<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel>
	<title>CLAP NOIR : cin&#233;mas et audiovisuels Africains</title>
	<link>https://www.clapnoir.org/</link>
	<description>&lt;p&gt;Clap Noir, le site des cin&#233;mas d'Afrique&lt;/p&gt;</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	



	<item>
		<title>Hommage du professeur Alfa &#224; Jean Rouch</title>
		<link>https://clapnoir.org/hommage-du-professeur-alfa-a-jean-rouch</link>
		<guid isPermaLink="true">https://clapnoir.org/hommage-du-professeur-alfa-a-jean-rouch</guid>
		<dc:date>2008-04-02T08:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://clapnoir.org/-rubrique4-">2005</category>


		<description>
&lt;p&gt;A Niamey, le 17 f&#233;vrier au Centre d'Etudes Linguistiques et Historique par la Tradition Orale (CELHTO-UA) et le 20 f&#233;vrier 2005 au Centre Culturel Franco Nig&#233;rien, hommage a &#233;t&#233; rendu respectivement &#224; deux amis, Alfa Ibrahim Sow, linguiste et &#233;crivain guin&#233;en et Jean Rouch, anthropologue et cin&#233;aste fran&#231;ais. Le Centre Culturel Franco Nig&#233;rien portera le nom de Jean Rouch, la salle de conf&#233;rence du CELTHO a &#233;t&#233; baptis&#233;e Alfa Ibrahim Sow. &lt;br class='autobr' /&gt; Jean Rouch est d&#233;c&#233;d&#233; le 20 f&#233;vrier 2004 &#224; quelques (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://clapnoir.org/-rubrique4-" rel="directory"&gt;2005&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A Niamey, le 17 f&#233;vrier au Centre d'Etudes Linguistiques et Historique par la Tradition Orale (CELHTO-UA) et le 20 f&#233;vrier 2005 au Centre Culturel Franco Nig&#233;rien, hommage a &#233;t&#233; rendu respectivement &#224; deux amis, Alfa Ibrahim Sow, linguiste et &#233;crivain guin&#233;en et Jean Rouch, anthropologue et cin&#233;aste fran&#231;ais. Le Centre Culturel Franco Nig&#233;rien portera le nom de Jean Rouch, la salle de conf&#233;rence du CELTHO a &#233;t&#233; baptis&#233;e Alfa Ibrahim Sow.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jean Rouch est d&#233;c&#233;d&#233; le 20 f&#233;vrier 2004 &#224; quelques centaines de km de Niamey au Niger, Alfa Ibrahim Sow le 21 janvier 2005 &#224; Conakry en Guin&#233;e alors qu'il &#233;tait attendu &#224; la c&#233;l&#233;bration du soixanti&#232;me anniversaire de la cr&#233;ation de l'Institut de Recherches en Sciences Humaines de Niamey pour animer une s&#233;rie de conf&#233;rences en compagnie de coll&#232;ges et amis dont Cheikh Hamidou Kane, Joseph Ki-Zerbo, Diould&#233; Laya, Djibril Tamsir Niane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; l'amabilit&#233; de son destinataire, Mangone Niang, directeur du CELHTO-UA, Clap Noir publie cette correspondance du professeur Alfa I. Sow dat&#233;e de jour m&#234;me de la disparition de son &#171; fr&#232;re &#187;. Les deux p&#233;dagogues avaient en partage bien de lieux, d'affinit&#233;s et des amis.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; Original Message -----&lt;br class='autobr' /&gt;
From : &lt;br class='autobr' /&gt;
To : &#034;Mangone NIANG&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sent : Friday, February 20, 2004 4:52 PM&lt;br class='autobr' /&gt;
Subject : Mon fr&#232;re Jean, h&#233;las !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Rouch n'est pas un aventurier. C'est un homme de science. Jean Rouch n'est ni un colonialiste ni un paternaliste...C'est un r&#233;sistant. Il fait partie de ceux qu'on croit toujours en vie quelque part vers Karma, Boubon ou Bandiagara. En compagnie de Boubou Hama, Hampat&#233; Ba, Germaine ou Marcel, parmi les vieux du Komablon, ... ou devisant en pirogue avec Idrissa, ou avec Jane &#034;en cage avec Lumumba&#034;, ou dinant de brochettes et de frites &#224; l'Ermitage. Cin&#233;mateur infatigable, il forme des jeunes, discute avec des professionnels, fait&lt;br class='autobr' /&gt;
flotter une deux chevaux sur le Niger en compagnie de Lam et Damour&#233;, que sais-je encore ? Jean, c'est l'&#233;ternel sourire nig&#233;rien, chaleureux ou narquois qui nous donne le ton de la journ&#233;e commenc&#233;e par le matin au caf&#233; de la Croix Rouge, avec le pain de chez Pauline !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;faut d'obs&#232;ques, il faut que nous lui fassions une c&#233;r&#233;monie d'hommage, au pied du Baobab de l'amiti&#233;, &#224; l'esplanade des deux Centres qui lui doivent tant. Une c&#233;r&#233;monie simple, culturelle, surtout et avant tout songhay,&lt;br class='autobr' /&gt;
dogon, enfin africaine et universelle. A laquelle nous associerons quelques chers disparus. C'est Jean qui nous a fait construire le Crdto-Celhto d&#233;di&#233; &#224; Boubou Hama et &#224; sa passion pour l'histoire et la tradition orale. C'est heureux que l'UA ait &#233;largi la mission du Centre de Niamey en le rendant encore plus ouvert aux essais culturels de la modernit&#233; africaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Institue un Comit&#233; pr&#233;paratoire d'une c&#233;r&#233;monie d'hommage, avec Diouf,Agn&#232;s, Th&#233;r&#232;se, Boub&#233;, Jean-Pierre, Idrissa, Djingarey, B&#233;b&#233; Chocolat, Safy Faye, etc., etc. Que ce soit une rencontre internationale d'intellos, d'artistes, de chasseurs, de sorko, etc. Autour du Centre et pour son rayonnement, avec l'apport particulier de AOK et d'amis d'Afrique, de France, d'Europe, des Am&#233;riques, et d'Asie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous investirons pleinement pour sa r&#233;ussite, car nous prendrons bien la r&#233;cr&#233;ation que n&#233;cessitera cette recr&#233;ation.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'h&#233;site pas, Grand-bi.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ce qu'il faut faire pour nous redonner vie et lancer le Centre dans sa nouvelle mission. Tu as toute ma confiance. Avec mes amiti&#233;s et tout mon d&#233;vouement &#224; cette oeuvre colossale dont tu voudras bien te charger pour nous tous. ALFA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Baptiste Dossou-Yovo &lt;br class='autobr' /&gt;
Clap Noir F&#233;vrier 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Etalon et poulains pour le Fespaco 2005</title>
		<link>https://clapnoir.org/etalon-et-poulains-pour-le-fespaco-2005</link>
		<guid isPermaLink="true">https://clapnoir.org/etalon-et-poulains-pour-le-fespaco-2005</guid>
		<dc:date>2007-06-10T09:14:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://clapnoir.org/-rubrique4-">2005</category>


		<description>
&lt;p&gt;C'est bient&#244;t le Fespaco 2005. Cette grande messe du cin&#233;ma africain conna&#238;tra quelques innovations. L'Etalon de Yennenga ne sera plus le seul troph&#233;e qui sera offert. Les poulains font leurs entr&#233;es sur la sc&#232;ne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le grand prix r&#233;compensera le meilleur long m&#233;trage. Ce ne sera plus l'&#233;talon qui sera offert, mais l'Etalon d'or de Yennenga, avec une enveloppe de dix millions de francs CFA. Le second prix sera l'Etalon d'argent avec un montant de cinq millions et enfin le troisi&#232;me meilleur (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://clapnoir.org/-rubrique4-" rel="directory"&gt;2005&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est bient&#244;t le Fespaco 2005. Cette grande messe du cin&#233;ma africain conna&#238;tra quelques innovations. L'Etalon de Yennenga ne sera plus le seul troph&#233;e qui sera offert. Les poulains font leurs entr&#233;es sur la sc&#232;ne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;BR&gt; &lt;BR&gt; &lt;BR&gt; &lt;BR&gt; &lt;BR&gt; &lt;BR&gt; &lt;BR&gt; &lt;BR&gt; &lt;BR&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand prix r&#233;compensera le meilleur long m&#233;trage. Ce ne sera plus l'&#233;talon qui sera offert, mais l'Etalon d'or de Yennenga, avec une enveloppe de dix millions de francs CFA. Le second prix sera l'Etalon d'argent avec un montant de cinq millions et enfin le troisi&#232;me meilleur film recevra l'Etalon de bronze dot&#233; de deux millions de francs CFA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Poulains d'or, d'argent et de bronze (avec comme dotation, trois, deux et un million de francs CFA) r&#233;compenseront les meilleurs courts m&#233;trages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une interview qu'il a accord&#233; &#224; Sita Tarbadgo du Sidwaya (le 31 d&#233;cembre 2004), le D&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral du Fespaco, Baba Hama dit que &#171; &lt;i&gt;ces innovations qui viennent s'ajouter aux autres prix du festival visent &#224; donner plus de visibilit&#233; dans le palmar&#232;s officiel aux &#339;uvres en comp&#233;tition qui le m&#233;ritent&lt;/i&gt; &#187;. Il ajoute aussi que &#171; &lt;i&gt;dor&#233;navant, tous les prix du palmar&#232;s officiel seront dot&#233;s d'un troph&#233;e qui sera une repr&#233;sentation du monument de la Place des cin&#233;astes. Les &#233;talons ne changeront pas. Les poulains, eux, seront des &#233;talons mais sans la princesse Yennenga&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que le 26&#232;me Fespaco se d&#233;roulera &#224; Ouagadougou, du 26 f&#233;vrier au 05 mars autours du th&#232;me &#171; &lt;i&gt;Formation et enjeux de la professionnalisation&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site web du festival : &lt;a href=&#034;http://www.fespaco.bf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.fespaco.bf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Candide Etienne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Les noirs aussi ont v&#233;cu la d&#233;portation</title>
		<link>https://clapnoir.org/les-noirs-aussi-ont-vecu-la-deportation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://clapnoir.org/les-noirs-aussi-ont-vecu-la-deportation</guid>
		<dc:date>2007-01-10T17:39:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://clapnoir.org/-rubrique4-">2005</category>


		<description>
&lt;p&gt;Moi ce que je pense, c'est que l'histoire est toujours &#233;crite par le vainqueur, et le vainqueur ne s'int&#233;resse qu'&#224; sa propre souffrance, pas &#224; celle des autres. Il nous appartient donc, &#224; nous, Africains et Antillais, de prendre les choses &#224; bras le corps et de r&#233;tablir les faits. &lt;br class='autobr' /&gt; Serge Bil&#233;, journaliste &#224; Radio France d'Outre mer (RFO) pr&#233;sente son film au public fran&#231;ais. Ce film traite de la d&#233;portation des noirs dans les camps nazis. A travers cette production, c'est un pan m&#233;connu (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://clapnoir.org/-rubrique4-" rel="directory"&gt;2005&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Moi ce que je pense, c'est que l'histoire est toujours &#233;crite par le vainqueur, et le vainqueur ne s'int&#233;resse qu'&#224; sa propre souffrance, pas &#224; celle des autres. Il nous appartient donc, &#224; nous, Africains et Antillais, de prendre les choses &#224; bras le corps et de r&#233;tablir les faits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Serge Bil&#233;, journaliste &#224; Radio France d'Outre mer (RFO) pr&#233;sente son film au public fran&#231;ais. Ce film traite de la d&#233;portation des noirs dans les camps nazis. A travers cette production, c'est un pan m&#233;connu de l'histoire que nous d&#233;couvrons. Les livres d'histoires et les films n'ont presque jamais parl&#233; de la pr&#233;sence des noirs dans les camps nazis. Serge Bil&#233;, depuis 1994, s'efforce d'aller &#224; la recherche de ceux qui en ont &#233;t&#233; victimes, en C&#244;te d'Ivoire, au S&#233;n&#233;gal, aux Antilles et ailleurs. Dans un entretien qu'il a accord&#233; &#224; Cit&#233; Black, Serge Bil&#233; donne les raisons de cette soif de v&#233;rit&#233; sur la d&#233;portation des noirs qui l'ont conduit &#224; r&#233;aliser le film &#171; NOIRS DANS LES CAMPS NAZIS &#187;. Ce film sera sur les &#233;crans &#224; partir du 13 avril 2005, en province, banlieue et dans une salle unique &#224; Paris : au cin&#233;ma IMAGES D'AILLEURS, 21 rue de la Clef, 75005 PARIS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.clapnoir.org/img/films/serge_bile.jpg&#034;&gt;&lt;br&gt;
Serge Bil&#233;, journaliste et r&#233;alisateur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment vous &#234;tes-vous int&#233;ress&#233;s au th&#232;me des noirs dans les camps nazis ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e m'est venue en 1994 apr&#232;s avoir vu en Martinique un reportage &#224; la t&#233;l&#233;vision sur le chanteur John William. C'est quelqu'un que j'avais vu en concert de nombreuses fois quand j'&#233;tais &#233;tudiant mais j'ignorais qu'il avait &#233;t&#233; d&#233;port&#233;. Je l'ai appris ce jour-l&#224; &#224; travers ce reportage. Et l&#224; &#231;a a &#233;t&#233; un choc, un choc d'autant plus grand que John William est originaire comme moi de la C&#244;te d'Ivoire, qu'il a quitt&#233; comme moi dans son plus jeune &#226;ge. Et en m&#234;me temps que je d&#233;couvrais cela, j'ai re&#231;u un jour sur le plateau du journal t&#233;l&#233;vis&#233;e une Martiniquaise, Mich&#232;le Maillet, qui avait &#233;crit, 4 ans plus t&#244;t, un roman, &#171; L'&#233;toile noire &#187;, racontant la d&#233;portation d'une servante antillaise dans un camp de concentration. A partir de l&#224;, j'ai eu envie d'aller plus loin et de savoir s'il y avait eu, au-del&#224; de John William, d'autres cas de d&#233;port&#233;s noirs dans les camps de concentration. C'&#233;tait quelque chose de nouveau pour moi et j'adore explorer des pans m&#233;connus de notre histoire. Quand je dis notre histoire, je parle de l'histoire des peuples noirs en g&#233;n&#233;ral, qu'il s'agisse de la part africaine, antillaise, am&#233;ricaine ou autre. Et l&#224;, je me suis lanc&#233;, et j'ai fait un documentaire sur le sujet entre juin et septembre 1995. C'&#233;tait important pour moi de faire ce travail de m&#233;moire sur ce qu'ont v&#233;cu les n&#244;tres pendant la seconde guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A-t-il &#233;t&#233; difficile de r&#233;unir des t&#233;moignages ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a &#233;t&#233; extr&#234;mement difficile parce qu'il n'y avait pas de t&#233;moignages l&#224;-dessus. Les Noirs qui ont v&#233;cu cette d&#233;portation n'en n'ont jamais parl&#233;. Les autres, non plus. J'ai beaucoup t&#226;tonn&#233;, interrog&#233; beaucoup de d&#233;port&#233;s en France, au S&#233;n&#233;gal, en Belgique, en Espagne, en Allemagne&#8230; pour finir par recueillir quelques t&#233;moignages ici et l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les d&#233;port&#233;s ont-ils accept&#233; de t&#233;moigner facilement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, ils &#233;taient tous tr&#232;s enthousiastes. Ils attendaient tous, en fait, depuis la fin de la guerre, ce moment-l&#224; pour lib&#233;rer une parole que personne ne voulait entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De quelles origines &#233;taient les Noirs d&#233;port&#233;s dans les camps ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux que j'ai retrouv&#233;s pour le film, soit en t&#233;moignage direct, soit par des gens qui les ont connus, &#233;taient d'origine ivoirienne, s&#233;n&#233;galaise, camerounaise, &#233;quato-guin&#233;nne, congolaise, ha&#239;tienne&#8230; Pour le livre, j'en ai trouv&#233; deux fois plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etaient-ils trait&#233;s de la m&#234;me mani&#232;re que les autres d&#233;port&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas vraiment. Ils subissaient eux des humiliations particuli&#232;res. Les Allemands les consid&#233;raient comme des b&#234;tes, comme des sauvages parce qu'ils &#233;taient Noirs, et ils se servaient d'eux comme boys.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Subissaient-ils &#233;galement des discriminations de la part des autres d&#233;port&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, si j'en crois les t&#233;moignages des survivants. Il y a pu avoir bien s&#251;r des exceptions. Mais dans l'ensemble, face &#224; la souffrance, ils ne s'arr&#234;taient plus &#224; des questions de couleurs de peau. Ils avaient oubli&#233; ces choses-l&#224;. Ils &#233;taient tous esclaves dans les camps.&lt;/p&gt;
&lt;img src=&#034;http://www.clapnoir.org/img/films/Camp_nazi_2.jpg&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on estimer le nombre de Noirs ayant subi la d&#233;portation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ca, c'est la grande question qu'on me pose tout le temps. Ce qu'on sait, c'est qu'il y a eu deux types de d&#233;port&#233;s noirs. Il y a eu les Afro Allemands, c'est-&#224;-dire les Noirs originaires des anciennes colonies du Reich qui vivaient en Allemagne avant guerre. Ils &#233;taient environ 24 000. Lorsque Adolf Hitler est arriv&#233; au pouvoir, il a envoy&#233; beaucoup d'entre eux dans les camps de concentration. Et puis il y a eu tous les autres Noirs qui se trouvaient en Europe et qui se battaient aux c&#244;t&#233;s des Fran&#231;ais, des Anglais ou des Am&#233;ricains. Certains d'entre eux, captur&#233;s au front, ont &#233;t&#233; exp&#233;di&#233;s dans les camps de concentration. Si je devais oser un chiffre, je dirais qu'il y a eu au moins 10 000 d&#233;port&#233;s noirs. Mais ils &#233;taient peut-&#234;tre trois fois plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon vous, pourquoi cette partie de l'histoire a-t-elle &#233;t&#233; occult&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une autre question que le public africain et antillais me pose tout le temps quand je participe &#224; des d&#233;bats avec toujours cette arri&#232;re-pens&#233;e qu'on a voulu nous cacher quelque chose. Moi ce que je pense, c'est que l'histoire est toujours &#233;crite par le vainqueur, et le vainqueur ne s'int&#233;resse qu'&#224; sa propre souffrance, pas &#224; celle des autres. Il nous appartient donc, &#224; nous, Africains et Antillais, de prendre les choses &#224; bras le corps et de r&#233;tablir les faits. Il faut qu'on arr&#234;te nous m&#234;me de croire que notre histoire est moins importante que celle des autres. Je regrette que peu de tirailleurs s&#233;n&#233;galais aient racont&#233; ce qu'ils ont v&#233;cu. Je regrette que les d&#233;port&#233;s noirs se soient &#233;galement tus apr&#232;s guerre. Je regrette aussi que nos historiens n'aient pas explor&#233; cette voie. Moi, au lieu de m'en prendre aux autres, je nous renvoie plut&#244;t la balle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, votre travail sur le th&#232;me des Noirs dans les camps nazis conna&#238;t un regain d'int&#233;r&#234;t. Comment expliquer vous cet engouement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai le sentiment qu'aujourd'hui, dans cette Europe o&#249; beaucoup de Noirs sont amen&#233;s &#224; vivre parce qu'ils sont n&#233;s l&#224; ou parce qu'ils ont choisi de s'y installer d&#233;finitivement, qu'ils sont de plus en plus nombreux &#224; rechercher des rep&#232;res ici m&#234;me et pas ailleurs. Ils ont envie et besoin de savoir ce que les leurs ont accompli dans cette histoire de France, de Suisse, d'Allemagne, d'Espagne et plus g&#233;n&#233;ralement d'Europe. Ils le manifestent sur tous les sujets, et c'est ce qui explique le regain d'int&#233;r&#234;t pour mon travail. J'ai fait ce documentaire il y a 10 ans, et pendant dix ans il n'a int&#233;ress&#233; personne. Aujourd'hui, je vois vraiment la diff&#233;rence. Et c'est pareil pour mon livre. Comme quoi, lorsqu'une communaut&#233; se passionne pour sa propre histoire, il arrive &#224; faire en sorte que les autres s'y int&#233;ressent aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source entretien : Cit&#233; Black in Dossier de presse &#171; NOIRS DANS LES CAMPS NAZIS &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>L'image des femmes maliennes &#224; travers le regard d'un cin&#233;aste : Cheick Oumar Sissoko</title>
		<link>https://clapnoir.org/l-image-des-femmes-maliennes-a-travers-le-regard-d-un-cineaste-cheick-oumar</link>
		<guid isPermaLink="true">https://clapnoir.org/l-image-des-femmes-maliennes-a-travers-le-regard-d-un-cineaste-cheick-oumar</guid>
		<dc:date>2007-01-09T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://clapnoir.org/-rubrique4-">2005</category>


		<description>
&lt;p&gt;De Nyamanton &#224; Finzan, en passant par Guimba, La Gen&#232;se et Batt&#249;, la filmographie de Cheick Oumar Sissoko offre une diversit&#233; de visages de femmes. C'est Saran, m&#232;re de trois enfants, analphab&#232;te et bonne &#224; tout faire, c'est Nanyuma, paysanne voulant &#233;chapper au mariage forc&#233;, c'est Fili, jeune fille non excis&#233;e qui doit se confronter &#224; la coutume villageoise, c'est Salla Niang qui porte la bonne parole gr&#226;ce &#224; son exp&#233;rience de la vie. &lt;br class='autobr' /&gt; Cheick Oumar Sissoko a d&#233;di&#233; son film Finzan &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://clapnoir.org/-rubrique4-" rel="directory"&gt;2005&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De Nyamanton &#224; Finzan, en passant par Guimba, La Gen&#232;se et Batt&#249;, la filmographie de Cheick Oumar Sissoko offre une diversit&#233; de visages de femmes. C'est Saran, m&#232;re de trois enfants, analphab&#232;te et bonne &#224; tout faire, c'est Nanyuma, paysanne voulant &#233;chapper au mariage forc&#233;, c'est Fili, jeune fille non excis&#233;e qui doit se confronter &#224; la coutume villageoise, c'est Salla Niang qui porte la bonne parole gr&#226;ce &#224; son exp&#233;rience de la vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cheick Oumar Sissoko a d&#233;di&#233; son film Finzan &#224; la femme africaine. &#192; travers lui, il rend hommage &#224; la femme qui lutte. Il prend aussi partie pour la d&#233;fense des droits de la femme. Dans ce texte, nous souhaitons mettre en lumi&#232;re ces personnages fictifs de femmes maliennes en les repla&#231;ant dans le contexte du Mali d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.clapnoir.org/img/img_2005/cheick_oumar_sissoko.jpg&#034;&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cheick Oumar Cissoko&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un virulent hommage &#224; la femme qui lutte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous enfantons le monde. Il nous violente. Nous cr&#233;ons la vie. Elle nous est refus&#233;e. Nous produisons les vivres mang&#233;s &#224; notre insu. Nous cr&#233;ons la richesse. Elle est utilis&#233;e contre nous.&lt;/i&gt; &#187; Ces phrases sont celles de Nanyuma, personnage principal du film Finzan de Cheick Oumar Sissoko. Dans ces cris lanc&#233;s, il met le doigt sur l'in&#233;galit&#233; de participation des femmes &#224; la d&#233;finition des structures politiques et &#233;conomiques et au processus de production. En effet, il s'agit sp&#233;cifiquement de l'impossibilit&#233; d'acc&#232;s des femmes &#224; la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re et de l'incertitude des droits de jouissance des terres alors que les femmes participent de plus en plus &#224; la s&#233;curit&#233; alimentaire, notamment depuis les grandes s&#233;cheresses de 1973 et de 1984. Justement, dans le film Finzan, les femmes prennent position contre les autorit&#233;s qui veulent acheter le mil &#224; bas prix. L'une d'entre elles lance : &#171; &lt;i&gt;Dugutigi, les femmes veulent parler ! Nous savons que vous ne nous aimez pas ! Beaucoup de ces femmes ont trim&#233; comme bonnes dans les villes pour vous autres qui croyez avoir le monde. Ton ami cr&#226;ne avec un boubou qui co&#251;te pr&#232;s de 200 000 francs gagn&#233;s sur la mis&#232;re des pauvres. Nous n'avons pas &#231;a en cinq ans. Aussi on ne se tuera plus pour des gens comme vous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les femmes au Mali ont augment&#233; les activit&#233;s agricoles personnelles pour combler le d&#233;ficit alimentaire de la famille. On assiste ainsi &#224; une transformation du travail f&#233;minin se traduisant par une accentuation de la pr&#233;sence des femmes dans la production alimentaire et le renforcement de leur r&#244;le de pourvoyeuses de la famille. Cependant, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, au Mali, la coutume reconna&#238;t aux chefs de famille le droit de g&#233;rer la terre et tous les autres utilisateurs dont les femmes doivent se contenter d'un droit d'acc&#232;s. Par ailleurs, la production agricole se faisant collectivement &#224; l'int&#233;rieur de la famille, la possibilit&#233; pour les femmes d'acc&#233;der &#224; des terres d&#233;pend de la situation de la famille dans le village mais aussi dans la r&#233;gion. Au sein de la famille, l'exploitation collective des terres permet difficilement aux individus, hommes et femmes, de cultiver personnellement la terre. Toutefois, dans ce contexte peu propice &#224; l'exploitation individuelle de la terre, les femmes sont d&#233;favoris&#233;es quant &#224; leur position pour n&#233;gocier l'obtention de parcelles. Les relations hommes / femmes s'av&#232;rent donc un facteur essentiel dans l'analyse de l'acc&#232;s des femmes aux terres agricoles et aux autres ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.clapnoir.org/img/img_2005/finzan_1.jpg&#034;&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sc&#232;ne de Finzan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela, il faut retenir que les femmes maliennes souffrent de leur faible degr&#233; d'&#233;ducation et d'alphab&#233;tisation. Dans Nyamanton, le personnage de Saran, la m&#232;re du petit Khalifa, est analphab&#232;te et bonne &#224; tout faire &#224; Bamako. Le petit gar&#231;on demande &#224; son p&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Papa, pourquoi m&#232;re n'a pas aussi un jour de repos ?&lt;/i&gt; &#187; et le p&#232;re de r&#233;pondre : &#171; &lt;i&gt;Les bonnes n'ont aucun statut. Elles sont &#224; la merci des gens.&lt;/i&gt; &#187; En fait, les causes de la sous-scolarisation des filles au Mali sont nombreuses. Il s'agit &#224; la fois de causes socioculturelles, &#233;conomiques et institutionnelles. L'&#233;ducation traditionnelle constitue dans une certaine mesure un frein &#224; la scolarisation des filles. Les parents sont hostiles &#224; l'&#233;cole parce qu'ils pensent qu'elle est le vecteur d'une culture &#233;trang&#232;re, alors que la fille est appel&#233;e &#224; garder la tradition culturelle et &#224; transmettre aux g&#233;n&#233;rations futures cette identit&#233; culturelle. Par ailleurs, la m&#232;re a la charge de l'&#233;ducation de la fille qui grandit &#224; son ombre ; avec l'&#233;cole, celle-ci &#233;chappe &#224; son contr&#244;le pendant une longue p&#233;riode de la journ&#233;e de l'ann&#233;e. De plus, le co&#251;t de l'&#233;cole, les frais d'h&#233;bergement aux logeurs, de nourriture, de manuels scolaires, les coop&#233;ratives uniformes sont des motifs de d&#233;couragement, voire d'abandon. Parall&#232;lement, l'&#233;cole consacre trop de temps aux connaissances intellectuelles au d&#233;triment des connaissances pratiques. Dans Nyamanton, la petite fille de la famille vend des oranges. Elle pleure sur son sort et r&#234;ve d'aller &#224; l'&#233;cole pour sortir de sa condition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses films, Cheick Oumar Sissoko rend hommage &#224; toutes ces femmes qui luttent, qu'elles soient paysannes ou bonnes &#224; tout faire. Il met le doigt sur les nombreuses discriminations qui touchent les femmes. Dans Finzan, une petite fille demande : &#171; &lt;i&gt;Les femmes sont des humaines ou des esclaves ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les femmes du Mali ont une importance primordiale dans la vie &#233;conomique, politique et sociale du pays. Les femmes constituent la majorit&#233; num&#233;rique de la population malienne, soit plus de 51 %. En fait, la tr&#232;s longue exp&#233;rience du mouvement f&#233;minin malien est la manifestation &#233;loquente que les femmes maliennes ont toujours constitu&#233; une force politique et &#233;conomique importante qui a marqu&#233; l'histoire du Mali de son empreinte ind&#233;l&#233;bile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la lutte anticoloniale, les femmes maliennes ont largement contribu&#233; &#224; la sensibilisation et &#224; la mobilisation des masses autour de leurs leaders respectifs. En outre, pour d&#233;fendre leurs droits et lutter contre les discriminations &#224; leur &#233;gard, les femmes salari&#233;es se sont organis&#233;es en syndicats et en organisations professionnelles. Enfin, sur le plan continental, les maliennes jou&#232;rent un r&#244;le actif dans les premiers mouvements panafricains des femmes. Le premier Congr&#232;s des Femmes de l'Ouest Africain eut lieu en juillet 1959 &#224; Bamako. Si cet engagement des femmes ne s'est pas traduit &#224; l'accession du Mali &#224; l'ind&#233;pendance par une forte pr&#233;sence des femmes dans les instances de d&#233;cision &#224; tous les niveaux, il a permis l'adoption de textes qualifi&#233;s de r&#233;volutionnaires &#224; l'&#233;poque en leur faveur. La Constitution de 1960 interdit toutes discriminations bas&#233;es sur le sexe et accorde &#224; tous les citoyens les droits civiques. En 1962, le Code du mariage et de la tutelle exige le consentement de la femme au mariage, lui accorde le droit de demander le divorce, le droit &#224; la garde des enfants et une pension alimentaire. Seulement, apr&#232;s l'euphorie des ind&#233;pendances, le surendettement du continent africain, la s&#233;cheresse qui a frapp&#233; les pays du Sahel pendant plus d'une d&#233;cennie, la crise &#233;conomique mondiale ont fait que le Mali a &#233;volu&#233; dans un contexte particuli&#232;rement d&#233;favorable aux femmes. Les services de la dette, la chute des recettes li&#233;es aux activit&#233;s agricoles, ont priv&#233; des millions d'enfants, surtout des fillettes, d'&#233;ducation, de soins de sant&#233; et condamn&#233; des populations &#224; la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1982, le Mali a d&#251; passer des accords avec le FMI et la Banque Mondiale pour stabiliser sa balance des paiements et restructurer son &#233;conomie en vue de sa relance. Les mesures pr&#233;conis&#233;es dans ce cadre, diminution et plafonnement de la masse salariale, privatisation des entreprises publiques, le gel de recrutement des jeunes dipl&#244;m&#233;s, la baisse des d&#233;penses &#224; caract&#232;re social ont &#233;t&#233; durement ressenties par la population en g&#233;n&#233;ral et les femmes en particulier. Ce sont en effet les femmes qui, dans les m&#233;nages, doivent r&#233;inventer quotidiennement les solutions de survie avec le licenciement des chefs de famille. Les mesures d'ajustement structurel ont &#233;t&#233; compl&#233;t&#233;es le 12 janvier 1994 par la d&#233;valuation de 50 % du franc CFA. Les femmes vivent quotidiennement cette nouvelle mesure avec l'augmentation du prix des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; et des m&#233;dicaments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vent de d&#233;mocratie qui a souffl&#233; sur le monde au d&#233;but des ann&#233;es 90 a eu des r&#233;percussions sur la situation socio-politique du Mali. En effet, en mars 1991, les maliennes ont exprim&#233; leur refus de la dictature militaire en s'impliquant dans des manifestations qui ont co&#251;t&#233; la vie &#224; des dizaines d'entre elles. L'av&#232;nement de la d&#233;mocratie au Mali a permis aux femmes de prouver leur d&#233;termination de prendre en charge leur propre destin&#233;e par la cr&#233;ation d'associations de toutes sortes. Pour soutenir cette volont&#233;, le gouvernement malien a adopt&#233; une nouvelle politique de promotion des femmes qui implique les associations et ONG f&#233;minines &#224; la mise en &#339;uvre de l'action gouvernementale et a proc&#233;d&#233; &#224; des nominations de femmes &#224; des postes traditionnellement r&#233;serv&#233;s &#224; des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, si l'instauration du multipartisme a favoris&#233; l'&#233;mergence de nombreuses associations f&#233;minines apolitiques qui mettent toutes l'accent sur l'am&#233;lioration des conditions de vie des femmes urbaines et rurales, de nombreux progr&#232;s restent &#224; faire. Dans le film Finzan, Nanyuma pousse un cri du c&#339;ur : &#171; &lt;i&gt;Nous femmes sommes comme des oiseaux sans arbre pour nous poser. L'espoir s'est &#233;teint. Une seule chose nous reste : nous lever et attacher nos pagnes. Le progr&#232;s de nos soci&#233;t&#233;s est li&#233; &#224; notre lib&#233;ration.&lt;/i&gt; &#187;. Justement, dans le film Batt&#249;, Cheick Oumar Sissoko offre un beau personnage de femme qui lutte. Il s'attarde en effet sur le personnage de Salla Niang. Ancienne bonne &#224; tout faire, seule avec ses deux enfants, Salla Niang porte la bonne parole gr&#226;ce &#224; son exp&#233;rience de la vie. Femme de caract&#232;re, fi&#232;re et g&#233;n&#233;reuse, c'est autour d'elle que se f&#233;d&#232;rent les mendiants. Organisant le groupe, elle g&#232;re notamment les tontines. Fi&#232;re mais humaine, elle est respect&#233;e de tous les hommes qui gravitent autour d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sissoko se moque cependant des bourgeoises qui se laissent entretenir par leur mari. C'est le cas notamment dans le film Nyamanton. Le petit Khalifa raille les femmes fausses, qui refusent de vieillir. Il lance : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a que loufoquerie chez les riches.&lt;/i&gt; &#187; Dans le film Batt&#249;, Sine, la seconde &#233;pouse de Mour Ndiaye, haut fonctionnaire, est le personnage de femme le plus ambig&#252; de toute la filmographie de Cheick Oumar Sissoko. Jeune, elle cherche &#224; provoquer son mari. &#171; &lt;i&gt;Ta t&#234;te est ras&#233;e, ce rouge &#224; l&#232;vres, tout cela m'irrite !&lt;/i&gt; &#187;, lui dit Mour. Ind&#233;pendante, soutenant les jeunes &#233;tudiants venus manifester, elle se fait pourtant entretenir par son mari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.clapnoir.org/img/img_2005/battu.jpg&#034;&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sc&#232;ne du film Batt&#249;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce film, Cheick Oumar montre bien la diff&#233;rence qui existe entre les femmes soumises par le poids de leur &#233;ducation et celles qui se battent pour s'extraire des carcans sociaux. Alors que Lolli Ndiaye, la premi&#232;re femme de Mour, est enti&#232;rement d&#233;vou&#233;e &#224; son mari, sa fille Raabi est une &#233;tudiante engag&#233;e. Elle aime les discussions interminables avec les copains sur les grands probl&#232;mes qui agitent le monde : la guerre, l'exploitation des petits pays par les puissances, l'injustice qui r&#232;gne en ma&#238;tre, la d&#233;shumanisation des soci&#233;t&#233;s. Dans le film Batt&#249;, on la voit militer avec ses amis devant le minist&#232;re contre les mesures prises par son p&#232;re contre les mendiants. Elle soutient &#233;galement sa m&#232;re dans ses probl&#232;mes de couple. &#201;tudiante en sciences juridiques, c'est une jeune femme &#233;prise de justice et de paix. Ainsi Sissoko montre que le changement viendra surtout gr&#226;ce &#224; l'&#233;volution des mentalit&#233;s. En cela, l'&#233;ducation reste un enjeu de taille pour la soci&#233;t&#233; malienne &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;fense des droits de la femme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Mali, la souffrance des femmes est glorifi&#233;e dans les chansons populaires. Un refrain connu de tous raconte que les hommes qui r&#233;ussissent sont les enfants de femmes qui se sont soumises et ont souffert. Dans tous ses films, Cheick Oumar Sissoko insiste sur la violence conjugale et les mariages forc&#233;s. Au Mali, une femme sur deux est mari&#233;e &#224; l'&#226;ge de 16 ans et 45 % des femmes vivent sous un r&#233;gime polygame. Dans son film Guimba, un tyran, une &#233;poque, Cheick Oumar montre que la lib&#233;ration des femmes viendra avec l'&#232;re de la d&#233;mocratie. En effet, lorsque l'histoire commence, on apprend qu'une jeune femme, Kani, fut fianc&#233;e d&#232;s sa naissance au fils nain de Guimba. Gr&#226;ce &#224; la r&#233;volte du peuple contre sa propre oppression, Kani sera mari&#233;e librement, les chasseurs ayant d&#233;fi&#233; le pouvoir. Quant &#224; l'esclave Sadio, elle sera affranchie. De fait, avec le changement politique op&#233;r&#233; depuis 1991, bien des choses ont chang&#233; au Mali, notamment en ce qui concerne le probl&#232;me de l'excision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son film Finzan r&#233;alis&#233; en 1989, Cheick Oumar Sissoko d&#233;non&#231;ait d&#233;j&#224; ce probl&#232;me. Fili est une jeune fille non excis&#233;e qui va devoir subir le poids de la tradition. Elle essaie pourtant de se d&#233;fendre. &#171; Les citadines sont mobilis&#233;es contre l'excision. C'est une mauvaise chose. &#187; Elle se voit r&#233;pondre par une vieille femme : &#171; &lt;i&gt;Parole de connasses aux poignets cercl&#233;s d'or. Elles n'ont que &#231;a &#224; faire.&lt;/i&gt; &#187; En fait, 93 % des femmes au Mali sont excis&#233;es. Or, en 1997, le minist&#232;re de la promotion de la femme a cr&#233;&#233; le comit&#233; national contre la violence perp&#233;tr&#233;e &#224; l'&#233;gard des femmes en collaboration avec toutes les ONG pr&#233;sentes sur le terrain. Durant plus d'un an, les ONG ont pu enqu&#234;ter et constituer un rapport de recommandations qu'elles ont remis au minist&#232;re en octobre 1998 et qui concernait les mutilations g&#233;nitales en particulier. Le gouvernement a ainsi &#233;labor&#233; deux plans d'action pour &#233;liminer ce fl&#233;au, &#233;tal&#233;s jusqu'en 2008. La premi&#232;re phase programm&#233;e pour la p&#233;riode allant de 1999 &#224; 2004 concentre son op&#233;ration sur l'&#233;ducation et la propagation de l'information concernant les m&#233;faits de cette pratique au niveau de la sant&#233; des femmes mais aussi ceux caus&#233;s sur la cellule familiale. La deuxi&#232;me phase se d&#233;roulera de 2004 &#224; 2008 et sera consacr&#233;e &#224; l'adoption de nouvelles lois en faveur des femmes et de l'&#233;limination de la pratique de l'excision. La d&#233;marche est simple : informer, r&#233;&#233;duquer les individus, hommes, femmes et enfants afin que les lois, instaur&#233;es par la suite, puissent &#234;tre respect&#233;es et utilis&#233;es le plus possible. Outre ce programme national, des groupes de femmes, &#224; l'origine d'initiatives locales, revendiquent de plus en plus leurs droits en mati&#232;re de responsabilit&#233;s familiales et sociales, notamment en mati&#232;re d'acc&#232;s au logement ou &#224; la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, il faut bien le dire, l'&#233;mancipation des maliennes, la reconnaissance de leur r&#244;le au sein de la famille et de la soci&#233;t&#233; appartiennent &#224; un d&#233;but de r&#233;alit&#233; qu'il est indispensable de d&#233;velopper. La femme malienne assume traditionnellement la gestion quotidienne des affaires domestiques et ses comp&#233;tences sont multiples dans ce domaine : m&#233;nag&#232;re, paysanne au champ, vendeuse au march&#233;, artisane dans des ateliers de poterie. Des initiatives locales, men&#233;es par des associations diverses, tentent de r&#233;pandre l'id&#233;e que la sant&#233; de la femme et sa place dans la soci&#233;t&#233; sont indispensables &#224; la croissance g&#233;n&#233;rale du pays. Cependant, certaines pratiques coutumi&#232;res et traditionnelles mettent un frein &#224; d'autres envol&#233;es prometteuses. Ainsi, l'une d'entre elles fait que des enfants, issus d'un couple, soient la propri&#233;t&#233; du mari. Les d&#233;cisions les concernant sont souvent prises, sans &#234;tre trop discut&#233;es, par les fr&#232;res et s&#339;urs ou les parents du mari. La m&#232;re a rarement le droit d'intervenir ! Quant &#224; l'avenir des filles, il est &#233;labor&#233; en dehors de toute scolarit&#233;, ce qui limite dramatiquement leur insertion future au sein m&#234;me de la vie sociale du pays. Les filles naissent pour devenir, dans la plupart des cas, l'une des &#233;pouses d'un mari souvent non d&#233;sir&#233;. La polygamie reste donc &#233;galement une coutume encore r&#233;pandue au Mali et fait partie d'une des discriminations toujours perp&#233;tr&#233;es &#224; l'&#233;gard des femmes. En outre, la violence dont elles sont victimes, aussi bien sur le plan g&#233;n&#233;ral que sur le plan familial, n'est pas reconnue ni condamn&#233;e par aucune loi en vigueur. Seul un plan d'action national existe relatif aux droits des femmes maliennes avec des services d'aide qui sont disponibles, surtout dans les grandes villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans ses deux films, Finzan et Guimba, Cheick Oumar Sissoko d&#233;nonce les mariages forc&#233;s et la violence conjugale qui existent au Mali. Alors que Kani doit &#234;tre mari&#233;e de force au fils du tyran Guimba, Nanyuma dans Finzan se soul&#232;ve contre la pratique du l&#233;virat. Dans ce film, comme dans son film La Gen&#232;se, Sissoko d&#233;nonce le poids de la famille et de la tradition bambara. En effet, dans son film La Gen&#232;se qui est une adaptation dans le Mali d'aujourd'hui des textes sacr&#233;s, le conflit na&#238;t de l'union de Dina, la fille de Jacob, l'&#233;leveur, avec Sichem, le fils d'Hamor, l'agriculteur. Lors d'une longue palabre sous le toguna entre les &#233;missaires de Jacob et ceux d'Hamor, l'un des fils de Jacob lance : &#171; Aucune berg&#232;re n'&#233;pousera un paysan. Aucun berger n'&#233;pousera de paysanne. Ce sera un pacte inviolable entre nous. Ainsi les fronti&#232;res seront trac&#233;es. Nous saurons qui est qui. Celui qui enfreindra la r&#232;gle sera jug&#233; fautif de la guerre. Voil&#224; le pacte de paix que je te propose, moi l'a&#238;n&#233; des fils de Jacob. &#187; Dans cette sc&#232;ne, Sissoko d&#233;nonce la pratique des mariages forc&#233;s et l'interdiction dans beaucoup de familles maliennes, pour les filles comme pour les gar&#231;ons, de choisir librement son conjoint. Dans une interview qu'il nous a accord&#233;e en janvier 98 &#224; Hombori sur le lieu de tournage de son film La Gen&#232;se, il s'explique notamment sur la pratique du l&#233;virat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.clapnoir.org/img/img_2005/affiche_gen%E8se.jpg&#034;&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La gen&#232;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le l&#233;virat est une forme de mariage que l'on retrouve dans La Gen&#232;se, dans le clan de Jacob. Je vous renvoie &#224; cette sc&#232;ne sous le toguna, l&#224; o&#249; la palabre s'est install&#233;e. On assiste au grand d&#233;ballage de tous les clans et l'on comprend que le premier fils de Juda a &#233;pous&#233; une dame, Tamar. Au d&#233;c&#232;s de ce fils, c'est son cadet qui l'a &#233;pous&#233;. Cette pratique remonte ainsi &#224; l'&#233;poque de nos patriarches. En fait, le l&#233;virat, c'est l'obligation pour une femme d'&#233;pouser le cadet de son mari d&#233;funt. C'est une pratique qui continue aujourd'hui et dans la majorit&#233; des ethnies du Mali. Tout ceci pour essayer de garder la coh&#233;sion de la famille mais aussi les forces vives de la famille, la femme et ses enfants. Cela pose aussi la question de l'h&#233;ritage. Le Patriarche est le responsable de toute la famille et c'est lui qui doit d&#233;cider de cette question. La communaut&#233; des biens est encore une r&#233;alit&#233; dans les zones rurales.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le film Finzan, Nanyuma, veuve et victime du l&#233;virat, tente pourtant de se r&#233;volter contre sa condition. Toute la communaut&#233; tente de la raisonner. Une femme lui lance : &#171; &lt;i&gt;Nanyuma, nous enfantons le monde et il nous violente. Patience et r&#233;signation sont nos recours.&lt;/i&gt; &#187; Par ses films, Sissoko sugg&#232;re ainsi de fa&#231;on explicite le manque de dialogue qui existe entre les hommes et les femmes. Il montre les nombreuses violences conjugales dont les femmes sont victimes. En plus d'actes qui se traduisent par des coups et des blessures et de la violence sexuelle faite de harc&#232;lement et d'agression, il existe au Mali une s&#233;rie de comportements abusifs dont les manifestations ne sont pas toujours apparentes. La violence verbale, comme les insultes et les menaces et la violence psychologique en sont les principales manifestations. Le Mali, &#224; l'instar de nombreux pays, vit le probl&#232;me des femmes battues. Cette situation est g&#233;n&#233;ralement invisible, dans la mesure o&#249; les victimes d&#233;noncent rarement les auteurs des coups et blessures. Elles ont peur de la r&#233;action de la soci&#233;t&#233; (mari, belle famille et m&#234;me leur propre famille). Il n'existe pas de donn&#233;es chiffr&#233;es en la mati&#232;re, mais ces genres de violences sont d&#233;nonc&#233;s de plus en plus par les journaux, les associations et ONG f&#233;minines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise de conclusion et au regard des films du cin&#233;aste Cheick Oumar Sissoko, nous pouvons avancer que la situation des femmes maliennes ne fait pas &#233;tat d'une avanc&#233;e &#233;vidente. Malgr&#233; des lois vot&#233;es en leur faveur, ces derni&#232;res restent victimes de la tradition. Elles ont tout de m&#234;me le droit de se r&#233;unir, de parler de leur avenir et des changements qui doivent s'op&#233;rer en leur faveur dans la soci&#233;t&#233;, notamment depuis la chute du gouvernement dictatorial de Moussa Traor&#233; survenue en 1991. Elles ont le droit de se faire entendre dans l'enceinte d'associations cr&#233;&#233;es &#224; cet effet, d'&#233;laborer des projets et des revendications qui remontent parfois jusqu'aux oreilles et aux yeux du gouvernement et du chef de l'Etat. Toutefois, Sissoko montre bien &#224; travers ces films que de nombreux progr&#232;s restent &#224; faire quant &#224; la d&#233;fense des droits de la femme. C'est une v&#233;ritable r&#233;conciliation entre hommes et femmes qu'il faudrait essayer de promouvoir et au-del&#224;, la communication entre eux. De cette communication viendra la lib&#233;ration future des femmes maliennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie Hoffelt&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Filmographie de Cheick Oumar Sissoko&lt;br&gt;
Nyamanton, la le&#231;on des ordures, 90 mn, 16 mm, coul, fiction, 1986&lt;br class='autobr' /&gt;
Finzan, 107 mn, 16 mm gonfl&#233; en 35 mm, coul, fiction, 1989&lt;br class='autobr' /&gt;
Guimba, un Tyran, une Epoque, 93 mn, 35 mm, coul, fiction, 1994&lt;br class='autobr' /&gt;
La Gen&#232;se, 100 mn, 35 mm, coul, fiction, 1998&lt;br&gt;
Batt&#249;, lm, 35 mm, coul, fiction, 2000&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>





</channel>

</rss>
