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Mouka et Source d’histoire
Publié le : jeudi 4 janvier 2007

Mouka, jeune sourd muet survit de la débrouille comme la plupart des enfants orphelins de la rue. Parallèlement à ce témoignage nous nous introduisons dans une prison dans laquelle vit une folle. Seule la directrice de ce centre se préoccupe de son sort. Ce n’est qu’à la fin de film que nous nous rendons compte que cette folle serait la mère de ce jeune garçon sourd et muet.

Bernard Boigelot est professeur à l’académie des beaux arts de Namur. Il nous donne un avis sur deux films projettés aux jeunes, lors du Festival de Namur. Il a choisi Mouka et Source d’histoire qui faisaient partie de la programmation public jeune.

Ces deux films ont été visionnés le lundi 29 septembre par un ensemble d’élèves de l’enseignement primaire et secondaire du namurois.

MOUKA, jeune sourd muet survit de la débrouille comme la plupart des enfants orphelins de la rue. Parallèlement à ce témoignage nous nous introduisons dans une prison dans laquelle vit une folle. Seule la directrice de ce centre se préoccupe de son sort. Ce n’est qu’à la fin de film que nous nous rendons compte que cette folle serait la mère de ce jeune garçon sourd et muet.

Ce film témoigne d’une certaine corruption des gardiens de prison et du rapport difficile d’une femme directrice de prison avec son personnel. La narration de ce film est trop confuse pour un jeune public de primaire. Il est regrettable aussi qu’il n’y ait pas eu de débat à la fin de cette première projection. En effet toutes les questions se sont portées sur le deuxième court métrage qui est Source d’histoire.

"Source d’histoire", est pour ma part plus explicite dans son contenu et efficace sur son intention de porter débat. D’une problématique similaire aux orphelins de rue ou aux enfants enlevés à leurs familles, cette histoire nous conte une pratique qui se généralise dans tous les conflits et implique les enfants dans les forces armées. Un groupe d’enfants engagés volontairement ou malgré eux rencontrent quelques jeunes adolescents d’un petit village de brousse qui vivent leur innocente jeunesse. Les uns prennent des drogues et sont confrontés à la destruction et à la mort violente des leurs pendant que d’autres ne se soucient qu’à des jeux de séduction empreints de poésie. L’intelligence du film se démontrera au dénouement du film par la promesse de cet enfant sergent à ses parents décédés, de tout faire pour éviter que d’autres enfants de son âge soient confrontés à sa propre situation.

Le public de jeunes namurois sera beaucoup plus sensible à cette histoire car il peut s’identifier facilement aux acteurs. En effet, posséder une arme à feu inspire la crainte sur l’entourage de son propriétaire et lui confère un certain pouvoir. De plus, un enfant armé en impose autant que n’importe quel combattant adulte. Cette soudaine promotion sociale qu’offre le port d’une arme à feu fait toujours rêver les jeunes adolescents qu’il soient d’Europe ou d’Afrique. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les jeunes belges devant les vitrines des armureries.

Le débat qui a suivi les deux projections ne m’a pas donné entière satisfaction. En cause les habituelles pannes de micro, les propos des animateurs qui n’utilisaient pas toujours les bons mots ou images pour une bonne compréhension destinée aux jeunes d’écoles primaires et enfin le manque de temps qui ne permettait pas aux élèves de poser toutes leurs questions.

La toute première remarques des jeunes a été de dire " c’est dégueulasse, ils ont dix ans et ils se droguent déjà ". Cela révèle un manque de sens critique dû à leur jeune âge. Ils ne mettent pas en évidence le conflits lui-même qui prive ces enfants d’un encadrement familial, qui fournit les armes et la drogue, qui autorise à violer ou à tuer en toute impunité, qui donne un semblant de revalorisation sociale par des nominations de grades, qui persuade que leur cause est la bonne et que la victoire est assurée.

La problématique des enfants soldats prend tout un sens universel par un constat alarmant de l’utilisation de très jeune adolescents comme kamikazes par diverses groupes terroristes.

Par Bernard Boigelot

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