#233; &#224; un film, j'ai estim&#233; que le film avait d&#233;j&#224; b&#233;n&#233;fici&#233; d'une grande visibilit&#233;, en Afrique comme sur le plan international, &#224; travers les m&#233;dias. C'&#233;tait plus justifi&#233; de laisser cette vitrine &#224; des gens qui aujourd'hui sont encore un peu plus &#171; fragiles &#187; que moi et de leur permettre d'&#234;tre en comp&#233;tition. Je n'ai pas senti le besoin de participer &#224; la comp&#233;tition, &#231;a ne veut pas dire que je m'estime meilleur, ou que le film est meilleur, mais il y a cette notion de visibilit&#233; dont je trouvais plus juste de laisser profiter d'autres cin&#233;astes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle distribution votre film a-t-il trouv&#233; sur le continent africain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a eu qu'une sortie pour le moment en Afrique &#224; Bamako. C'&#233;tait naturel, c'est l&#224; que le film a &#233;t&#233; tourn&#233; et c'est donc l&#224; que le public l'attendait. Mais il a fallu attendre un peu avant la sortie car nous voulions accompagner la sortie avec une pr&#233;sence cons&#233;quente &#224; Bamako. Je voulais donc &#234;tre pleinement disponible pour rester l&#224;-bas trois semaines, et c'est ce qui s'est pass&#233; en Janvier. Le film est sorti le 6 Janvier pr&#233;cis&#233;ment. Selon les dire du directeur de la seule salle de Bamako, c'est le film qui a fait le plus grand nombre d'entr&#233;es qu'un film ait jamais fait l&#224;-bas, m&#234;me &#224; c&#244;t&#233; des productions am&#233;ricaines, Da Vinci Code etc ! C'est quand-m&#234;me tr&#232;s important, et &#231;a veut dire beaucoup de choses.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a veut dire que nous ne connaissons quasiment pas notre public, en quelque sorte. On a souvent dit que ce film ne serait pas compris, mal accept&#233;&#8230; Mais quand le public est interpell&#233;, sur un sujet qu'il vit au quotidien, il ne peut qu'adh&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Clap Noir a soutenu le film et organis&#233; des projections et des rencontres autour de &#8216;Bamako'. La question des destinataires du film est souvent ressortie, avec l'id&#233;e que le public africain ne saurait pas l'appr&#233;cier. Que r&#233;pondez-vous &#224; ce commentaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, je crois que les europ&#233;ens ont tr&#232;s souvent la tendance de faire des raccourcis sur tel ou tel message, sur telle ou telle intention. Un film c'est l'expression d'un artiste sur ce qui le touche, sur son environnement. Parfois il se donne un r&#244;le, une mission. Parfois une mission s'impose &#224; lui. Apr&#232;s, il raconte dans un film, et le public se l'approprie.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'erreur de ce genre de commentaire est de ne pas tenir compte du fait que ces films ne sont pas davantage vus en Europe, dans le fond. On pr&#233;tend, on a l'impression, que ces films sont vus en Europe et ne sont pas vus en Afrique. La diff&#233;rence c'est qu'en Europe, les choses sont mieux structur&#233;es. Il y a des r&#233;seaux de distribution plus sp&#233;cifiques, des associations, des salles d'art et d'essai qui permettent &#224; certains films d'exister et d'avoir leur petit public. Il y a aussi une curiosit&#233; cin&#233;phile plus organis&#233;e, et les gens ont plus acc&#232;s &#224; toutes sortes de films. A force de voir des films d'univers diff&#233;rents, on comprend mieux le langage cin&#233;matographique, qui est n&#233;cessairement divers. Aucun pays ne s'exprime de la m&#234;me fa&#231;on. Et m&#234;me, on prend 100 cin&#233;astes fran&#231;ais, ils s'expriment diff&#233;remment, 100 cin&#233;astes su&#233;dois, c'est la m&#234;me chose, tous ! On peut &#234;tre impopulaire, chez soi m&#234;me, en raison de la forme que tu utilises, mais &#231;a ne veut pas dire pour autant que on s'adresse &#224; quelqu'un d'autre. Je ne crois pas. Quand un film est un langage, il faut le lire. Peut-&#234;tre en effet que certaines formes cin&#233;matographiques sont compliqu&#233;es pour une large part du public, mais cette part existe aussi en Europe, c'est &#231;a la r&#233;alit&#233;. Quand Bergman fait des films il n'a pas un public de masse, mais personne ne va lui dire qu'il ne fait pas des films pour son public o&#249; qu'il s'adresse &#224; un autre public. Il s'exprime, tout simplement. C'est la fonction des artistes, ce qu'on attend d'eux. Si son message peut toucher le plus de gens, il en est heureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous que cela est surtout r&#233;v&#233;lateur du regard que les m&#233;dias, le public au Nord portent sur le public africain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un certain type de public et d'un certain type de m&#233;dias. J'aurais tendance &#224; nuancer ! Bien s&#251;r que l'Afrique est bien souvent r&#233;sum&#233;e de mani&#232;re r&#233;ductrice, de telle fa&#231;on que je ne suis pas &#233;tonn&#233; qu'on ait aussi fait ce raccourci l&#224;. Moi je m'exprime, depuis mes premiers films je me suis exprim&#233; de mani&#232;res personnelle. Je n'adresse pas mes films &#224; quelqu'un de pr&#233;cis, je les fais en accord avec mes convictions. Cette expression peut, en certaines circonstances, ne pas &#234;tre populaire, comme cela a &#233;t&#233; le cas pour Bamako.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lorsque vous avez fait Bamako, est-ce que vous pensiez que ce film deviendrait un film &#233;tendard de la cause alter-mondialiste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'y ai pas pens&#233; en la faisant. Un film on se l'approprie, et tant mieux. Quand les r&#233;seaux qui se l'approprient son structur&#233;s, je pense notamment au Forum Social Mondial, cela occasionne une plus grande m&#233;diatisation. Et c'est tant mieux. Mais m&#234;me une personne s'approprie un film, parce que le film l'interpelle. En revanche j'avais tr&#232;s &#224; c&#339;ur dans un projet tel que celui-l&#224; de donner une occasion &#224; l'Afrique de s'approprier son malheur. C'est &#224; nous de parler de &#231;a. La d&#233;rive de certaines formes, d'une certaine tendance du Nord &#224; vouloir sensibiliser sur le malheur des autres peut &#234;tre interrog&#233;e. Ce n'est pas une question de sinc&#233;rit&#233;, je ne dis pas que les gens ne sont pas sinc&#232;res quand ils le font, mais faut le faire avec une certaine r&#233;serve. C'est l&#224; que j'ai vu le positionnement de Bamako, comme porteur d'une parole qui vient vraiment de l'int&#233;rieur. La forme aussi a &#233;t&#233; le fruit d'une volont&#233; d'initier un proc&#232;s, d'improviser et d'inviter des gens compl&#232;tement simples, ordinaires. Des gens qui vivent au quotidien ces difficult&#233;s, et qui ont la capacit&#233; de formuler ce qui leur arrive, &#224; condition qu'on leur en laisse l'opportunit&#233;. Leur vision n'est pas la vision de l'Afrique qui existe en occident d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale. Cette conscience africaine, je voulais la montrer d'abord en Afrique. Elle est encore peu structur&#233;e pour devenir une grande force alter-mondialiste, m&#234;me si cela commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mise en sc&#232;ne de Bamako flirte avec le documentaire, en en utilisant les codes dans la mise en sc&#232;ne. Pourquoi avez-vous fait ce choix de fictionnaliser l'&#233;criture documentaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voulais atteindre, et j'ai choisi une forme qui semblait &#234;tre en mesure de cracher les probl&#232;mes et d'en t&#233;moigner. La parole est tr&#232;s importante. La forme du proc&#232;s, c'est aussi donner de la valeur &#224; cette parole.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre raison, qui est peut-&#234;tre &#224; vrai dire la plus essentielle, c'est que, quand on sait qu'un proc&#232;s de ce type est improbable aujourd'hui contre les grandes institutions, qu'on ne peut pas le faire, le r&#244;le d'un artiste c'est de l'inventer. Inventer ce proc&#232;s qui aura peut &#234;tre lieu dans le futur, non pas pour couper des t&#234;tes, mais par envie que les choses soient dites. M&#234;me dans un conflit familial, quand quelqu'un veut qu'il y ait justice, il veut plut&#244;t que les choses soient entendues. Bamako a r&#233;pondu &#224; ce besoin chez moi, je voulais que les choses soient dites et entendues, il ne s'agissait pas pour moi d'avoir raison.&lt;br class='autobr' /&gt;
En outre, &#224; partir du moment o&#249; le cin&#233;ma est un langage, le langage de l'image, rien n'est d&#233;fini. Rien n'est &#233;tabli d&#233;finitivement. On peut presque toujours tout r&#233;inventer. Forc&#233;ment, qu'on le veuille ou non, l'avenir du cin&#233;ma appartient &#224; ceux qui se sont peu ou pas exprim&#233;. Il n'est pas question d'une forme particuli&#232;re d'intelligence ou de talent, mais plut&#244;t du fait qu'il y a une forme de virginit&#233; dans ces endroits sur la forme. Moi, je ne me suis &#224; aucun moment pos&#233; la question de la forme en ces termes, est-ce un documentaire, une fiction ? Je croyais en la force de l'image et de la parole, et je savais que c'&#233;tait possible avec un film comme &#231;a, avec un dispositif comme &#231;a, de parler de cette probl&#233;matique de la dette de l'Afrique et d'en parler autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez mis en sc&#232;ne un tribunal de justice et notamment un pr&#233;sident du jury, est-ce que ce pr&#233;sident incarn&#233; repr&#233;sente le maillon manquant des institutions supra-nationales ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, pas vraiment. Alors que je devrais sans doute r&#233;pondre oui &#224; une telle question ! Pour moi, le pr&#233;sident repr&#233;sente autre chose. Il est une &#233;coute possible de tout un chacun, c'est une fonction abstraite. Je veux que les uns et les autres soient justes, et ce personnage exprime surtout que la justice est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On pr&#233;sente souvent votre cin&#233;ma comme un cin&#233;ma d'avant-garde, est-ce une pr&#233;occupation qui vous anime dans votre travail ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela d&#233;pend de ce qu'on appelle un cin&#233;ma avant-gardiste, j'ai plut&#244;t tendance &#224; dire que lorsqu'un continent ne s'exprime pas ou s'exprime tr&#232;s peu, il est difficile de ne pas &#234;tre avant-gardiste. Ce la s'impose &#224; nous, mais chacun de par sa sensibilit&#233;, de par sa fa&#231;on de voir les choses s'int&#233;resse de telle mani&#232;re &#224; telle histoire, &#224; tel genre. Je pense que toutes les histoires sont int&#233;ressantes, &#224; partir du moment o&#249; on peut &#233;mouvoir l'autre. C'est &#231;a le r&#244;le d'un film. Un film ne doit pas chercher &#224; avoir raison, un film ne d&#233;truit jamais. Il construit. Si l'avant-gardisme c'est de construire quelque chose, je suis forc&#233;ment avant-gardiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous qu'un film puisse r&#233;ellement avoir de l'influence sur la vie politique ou sur les mentalit&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, je pense que ce qu'un film ne doit pas faire c'est chercher d'embl&#233;e &#224; changer les choses. Il ne faut pas faire un film pour &#231;a. L'intention ne doit pas &#234;tre ant&#233;rieure &#224; la cr&#233;ation du film, mais quand le film existe, il peut en effet changer des choses. Changer, &#231;a ne veut pas forc&#233;ment dire faire adopter des propositions de loi, ou distribuer de l'argent aux gens. Changer, c'est simplement faire &#233;voluer la mentalit&#233; de quelqu'un que sans doute tu ne rencontreras jamais, mais qui dira &#224; quelqu'un d'autre : &#171; Il y des choses que je n'avais pas comprises, maintenant je comprends mieux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous abordez dans Bamako le drame humain de la migration clandestine, qu'avez-vous &#224; dire aux dirigeants du Nord comme du Sud &#224; ce sujet ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je redirai ce qui a d&#233;j&#224; souvent &#233;t&#233; dit. On ne monte pas dans une pirogue comme le font les gens par milliers, pour y passer 8 nuits, en passant au ras de bateaux de p&#234;che qui ne les voient m&#234;me pas. Ils sont europ&#233;ens, japonais, cor&#233;ens, ces bateaux&#8230; On ne fait pas ce que font ces milliers de jeunes s'il y a une lumi&#232;re qui brille quelque part. Quand on part de cette fa&#231;on on se livre &#224; un acte de suicide, qu'on en ait conscience ou pas. C'est forc&#233;ment un acte de d&#233;sespoir, c'est quand tout est fini qu'on fait cela. Ces hommes et ces femmes &#8211; il y a de plus en plus de jeunes filles &#8211; partent parce que des promesses n'ont pas &#233;t&#233; tenues. Ces promesses d&#233;&#231;ues elles viennent avant tout des politiques nationales. Mais c'est aussi le fait de ceux qui ont pens&#233; que le d&#233;veloppement de l'Afrique devrait n&#233;cessairement passer par telle ou telle politique. Je pense &#233;videmment aux plans d'ajustement structurels qui ont &#233;t&#233; impos&#233;s &#224; des populations. C'est aux m&#232;res et aux p&#232;res de ces jeunes l&#224; que l'ajustement structurel a &#233;t&#233; impos&#233;. C'est parce que leur m&#232;res et leurs p&#232;res sont appauvris, parce qu'ils ne peuvent pas leur offrir des &#233;tudes qui leur permettent de trouver un travail, c'est &#224; cause de cet appauvrissement organis&#233; qu'aujourd'hui ces jeunes partent. Je crois que l'&#233;chec est clair, les responsabilit&#233;s sont claires aussi&#8230; Aussi bien dans le Nord que dans le Sud.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si on comprend que l'&#233;quilibre du monde ne se fera pas comme &#231;a, qu'on ne peut plus continuer de cette fa&#231;on, avec une partie du monde riche et l'autre pauvre, alors m&#234;me qu'en r&#233;alit&#233; elle est &#224; la source des grandes richesses (mini&#232;res etc&#8230; ). Si on ne comprend pas cela, il n'existera jamais un monde juste et &#233;quilibr&#233;, et donc jamais un monde de paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les ma&#238;tres mots de votre approche du travail cin&#233;matographique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une question tr&#232;s difficile&#8230; Je dirais que pour &#234;tre cin&#233;aste, il faut douter. Douter constamment, et que ce doute n'est possible que s'il y a aussi l'intime conviction de quelque chose qui existe et qu'on peut &#224; peine partager. Mon travail cherche &#224; exprimer cette conviction, et ce gr&#226;ce au doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Sophie Perrin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Chronique de Sophie</title>
		<link>https://clapnoir.org/la-chronique-de-sophie</link>
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		<dc:date>2007-12-16T01:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://clapnoir.org/-fespaco-ouagadougou-2007-">FESPACO - Ouagadougou, 2007</category>


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&lt;p&gt;Dimanche 25 f&#233;vrier &lt;br class='autobr' /&gt;
Lever de tr&#232;s bonne heure pour &#234;tre au cin&#233; Neerwaya pour la premi&#232;re projection du matin, et ma premi&#232;re projection de Fespaco. D&#232;s ces heures matinales, la chaleur est d&#233;j&#224; au rendez-vous, promettant de vous cueillir &#224; la sortie de la salle obscure. Dans la salle immense et presque vide &#224; cette heure indue pour la plupart des festivaliers qui profitent abondamment de la vie nocturne ouagalaise, la climatisation ma fait frissonner &#224; mesure que le temps passe. Je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://clapnoir.org/-fespaco-ouagadougou-2007-" rel="directory"&gt;FESPACO - Ouagadougou, 2007&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 25 f&#233;vrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lever de tr&#232;s bonne heure pour &#234;tre au cin&#233; Neerwaya pour la premi&#232;re projection du matin, et ma premi&#232;re projection de Fespaco. D&#232;s ces heures matinales, la chaleur est d&#233;j&#224; au rendez-vous, promettant de vous cueillir &#224; la sortie de la salle obscure. Dans la salle immense et presque vide &#224; cette heure indue pour la plupart des festivaliers qui profitent abondamment de la vie nocturne ouagalaise, la climatisation ma fait frissonner &#224; mesure que le temps passe. Je n'avais pas pr&#233;vu le froid ! Au g&#233;n&#233;rique de fin, je suis heureuse de renouer avec la chaleur et le soleil du dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, je m'oriente vers le CCF o&#249; je souhaite assister &#224; l'ouverture des conf&#233;rences du &#171; Cot&#233; Doc &#187;, un festival parall&#232;le organis&#233; par l'association Ecrans en collaboration avec Arte, qui assure la s&#233;lection documentaire du Fespaco. Toute la semaine, des conf&#233;rences en pr&#233;sence de r&#233;alisateurs, producteurs, diffuseurs ou critiques sont organis&#233;es autour du th&#232;me du documentaire. Les d&#233;bats sont int&#233;ressants, et ouverts &#224; tout public. Les participants sont invit&#233;s &#224; prendre la parole et peuvent poser directement leurs questions aux conf&#233;renciers. Le dispositif fonctionne bien, l'assistance est attentive et de nombreux participants prennent des notes en interviennent. Une formule qui fonctionne bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e suit son cours sans grande surprise, avec deux nouvelles projections en apr&#232;s-midi et fin de soir&#233;e. Cette fois le rythme de croisi&#232;re est trouv&#233;. Le soir chacun fait le bilan de ses visionnages de la journ&#233;e, avec force critiques et commentaires sur l'organisation et les conditions de projections, pas toujours id&#233;ales. Nous voil&#224; entr&#233;s de plain pied dans l'ambiance du Fespaco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 26 F&#233;vrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le festival est entr&#233; pour de bon dans son rythme de croisi&#232;re. Au fil des projections, les premiers &#233;chos filtrent sur les films en comp&#233;tition. La jeunesse de la ville a embrass&#233; la cadence impos&#233;e par les projections. Celles de 8h00 du matin n'attirent pas les foules ; le public augmente au fur et &#224; mesure de la journ&#233;e jusqu'&#224; atteindre des record d'affluence aux s&#233;ances de 20h30 et 22h30. Entre les s&#233;ances et aux heures de repas, les terrasses des lieux de projection ne d&#233;semplissent plus. Cons&#233;quence logique, les vendeurs ambulants se succ&#232;dent, cherchant &#224; &#233;couler au mieux leurs cartes t&#233;l&#233;phoniques et leurs mouchoirs en papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corps du festival &#233;parpille ses organes vitaux dans diff&#233;rents coins de la ville. Le si&#232;ge continue d'accueillir les all&#233;es et venues des nouveaux arrivants ; il est aussi un lieu de rencontre privil&#233;gi&#233; pour les rendez-vous professionnels. Au cin&#233; Burkina, au Neerwaya, au cin&#233; Oubri le soir, au CCF Georges M&#233;li&#232;s et au Cenasa, on assiste &#224; l'ensemble des projections des films en comp&#233;tition officielle. Le centre de presse abrite des conf&#233;rences et un cyber espace, et les journalistes de toutes nationalit&#233;s y viennent r&#233;guli&#232;rement en qu&#234;te d'informations ou d'une connexion Internet acceptable. Enfin, l'h&#244;tel Ind&#233;pendance accueille les r&#233;alisateurs en comp&#233;tition et les com&#233;diens principaux de leurs films. De nombreux journalistes et autres personnalit&#233;s du microcosme cin&#233;matographique africain s'y offrent aussi un s&#233;jour tout confort. Toute la journ&#233;e, le lieu est agit&#233; de va-et-vient. La presse se bouscule pour glaner autant d'interviews que possible, les amis et relations des personnalit&#233;s viennent leur rendre visite, enfin une masse de curieux vient se divertir au spectacle de cette agitation tr&#232;s &#171; select &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mon c&#244;t&#233;, je vis ma premi&#232;re grosse journ&#233;e de projections. Me voil&#224; confront&#233;e &#224; l'&#233;pineuse question du choix. Nous ne disposons que de peu d'informations pour s&#233;lectionner les films que nous voulons voir. La plupart des r&#233;alisateurs me sont inconnus, sans parler des com&#233;diens. Les synopsis des brochures officielles ne permettent pas vraiment de se faire une id&#233;e et rares sont les photos disponibles. On se fie donc aux titres et aux affiches, et selon la curiosit&#233; de chacun aux provenances des films. Par chance, les projections de presse organis&#233;es &#224; Paris avant mon d&#233;part limitent un peu le nombre des films qu'il me reste &#224; voir. Aujourd'hui mes choix n'ont pas &#233;t&#233; tr&#232;s heureux, et je commence &#224; me demander comment &#233;viter les d&#233;ceptions. Pas facile &#224; moins de se fier au bouche-&#224;-oreille, et encore ; Evidemment cela suppose d'attendre que d'autres aient assist&#233; aux projections et le temps risque de manquer. Il faut donc accepter le risque d'une intense frustration et les regrets en cas de choix malheureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apr&#232;s-midi, je me rends &#224; l'h&#244;tel Ind&#233;pendance o&#249; j'esp&#232;re faire l'interview de Dany Glover. Star incontest&#233;e du cin&#233;ma &#224; l'&#233;chelle mondiale, l'acteur en est &#224; se cinqui&#232;me visite au Fespaco. Il n'a rat&#233; aucune &#233;dition depuis 1999 et met un point d'honneur &#224; soutenir par sa pr&#233;sence cet hommage rendu au septi&#232;me art &#224; l'africaine. Je suis excit&#233;e et sous l'emprise d'un trac incroyable. Dans le hall de l'h&#244;tel se laisse aspirer de place en place, guettant son arriv&#233;e. Le temps passe en vain, et c'est un peu d&#233;pit&#233;e que je me r&#233;sous &#224; quitter l'h&#244;tel bredouille. Direction le cin&#233; Neerwaya o&#249; est projet&#233; ce soir Teranga Blues, en comp&#233;tition pour le S&#233;n&#233;gal. L'immense salle (1100 places assises) est archi comble &#224; cet horaire tr&#232;s pris&#233; de 20h30. Les derniers arriv&#233;s se disputent les quelques si&#232;ges libres diss&#233;min&#233;s aux quatre coins de la salle et Moussa SENE ABSA est d&#233;j&#224; en train de pr&#233;senter son film lorsque fait son entr&#233;e le fameux M. Glover, venu assister en toute simplicit&#233; et sans la moindre escorte &#224; un dernier film avant de s'en retourner aux Etats-Unis. Son arriv&#233;e ne semble provoquer aucun &#233;moi particulier, au point que je me demande si moi seule ai remarqu&#233; sa pr&#233;sence ! De l&#224; o&#249; je suis, il m'est impossible de me d&#233;placer, et les lumi&#232;res s'&#233;teignent au g&#233;n&#233;rique de d&#233;but alors que je me demande encore comment obtenir l'interview tant convoit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin du film. L'audience se rue &#224; l'ext&#233;rieur et me voil&#224; au milieu du bain de foule &#224; quelques m&#232;tres de mon objectif supr&#234;me de la journ&#233;e ! Je cherche l'aplomb de solliciter &#224; nouveau un court instant, essayant de choisir la formule la plus adapt&#233;e, quand le regard de Dany Glover se pose accidentellement sur moi. Dans une humilit&#233; qui le caract&#233;rise tout &#224; fait, le grand homme me reconna&#238;t et s'excuse de n'&#234;tre pas venu au rendez-vous qu'il m'avait fix&#233; plus t&#244;t. &#8220;Be at the hotel in 15-20 minutes, I'll see you downstairs !&#8221;. Je n'en crois pas mes oreilles. Le temps de traverser la cohue automobile &#224; la sortie de la salle, et me voil&#224; de nouveau en route pour l'Ind&#233;pendance, tout mon mat&#233;riel d'interview sorti et d&#233;j&#224; pr&#234;t &#224; l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une courte attente dans le hall d'entr&#233;e, je rencontre enfin cet homme d'une grande g&#233;n&#233;rosit&#233; qui m'accorde l'interview tant esp&#233;r&#233;e alors m&#234;me que l'heure de son d&#233;part pour l'a&#233;roport a sonn&#233;. D&#233;cid&#233;ment ce Fespaco me r&#233;serve bien des surprises !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une derni&#232;re projection et un rapide d&#238;ner, je rejoins tard et &#233;puis&#233;e ma chambre d'h&#244;tel. Cette semaine s'annonce riche autant qu'&#233;prouvante&#8230; Quels autres souvenirs improbables va-t-elle m'offrir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 27 F&#233;vrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;veil me tire d'un sommeil de plomb, car j'ai d&#233;cid&#233; d'assister &#224; une projection &#224; 8h00. Je mesure du fond de ma lourde fatigue l'avantage de loger en plein centre, pr&#232;s de tout et particuli&#232;rement du cin&#233; Burkina o&#249; je me rends pr&#233;cis&#233;ment. Les premiers gestes sont gauches. Je doute un instant d'avoir l'esprit assez alerte pour appr&#233;cier un film, si bon soit-il&#8230; Heureusement, l'engagement pris avec Laure, co-religionnaire de Clap Noir m'interdit de me poser trop longtemps la question. Je me ressaisis donc bien vite et suis pr&#234;te lorsqu'elle frappe &#224; ma porte. En route !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La salle est &#233;tonnamment remplie, compte-tenu de l'horaire matinal. C'est que les &#233;chos autour du film propos&#233; ont &#233;t&#233; bons &#224; l'issue de ses premi&#232;res pr&#233;sentations. Je mesure &#224; cette surprenante affluence l'impact g&#233;n&#233;ralis&#233; du bouche-&#224;-oreille. La journ&#233;e est ainsi lanc&#233;e et la fatigue d'autant plus vite oubli&#233;e que cette fois le film m'a procur&#233; un bon moment de cin&#233;ma. Je me surprend m&#234;me &#224; rester &#224; la projection suivante, me sentant finalement l'esprit tout &#224; fait dispos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la sortie de la salle le soleil au z&#233;nith me surprend, anesth&#233;si&#233;e que je suis par quatre heures d'obscurit&#233; et de climatisation forcen&#233;e. La chaleur de Ouagadougou en f&#233;vrier me semble chaque jour nouvelle, malgr&#233; une semaine d&#233;j&#224; pass&#233;e ici. Je r&#233;alise en me faisant cette r&#233;flexion que mon voyage est d&#233;j&#224; &#224; mi-parcours. Plus que jamais, je ressens l'envie de profiter de chaque instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous r&#233;unissons pour d&#233;jeuner dans le patio ombrag&#233; d'une petite auberge l&#233;g&#232;rement excentr&#233;e &#8211; Le Samaritain. L'&#233;quipe de Clap presque compl&#232;te vient chercher ici un peu de fra&#238;cheur et de calme pour &#233;changer toutes ses impressions, toutes ses anecdotes, tous ses commentaires. Il y palabre autour du plat de midi, et nous sommes tous pris d'un enthousiasme qui confine &#224; la fr&#233;n&#233;sie lorsque nous confrontons nos opinions sur les longs m&#233;trages en comp&#233;tition. Quelques films semblent faire l'unanimit&#233;, autant dans la cat&#233;gorie chef d'&#339;uvre que navet ! Les &#233;carts de qualit&#233; au sein de la s&#233;lection officielle nous laissent tous perplexes, au point que je me demande si certains films ont b&#233;n&#233;fici&#233; de passe-droits ou si le comit&#233; s'&#233;tait fix&#233; un nombre d'&#339;uvres &#224; atteindre co&#251;te que co&#251;te. Au fil des d&#233;bats, nous &#233;laborons vite nos premi&#232;res conjectures quant aux films que nous voyons en candidats s&#233;rieux &#224; l'&#233;talon. Je me sens entrer de plus en plus profond&#233;ment dans l'aspect comp&#233;titif du festival et je me laisse volontiers aller &#224; ce sentiment grisant. D&#233;j&#224; je me sens l'envie de d&#233;fendre mes poulains, et de les voir appr&#233;ci&#233;s et prim&#233;s. On croit toujours avoir raison en pareille situation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'ayant pas pr&#233;vu de projection avant les s&#233;ances du soir, je m'accorde une promenade&lt;br class='autobr' /&gt;
Au march&#233; o&#249; je souhaite acheter des coupons de tissus. C'est la premi&#232;re vir&#233;e de ce type depuis mon arriv&#233;e et elle est de courte dur&#233;e, mais il est fort plaisant de s'extraire un instant du cadre un peu ferm&#233; pour renouer avec la vie, la vraie, celle du dehors, &#224; ciel ouvert sous un soleil maintenant d&#233;clinant. Visage p&#226;le que je suis, j'attire &#224; l'&#233;vidence toutes les convoitises commer&#231;antes. J'avance de sollicitation en sollicitation, devenant &#224; chaque pas un peu plus dou&#233;e dans l'art d'&#233;vincer les rabatteurs sans me montrer d&#233;sagr&#233;able ; mais il faut savoir &#234;tre ferme sous peine de ne pas trouver de r&#233;pit. A la sortie de la premi&#232;re boutique, me voil&#224; prise en charge pas un jeune d&#233;sireux de gagner sa commission sur mes achats &#224; venir. Dans ses pas, je passe de boutique en boutique pendant une heure environ, avant de conclure un achat sans doute bien moindre que ce &#224; quoi il s'&#233;tait attendu. Je l'avais pourtant pr&#233;venu, mais que faire ? La couleur de ma peau crie ici bien plus fort que tous mes avertissements. D&#233;j&#224; fatigu&#233;e de cette exp&#233;rience du commerce local, je d&#233;cide de rentrer &#224; l'h&#244;tel m'isoler au calme pour travailler. L'envie d'arpenter les rues m'est bel et bien pass&#233;e pour l'instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir est arriv&#233;. Nouveau d&#233;part pour le Neerwaya. On projette un film sur lequel on ne tarit pas d'&#233;loge&#8230; mieux vaut arriver &#224; l'heure ! A la sortie de l'h&#244;tel, je siffle le premier taxi &#171; Cin&#233; Neerwaya, 300 ! OK &#187;. Une fois entr&#233;e je r&#233;alise que le chauffeur ne sais pas bien o&#249; il va. Nous demandons notre chemin &#224; un passant, il est d&#233;j&#224; 20h10 et la projection d&#233;bute &#224; 20h30. Pas toujours facile d'&#234;tre press&#233;e &#224; Ouagadougou. J'arrive en effet pour trouver deux longues files d'attente. Ce soir encore, le Neerwaya fera salle comble. EZRA, film nig&#233;rian de Newton Aduaka, attire les foules. C'est le petit ph&#233;nom&#232;ne du Fespaco. Un s&#233;rieux concurrent &#224; l'&#233;talon, sans doute le choix le plus unanime de la comp&#233;tition, mais pas le plus in&#233;dit formellement. Dans la salle archi comble un silence se fait &#224; l'extinction de la lumi&#232;re. Le sempiternel spot Coca-Cola diffus&#233; &#224; chaque s&#233;ance &#233;nerve encore. Cela s'est d&#233;j&#224; manifest&#233; sous la forme de hu&#233;es et sifflets lors de s&#233;ances pass&#233;es. Nouveau silence, le film d&#233;marre. L'ennui, pour une habitu&#233;e des salles obscures parisiennes comme moi, c'est que le silence au cin&#233;ma &#224; Ouagadougou n'est jamais qu'un &#233;tat passager ! Ici personne ne trouve qu'il soit contradictoire de r&#233;pondre au t&#233;l&#233;phone et m&#234;me d'entretenir toute une conversation t&#233;l&#233;phonique en pleine s&#233;ance de cin&#233;ma. Je crains d'alimenter le clich&#233; du blanc coinc&#233; si je fais un commentaire, je peste donc dans ma barbe et subis coups de fil apr&#232;s coup de fil&#8230; C'est le cin&#233;ma &#224; la sauce locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la s&#233;ance nous filons &#224; &#171; la For&#234;t &#187;, un restaurant chic et branch&#233; o&#249; &#233;trangers et jeunesse ouagalaise privil&#233;gi&#233;e viennent d&#233;guster de d&#233;licieuses brochettes de b&#339;uf au bord d'une piscine. Un moment charmant qui se paie, tout ici se paie bien au-del&#224; du prix moyen. Quand nous quittons le restaurant, nous cherchons en vain un taxi en avan&#231;ant pour ne pas perdre plus de temps que n&#233;cessaire et r&#233;duire si possible les tractations au moment de n&#233;gocier la course. A cette heure tardive, les rues de Ouagadougou sont d&#233;sertes, la circulation a cess&#233; depuis belle lurette. Un taxi nous prend enfin en charge et nous d&#233;pose au Calypso, un rep&#232;re d'oiseaux de nuit o&#249; on mange &#224; 3h00 du matin dans une cour &#233;clair&#233;e. L'int&#233;rieur est une petite discoth&#232;que surpeupl&#233;e. Les lieux sont agit&#233;s d'all&#233;es et venues permanentes entre l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur, la fournaise et la fra&#238;cheur. La temp&#233;rature est encore &#233;chauff&#233;e par la pr&#233;sence en grand nombre de jeunes femmes en tenues plus que suggestives, cherchant la compagnie des hommes blancs de pr&#233;f&#233;rence ou du moins affichant des signes ext&#233;rieurs de richesse. Elle composent une proportion importante de la &#171; client&#232;le &#187; du lieu, et je me sens assez mal &#224; l'aise d'assister au spectacle de leurs travaux d'approche syst&#233;matiques. Je r&#233;alise comme certaines pratiques ouvertement affich&#233;es ici sont scrupuleusement gard&#233;es dans le domaine de l'invisible &#224; Paris, en tous cas dans la plupart des lieux de sortie conventionnels. Paradoxe d'une soci&#233;t&#233; pourtant cens&#233;e aborder les questions li&#233;es &#224; la sexualit&#233; avec plus de pudeur et de retenue que la n&#244;tre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir un peu profit&#233; de la fra&#238;cheur de ce petit patio pour prendre ce dernier verre ensemble et sceller ainsi notre premi&#232;re sortie commune entre &#171; clapistes &#187;, nous nous en retournons vers nos h&#233;bergements respectifs. De retour &#224; l'h&#244;tel vers 3h45, je me mets &#224; &#233;crire pour &#233;vacuer toutes ces nouvelles images du jour. A 4h30, je r&#233;alise en entendant pour la premi&#232;re fois le chant du muezzin qu'il est grand temps de &#171; rendre l'antenne &#187;, selon l'expression consacr&#233;e des festivaliers du Fespaco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 28 f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui est consacr&#233; &#224; l'&#233;criture et &#224; la p&#234;che aux interviews. Le temps a d&#233;j&#224; pass&#233; depuis le d&#233;but du festival et l'agitation est en constante ascension. Chacun commence &#224; se soucier &#224; l'id&#233;e de ne pas avoir fait &#224; la fin de la semaine ce qu'il s'&#233;tait fix&#233;. A l'Ind&#233;pendance, les journalistes envahissent litt&#233;ralement le hall qui ne d&#233;semplit plus. Les files d'attente sont de plus en plus longues aux s&#233;ances de cin&#233;ma, et on y refuse de plus en plus de monde, faute de capacit&#233; d'accueil face &#224; une affluence d&#233;lirante. Les premiers pronostics se confirment d&#233;j&#224;, au fil des projections. Le palmar&#232;s commence &#224; se laisser deviner, m&#234;me si rien n'est acquis d'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu partout sur le festival on entend parler d'une soir&#233;e qui excite les festivaliers. Il s'agit d'une r&#233;ception chez Fanta R&#233;gina Nacro, coutumi&#232;re du fait, qui organise &#224; chaque &#233;dition une r&#233;ception o&#249; se regroupe tout le gratin du Fespaco. Malheureusement &#224; l'heure dite le rythme et la cadence du festival ont d&#233;j&#224; eu raison de moi et je me suis endormie dans ma chambre d'h&#244;tel. C'est un m&#233;tier que le show business, et il demande de l'&#233;nergie ! Rat&#233; pour cette fois, je serai sans doute plus endurante &#224; la prochaine &#233;dition. En me r&#233;veillant dans ma chambre d'h&#244;tel &#224; deux heures du matin pass&#233;es, je fais le deuil de cette occasion de rencontrer en un seul lieu les acteurs majeurs du cin&#233;ma Africain&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands rendez-vous du Fespaco ne figurent pas tous dans le programme officiel !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 1&#176; Mars&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin est r&#233;serv&#233; &#224; une interview tr&#232;s attendue avec Abderrahmane Sissako. R&#233;alisateur le plus convoit&#233; du festival, il a accept&#233; de nous accorder un moment malgr&#233; son planning tr&#232;s charg&#233;. Lui aussi commence &#224; accuser le coup, rien d'&#233;tonnant compte tenu des maintes sollicitations dont il est l'objet. Tous les r&#233;alisateurs pr&#233;sents prennent d'ailleurs tr&#232;s &#224; c&#339;ur leur mission de repr&#233;sentation, et les jours passant la fatigue commence &#224; se lire sur tous les visages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement le taxi qui doit nous emmener &#224; l'h&#244;tel Ind&#233;pendance est un peu &#233;gar&#233;, et nous tournons un moment avant d'atteindre enfin la destination de notre course. En retard&#8230; Ben nous attend d&#233;j&#224; sur place ; il a vu passer et repasser A. Sissako et nous craignons fort d'avoir rat&#233; notre chance. D&#233;termin&#233;s, nous restons tout de m&#234;me dans les parages en esp&#233;rant obtenir m&#234;me tardivement cette interview qui r&#233;pondrait &#224; tant de questions que nous nous sommes pos&#233;es face &#224; son film, et qu'on nous a &#233;galement pos&#233;es lors des projections organis&#233;es par Clap Noir. Quel bonheur que de pouvoir questionner le cr&#233;ateur d'un film en personne sur ses intentions, de mettre un terme aux conjectures et de leur substituer des r&#233;ponses !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin l'homme repara&#238;t, nous nous lan&#231;ons comme un seul homme dans sa direction, arm&#233;s de micros et appareils photos. Mais il est effectivement trop tard, A. Sissako est attendu et il n'a plus assez de temps pour nous accorder une interview digne de ce nom. Alors que je me pr&#233;pare d&#233;j&#224; &#224; devoir renoncer purement et simplement &#224; cet &#233;change qui me tenait tant &#224; c&#339;ur, voil&#224; qu'il nous fixe un dernier rendez-vous pour samedi. All&#233;luia ! Je suis au comble du bonheur, la prochaine fois, je ne laisserai aucun taxi ou autre incident de parcours m'emp&#234;cher de r&#233;aliser cette interview.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes tous repos&#233;s hier, aucun d'entre nous n'ayant trouv&#233; l'&#233;nergie de prendre part aux festivit&#233;s chez Fanta R&#233;gina Nacro. Ce soir en revanche, nous d&#233;cidons de nous pr&#234;ter au jeu des mondanit&#233;s (tr&#232;s bon enfant) du festival en &#233;tant pr&#233;sents au Bal de la Guilde &#8211; la Guilde des R&#233;alisateurs Africains- qui se tient au Carrefour International du Th&#233;&#226;tre de Ouagadougou, un petit lieu plein de bonnes vibrations o&#249; j'avais d&#233;j&#224; assist&#233; &#224; une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre avant le d&#233;but du festival. Nous arrivons &#224; une heure un peu avanc&#233;e, pensant trouver la f&#234;te &#224; son apog&#233;e&#8230; c'est plut&#244;t le contraire qui se produit. Le lieu a d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; se vider et la musique ne semble pas vraiment faire vibrer la foule. Rapidement, la soir&#233;e touche &#224; sa fin, nous laissant un peu sur notre faim, &#224; nous. Encore une courte nuit et nous entrerons dans les 48 heures les plus effr&#233;n&#233;es de la semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 2 Mars&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui est le jour des choix les plus cruciaux, car en dehors des films prim&#233;s qui seront projet&#233;s demain, c'est la derni&#232;re chance pour les festivaliers d'assister aux projections qui les int&#233;ressent. Tous sont donc &#224; pied d'&#339;uvre d&#232;s le matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mon c&#244;t&#233;, je choisis d'assister &#224; une matin&#233;e de conf&#233;rence du &#171; C&#244;t&#233; Doc &#187;, un festival d&#233;di&#233; au documentaire organis&#233; par l'association &#171; Ecrans &#187;, en partenariat avec Arte. Tous les jours au CCF, le &#171; C&#244;t&#233; Doc &#187; a organis&#233; des rencontres avec des professionnels du documentaire, qu'ils soient auteurs, producteurs, critiques&#8230; Les d&#233;bats s'accompagnent aussi de projections, certains des films ont d'ailleurs fait grand bruit sur le festival, malgr&#233; la primaut&#233; laiss&#233;e &#224; la fiction. Aujourd'hui le th&#232;me de la conf&#233;rence est l'&#233;criture documentaire. D&#232;s 10 heures, et malgr&#233; les mines un peu endormies, les participants commencent &#224; affluer. Le d&#233;bat s'engage dans une salle encore clairsem&#233;e, mais rapidement les rang&#233;es de si&#232;ges se remplissent et les questions de l'auditoire commencent &#224; fuser. L'&#233;change est tr&#232;s int&#233;ressant, les intervenants &#233;coutent et r&#233;pondent avec une grande disponibilit&#233; et sans fausse pudeur aux nombreuses questions qui leur sont pos&#233;es par un auditoire de tous &#226;ges et tous horizons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; l'h&#244;tel dans l'apr&#232;s-midi, nous faisons un point sur les activit&#233;s de chacun et les derni&#232;res projections. Les convictions sont de plus en plus fortes quant aux films qui devraient &#234;tre prim&#233;s. N'ayant pas assist&#233; aux m&#234;mes projections aux m&#234;mes moments, chacun attend de pouvoir &#233;changer avec les autres ses opinions sur les films qui l'ont touch&#233;, interpell&#233;, d&#233;&#231;u&#8230; D&#233;cid&#233;ment le d&#233;bat fait rage. Alors que certains ont ador&#233; un film, d'autres se moquent de les entendre en faire l'&#233;loge. Les arguments pour et contre fusent dans une discussion qui pourrait &#234;tre sans fin. Nous partageons nos meilleurs moments dans ces d&#233;bats de critiques, et y trouvons aussi toujours l'occasion de relativiser nos points de vue. L'&#233;change est d'autant plus int&#233;ressant que nous avons au sein de la r&#233;daction des profils tr&#232;s divers, laissant pr&#233;sager des diff&#233;rences d'appr&#233;ciation des films par le public, &#233;galement tr&#232;s h&#233;t&#233;roclite. Le suspense est &#224; son comble, d'autant que le palmar&#232;s est pour demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apr&#232;s-midi seront d&#233;j&#224; remis la cohorte de prix sp&#233;ciaux, r&#233;compensant des films selon des crit&#232;res vari&#233;s et parfois obscurs. Il existe une trentaine de prix d&#233;cern&#233;s par toutes sortes d'organisations, en marge du palmar&#232;s officiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous s&#233;parons en fin de journ&#233;e pour vaquer encore &#224; nos occupations et assister aux toutes derni&#232;res projections, puis nous retrouvons de nouveau dans la soir&#233;e. Rendez-vous au &#171; Kunde &#187;, un maquis populaire de la jeunesse ouagalaise o&#249; on mange et boit en plein air au son des derni&#232;res nouveaut&#233;s de la vari&#233;t&#233; africaine &#224; la mode. Le lieu est extr&#234;mement fr&#233;quent&#233; et la f&#234;te y bat son plein, jusqu'&#224; ce qu'un accrochage entre jeunes alcoolis&#233;s ne mette un terme soudain &#224; la soir&#233;e. Il ne nous reste donc plus qu'&#224; rejoindre nos p&#233;nates avant le bouquet final de la c&#233;r&#233;monie de cl&#244;ture et du palmar&#232;s, demain. Je me couche et m'endors dans l'excitation des veilles de grand jour. Je me sens &#224; la fois au comble de l'excitation, et un d&#233;j&#224; un peu nostalgique &#224; l'id&#233;e que cette grande f&#234;te du cin&#233;ma touche d&#233;j&#224; &#224; sa fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 3 Mars&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous y voil&#224;. Rien n'occupe les esprits en ce samedi plus que l'attente du palmar&#232;s. C&#244;t&#233; r&#233;daction, on s'agite &#224; essayer de terminer le plus grand nombre de mises en ligne possible avant le d&#233;but de la c&#233;r&#233;monie. De nouveau celle-ci se tient au stade, en grand apparat. De nouveau les consignes sont claires, il faut arriver t&#244;t et montrer patte blanche pour acc&#233;der &#224; la tribune des officiels. Quelques couacs dans l'organisation viennent encore entraver le bon d&#233;roulement de la c&#233;r&#233;monie. Certains invit&#233;s ont &#233;t&#233; contraints de reprendre l'avion avant l'annonce des r&#233;sultats. Parmi eux des artistes dont on s'attend &#224; ce qu'ils re&#231;oivent une r&#233;compense d&#233;plorent de ne pouvoir assister &#224; la remise des prix, mais les r&#233;servations ont &#233;t&#233; faites et rien ne changera, en d&#233;pit de la logique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La c&#233;r&#233;monie d&#233;bute au stade alors que je suis encore affair&#233;e &#224; mes travaux d'&#233;criture. A l'h&#244;tel toute l'&#233;quipe du personnel est riv&#233;e devant la t&#233;l&#233;vision, commentant abondamment le contenu du spectacle et chantant en c&#339;ur avec les artistes burkinab&#233;s. Alors que l'obscurit&#233; s'installe dans le patio o&#249; je tente de continuer &#224; travailler malgr&#233; tout, des cris attirent mon attention et je cours rejoindre tout le monde devant le t&#233;l&#233;viseur suspendu. Le palmar&#232;s va commencer !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'excitation est g&#233;n&#233;rale, un silence s'installe et une forme de nervosit&#233; m&#234;l&#233;e d'enthousiasme envahit la salle. Le protocole d&#233;marre, avec pr&#233;sentation et intervention des notables convi&#233;s &#224; l'&#233;v&#233;nement. Encore une fois le spectacle tra&#238;ne en longueur, mais enfin les premi&#232;res r&#233;compenses tombent. La grande surprise vient d'un film alg&#233;rien, &#171; Barakat &#187;, qui rafle trois prix dont meilleure premi&#232;re &#339;uvre et meilleur sc&#233;nario. Ce film m'avait totalement &#233;chapp&#233;, et nous sommes nombreux &#224; n'avoir pas du tout envisag&#233; de le voir ainsi r&#233;compens&#233;. La r&#233;alisatrice elle-m&#234;me semble &#233;tonn&#233;e de l'accueil triomphal qui a &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; &#224; son film. Une vingtaine de prix sont d&#233;cern&#233;s (le palmar&#232;s est enti&#232;rement consultable en ligne sur le site) dont trois &#233;talons, le prix du meilleur montage, de la meilleure musique, des meilleurs interpr&#232;tes, du meilleur d&#233;cor, du meilleur son&#8230; L'&#233;talon d'argent est celui qui surprend le plus. R&#233;compensant un film &#224; l'originalit&#233; incontestable, il entend valoriser la prise de risque d'un cr&#233;ateur camerounais d&#233;cal&#233; et engag&#233;, Jean-Pierre Bekolo. Les r&#233;actions suscit&#233;es par ce film &#233;taient loin de faire l'unanimit&#233;, on peut dire quant &#224; ce choix que le jury n'a pas fait dans la d&#233;magogie. L'&#233;talon de bronze va &#224; Darrat, film qui faisait parler de lui depuis le d&#233;but de la comp&#233;tition, et l'&#233;talon d'or &#224; Ezra, premier long-m&#233;trage du Nig&#233;rian Newton Aduaka, pl&#233;biscit&#233; par l'ensemble de la presse et des spectateurs. Un prix m&#233;rit&#233; mais sans surprise, donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ! La c&#233;r&#233;monie s'ach&#232;ve sur un petit go&#251;t amer : le d&#233;part et le retour en France sont maintenant tout proches, il nous faut songer &#224; refaire nos valises. Dans la soir&#233;e nous faisons ensemble le bilan de nos impressions&#8230; et nous commen&#231;ons &#224; r&#234;ver &#224; l'&#233;dition 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie Perrin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Teranga blues - Critique</title>
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		<dc:date>2007-12-16T01:35:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://clapnoir.org/-fespaco-ouagadougou-2007-">FESPACO - Ouagadougou, 2007</category>


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&lt;p&gt;Moussa Sene Absa R&#233;alisateur s&#233;n&#233;galais &lt;br class='autobr' /&gt; Teranga blues nous raconte l'histoire de Madick&#233; Diop, aka Dick, expuls&#233; de France, qui se retrouve contraint de se refaire une place &#224; Dakar apr&#232;s plusieurs ann&#233;es d'absence. Sans le sou et d&#233;sireux de cacher son &#233;chec &#224; ses proches, il va entrer un peu malgr&#233; lui dans des intrigues qui le d&#233;passent&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
S&#233;lectionn&#233; dans la comp&#233;tition officielle en long-m&#233;trage de fiction, Teranga Blues a d&#233;&#231;u un public pourtant impatient de le d&#233;couvrir. Alors (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;p&gt;Moussa Sene Absa&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;alisateur s&#233;n&#233;galais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR&gt;
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&lt;BR&gt;
Teranga blues nous raconte l'histoire de Madick&#233; Diop, aka Dick, expuls&#233; de France, qui se retrouve contraint de se refaire une place &#224; Dakar apr&#232;s plusieurs ann&#233;es d'absence. Sans le sou et d&#233;sireux de cacher son &#233;chec &#224; ses proches, il va entrer un peu malgr&#233; lui dans des intrigues qui le d&#233;passent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;lectionn&#233; dans la comp&#233;tition officielle en long-m&#233;trage de fiction, Teranga Blues a d&#233;&#231;u un public pourtant impatient de le d&#233;couvrir. Alors que les pr&#233;c&#233;dents films de Moussa SENE ABSA, dont &#171; Tableau Ferraille &#187; et &#171; Madame Brouette &#187;, avaient s&#233;duit public et professionnels du cin&#233;ma, le r&#233;alisateur nous livre ici un long m&#233;trage qui ne r&#233;pond pas aux attentes qu'il suscite, et ce de nombreux points de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, c'est le sc&#233;nario qui pr&#233;sente de nombreuses faiblesses : s'il est vrai que l'id&#233;e de d&#233;part pouvait donner un film non seulement int&#233;ressant mais de plus utile et engag&#233;, le r&#233;sultat est une succession plut&#244;t grossi&#232;re de rebondissements pour le moins invraisemblables. Dick, novice d&#233;barqu&#233; accidentellement dans le milieu de la p&#232;gre, se voit imm&#233;diatement confier de lourdes responsabilit&#233;s dans une affaire de trafic d'armes &#224; grande &#233;chelle en vue de la pr&#233;paration d'un coup d'&#233;tat ; rien de moins ! Une fois fait l'effort d'accepter cette situation de d&#233;part, le spectateur est sans cesse frapp&#233; par une s&#233;rie d'incongruit&#233;s qui composent le cours du r&#233;cit, jusqu'au d&#233;nouement dans une apoth&#233;ose de violence qui rappelle un film de s&#233;rie B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Servi par un casting d'o&#249; seule la com&#233;dienne Juliette Ba tire son &#233;pingle du jeu, constell&#233; de clich&#233;s et de d&#233;tails ultra kitsch, Teranga Blues imite sans succ&#232;s le registre du film noir &#224; l'am&#233;ricaine : atmosph&#232;re underground tendance d&#233;cadente (alcool et bo&#238;tes de nuit &#224; Gogo), armes &#224; feu, blousons de cuir, gros billets, sc&#232;nes de bagarre&#8230; Tout y est, l'ennui c'est que pourtant rien ne fonctionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aimerait entrer dans l'int&#233;riorit&#233; d'un personnage tiraill&#233; entre des d&#233;sirs contradictoires : ambitions artistiques et n&#233;cessit&#233; de soutenir financi&#232;rement les siens, amour de sa famille et entretien du mensonge, envie de vivre son amour pour la jolie Rama et impossibilit&#233; de partager une relation d'honn&#234;tet&#233;&#8230; Dick et ses tourments ne parviennent jamais vraiment &#224; prendre corps, frustrant le spectateur des &#233;motions qui pourraient et devraient accompagner le r&#233;cit. A une approche bas&#233;e sur l'int&#233;riorit&#233; et la psychologie du personnage, l'auteur a pr&#233;f&#233;r&#233; donner dans l'intrigue mafieuse, dressant le portrait de petits gangsters de pacotille en qu&#234;te de promotion sociale et autres crapules politiques d&#233;nu&#233;es de cr&#233;dibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un film insatisfaisant dans sa forme qui passe compl&#232;tement &#224; c&#244;t&#233; de son sujet&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie Perrin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://clapnoir.org/teranga-blues' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lire la fiche du film&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.clapnoir.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.clapnoir.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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